«Nous ne sommes pas les esclaves du PS»

Publié le par PRG

Le Parisien,propos recueillis par Nathalie Segaunes le 24 juillet 2008
 La plupart des dix-huit parlementaires des Radicaux de gauche, suivant la consigne de leur patron, Jean-Michel Baylet, ont apporté leur soutien lundi au Congrès de Versailles à la réforme des institutions ; ce qui leur vaut les foudres des socialistes. Le président du PRG s’explique.
Le PS vous accuse de trahison pour avoir voté la réforme des institutions de Nicolas Sarkozy… Jean-Michel Baylet. Ce sont des mots d’une grande violence, et qui ne reposent sur rien. Nous avons voté selon nos convictions. Si c’était à refaire, les Radicaux le referaient, car c’est notre conception de la vie publique. Quand on est pour, on vote pour, et quand on est contre, on vote contre.
S’il faut s’opposer par principe, on ne trouvera pas les Radicaux. Nous sommes pour une vie politique civilisée et non pour l’opposition systématique. Et quand je lis la tribune (NDLR : publiée dans « le Monde » daté hier) des quatre députés PS, qui étaient pour et ont voté contre, je préfère la position des Radicaux, digne et courageuse, que ces danses de Saint-Guy. Ce n’est pas comme cela qu’on battra Sarkozy !
« Un parti libre »
Certains socialistes ont regretté les relents de IV e République au Congrès de Versailles avec un petit parti charnière, le vôtre, qui fait l’élection… Ça montre bien dans quelle estime le PS tient ses alliés ! Certes, nous sommes un parti minoritaire, comme d’autres à gauche, mais indispensable pour remporter la victoire. Le PS a depuis toujours deux rêves : le premier est de laminer ses alliés, il y est en partie parvenu ; le second, c’est d’arriver à faire 50 % tout seul, il en est bien loin ! Nous sommes des alliés fidèles et loyaux. Mais cela ne veut pas dire que nous sommes des esclaves. Nous sommes un parti libre, indépendant, et je n’accepte pas que le PS juge nos décisions et se permette de tenir de tels propos.
«Si nous avions voulu aller chez Nicolas Sarkozy, il y a longtemps que nous l’aurions fait »
Le PS menace de ne pas reconduire les alliances électorales. Souhaitez-vous, de votre côté, rester un allié du PS aux élections ?
Nous avons un accord pour les sénatoriales, j’entends qu’il soit respecté. Moi, je n’ai jamais remis en cause nos alliances. Bien naturellement, nous sommes un parti de gauche, opposant à Nicolas Sarkozy. Mais nous entendons que les accords passés soient équilibrés et que nous soyons respectés. C’est un mot que les socialistes ont du mal à intégrer, le respect des autres.
Le PS n’est-il pas en train de vous pousser dans les bras de Nicolas Sarkozy ?
Si nous avions voulu aller chez Nicolas Sarkozy, il y a longtemps que nous l’aurions fait, car ce ne sont pas les occasions qui ont manqué ni les propositions.
Les socialistes donnent de grandes leçons mais, quand je regarde le gouvernement de Sarkozy, il y a pas mal de socialistes et aucun radical.
Ferez-vous des listes communes avec les Radicaux valoisiens aux élections européennes de 2009 ?
Il n’est pas question pour nous de renier nos alliances. Encore faut-il construire des accords qui soient acceptables. Mais nous n’avons pas changé de cap, nous savons où nous sommes.
Le président UMP de l’Assemblée, Bernard Accoyer, s’est dit hier très réticent à l’abaissement du seuil pour la constitution d’un groupe à l’Assemblée.
Or Sarkozy avait promis cette mesure, que vous réclamez depuis longtemps… Ça montre bien que nous n’avons rien négocié ! J’ai toujours dit que Nicolas Sarkozy était allé un peu vite en besogne, puisque ça ne dépend pas de lui, mais du règlement de l’Assemblée. Donc, lorsqu’il a dit ça, c’est comme s’il n’avait rien dit. Si j’avais mené des négociations, je me serais assuré de l’accord du président de l’Assemblée. Ce sont les méchancetés de quelques socialistes qui veulent absolument faire croire qu’on a négocié tout cela.
Allez-vous rencontrer François Hollande prochainement ?
J’ai lu dans la presse avec étonnement que le PS veut une clarification.
Moi, je n’ai rien à clarifier. Notre position, je l’ai prise en toute indépendance, nous n’avons de comptes à rendre à personne, si ce n’est aux électeurs.
Vous étiez invité hier à l’Elysée pour fêter l’adoption de la réforme des institutions. Pourquoi n’y êtes-vous pas allé ?
Je ne me suis pas posé la question une seconde, je n’appartiens pas à la majorité de Nicolas Sarkozy.
Que voulez-vous que j’aille faire à l’Elysée avec Nicolas Sarkozy ?…

 

Le Parisien

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