Le PS veut créer un parti fédérant toutes les gauches!

Publié le par PRG


L'université d'été de la fédérant toutes les gauche Rochelle, qui s'ouvre à la fin de cette semaine, devrait être le théâtre d'un rapprochement entre les différentes composantes de la gauche du PS. Une motion commune est même à l'étude. Marianne2.fr publie le texte d'un appel à la constitution d'un « pacte majoritaire » ancré à gauche.

Benoît Hamon à une réunion de La Forge. Crédit : Arnaud Rivet pour Marianne2
L'université de La Rochelle doit être le théâtre d'un rapprochement des courants
qui composent la gauche du Parti socialiste. Le NPS (Henri Emmanuelli et Benoît
Hamon) et la contribution « Changer » (Marie-Noëlle Lienemann, Paul Quilès) se
sont mis d'accord pour chercher à bâtir ensemble un « pacte majoritaire » lesté à
gauche au sein du PS. Et les amis de Laurent Fabius sont tentés de participer à
cette dynamique. Ces convergences pourraient se traduire par le dépôt d'une motion
commune pour le prochain congrès de Reims. Un espace politique existe sans pour
un tel texte si l'on songe que les motions conduites par Ségolène Royal et Bertrand
Delanoë ne devraient guère se différencier sur le fond. La gauche du PS se distinguerait
 également aisément d'une troisième motion emmenée par Pierre Moscovici et soutenue
par les barons locaux (Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini).

La géographie du prochain congrès socialistes n'est cependant pas encore figée, loin s'en faut.
François Hollande semble se rapprocher de Delanoë, avec qui il a dit vouloir « travailler »
 ce matin sur RTL. Ses amis iront-ils cependant jusqu'au bout de cette démarche ?
L'autre grande question concerne Martine Aubry. Hamon espérait passer un « pacte majoritaire »
avec l'ancienne ministre. Mais Pierre Moscovici n'a pas l'intention de s'effacer devant elle,
malgré leur récent rapprochement, comme il se refuse à faire motion commune avec
 les fabiusiens et, plus encore, avec la gauche du parti. Que fera finalement Aubry ?
Le dépôt d'une « troisième motion » très large, allant de Moscovici à Emmanuelli,
 n'est pas exclue, mais paraît politiquement plus que problématique.

Nous publions ci-dessous, en exclusivité, le texte d'un appel des animateurs de la
 contribution « Changer » qui dessine la perspective d'un « pacte majoritaire avec
 la gauche du PS ».

 

Questions pour un congrès

Il faut sortir de la spirale actuelle : la gauche, éclatée et atone, semble incapable
d'incarner une alternative crédible à une politique pourtant de plus en plus impopulaire.
Le PS déçoit son électorat. Face à la crise du système, il se contente d'analyses
 tièdes et de réponses convenues. Face à la droite, il peine à s'opposer résolument
et efficacement.
Les militants, les sympathisants, sont déboussolés car les querelles internes
l'emportent sur le nécessaire débat stratégique.
Réussir le Congrès de Reims, c'est créer les conditions d'un retour de l'espoir.
Cela passe par des choix clairs, par des réorientations majeures. C'est pourquoi
nous demandons aux autres signataires de contributions générales de se concentrer
 sur les objectifs prioritaires de ce congrès : Quelle analyse de la crise actuelle du
 capitalisme financier ? Quelles pistes pour construire une alternative économique
et sociale ? Quelle stratégie pour gagner en 2012 ?
Pour notre part, nous défendons sur ces points des positions sans ambiguïté, que
nous souhaitons faire partager au plus grand nombre de socialistes :

L'objectif du congrès :
• 1er point: Est-on d'accord pour choisir d'abord une ligne et une stratégie ?
Il ne s'agit pas de désigner le prochain candidat socialiste pour 2012, à travers
le choix d'un 1er secrétaire. Ce congrès, plus que tout autre, devra définir une ligne
 politique claire, sans que les querelles de personnes et le choc des ambitions
(souvent légitimes) viennent entraver le débat. Il devra aboutir à un texte dynamique,
 et non à des synthèses sans consistance et sans souffle.

• 2ème point : est-on d'accord pour un nouveau fonctionnement et un nouveau
développement du PS?
Le congrès doit aussi prendre des dispositions permettant d'assurer un fonctionnement
 nouveau et collectif du parti, préfigurant ce que pourrait être un parti rassemblant
toute la gauche, associant réellement les militants et s'ouvrant largement à toutes
les forces vives de la gauche (syndicats, associations, etc...). Le congrès devra
 arrêter un plan d'action et de développement, ainsi qu'une série de conventions
 thématiques, ouvertes à toute la gauche.

• 3ème point : Est-on d'accord pour un pacte majoritaire avec la gauche du PS ?
Si le congrès n'aboutit qu'à une redistribution de cartes entre les mêmes responsables
 qui ont tous dirigé, depuis plus de 10 ans, la majorité du PS, il est à craindre que
les insuffisances et problèmes passés perdurent et empirent. Le premier changement
dans le fonctionnement du PS serait que la gauche du PS et la jeunesse constituent
un pôle majeur de la future majorité. Celle-ci doit être établie sur un pacte clair,
qui doit être soumis au congrès avant l'élection d'un nouveau premier secrétaire.

La stratégie pour gagner et engager une véritable relance de la gauche :
• 4ème point: Est-on d'accord sur des alliances claires et à gauche ?
Pour nous, le rassemblement de la Gauche, seule voie garantissant le succès électoral
 et la capacité à transformer en profondeur la société, est incontournable. L'alliance au
 centre est une impasse, le cartel électoral de la gauche de gouvernement est insuffisant.
Ce qu'il faut, c'est une nouvelle étape de l'unité de la Gauche.

• 5ème point : Comment engager cette nouvelle étape de l'Unité de la gauche ?
Tout plaide aujourd'hui pour la préparation d'un parti de toute la gauche qui fédère
les partis existants (PS, PC, Verts, MRC, PRG....) et surtout qui crée un mouvement
d'entraînement de celles et ceux qui, de plus en plus nombreux, ne se reconnaissent
 pas dans le paysage actuel de la gauche. La rénovation de la gauche ne peut s'opérer
en vase clos ! Le congrès doit arrêter des initiatives concrètes en vue d'avancer
rapidement dans cette direction.

Sur l'analyse de la crise actuelle du capitalisme financier et sur les réponses à
 y apporter :
• 6ème point : veut-on une gauche porteuse d'une alternative et sera-t-on au rendez
vous du changement de cycle qui s'engage dans la mondialisation ?

Rares sont les contributions au Congrès de Reims qui mettent en avant l'urgence
 d'inventer une alternative au capitalisme financier transnational, pourtant en crise
 majeure. Les évènements récents révèlent l'ampleur de cette crise. Ils montrent
 aussi qu'un nouveau cycle est engagé, qui prépare des bouleversements importants
 (retours des Etats, nouvelle donne géostratégique), impose de profondes remises
en cause (financiarisation, gaspillage des ressources, libre circulation des capitaux
 et des biens sans contrôle et sans protections...) et de nouvelles réponses.

• 7ème point : est on prêt à « changer l'Europe », à rompre avec le libre échange
généralisé ?
La crise actuelle montre les dérives et les dangers d'un libre échange multilatéral
 généralisé. Les échanges blocs à blocs reviennent au premier plan. On doit en tirer
deux conséquences : l'urgence d'une réorientation majeure de la construction européenne
d'une part ; la nécessité de penser des protections de nos économies et de nos sociétés,
dans le cadre d'échanges équitables et négociés d'autre part. A un an des élections
 européennes, il est temps de faire des choix décisifs.

• 8ème point : Est-on prêt à la révolution écologique ?
Le réchauffement climatique, la raréfaction des matières premières et des énergies fossiles,
l'état alarmant de la pollution des eaux et autres ressources naturelles obligent à repenser
 totalement notre mode de développement, à relocaliser bon nombre des activités productives
et à investir massivement pour cette nouvelle économie durable. Il ne s'agit pas de proposer
un ripolinage cosmétique, mais de se préparer à des bouleversements considérables dans
nos pratiques.

• 9ème point : Sommes nous d'accord sur des points clés pour la reconquête idéologique
 et un nouveau projet de société ?
Nous souhaitons que le congrès affirme la détermination des socialistes d'agir au pouvoir
pour casser la logique de la financiarisation et pour restaurer une véritable capacité d'intervention
 de la puissance publique, voire du capital public. Cela passe par la défense de nos services publics
, par une relance vigoureuse de l'investissement public (recherche, innovation, infrastructures),
mais aussi par la maîtrise collective de certains biens communs, comme l'eau. Redistribuer les
 richesses, regagner le terrain perdu par le travail par rapport au capital, repenser la fiscalité
 doit constituer des objectifs prioritaires pour la gauche.

• 10ème point : Est-on volontaire pour une opposition résolue et efficace contre Sarkozy
et pour présenter des réponses aux attentes les plus urgentes des Français ?
Dans l'immédiat, le PS devrait proposer aux autres partis de gauche l'organisation d'Etats
Généraux ayant pour but d'établir une plateforme immédiate de relance du pouvoir d'achat
et de la croissance, mais aussi de jeter les bases d'un « manifeste pour une alternative
économique et sociale ».

Anne Ferreira, Marie-Noëlle Lienemann, Jean Mallot, Emmanuel Maurel, Paul Quilès
27 août 2008

 

Publié dans Article

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