Avec les radicaux, Borloo tente d’élargir sa place au centre

Publié le par PRG

Libération le samedi 30 août 2008
Borloo, le retour. A l’occasion de l’université du Parti radical, réunie ce week-end à Montélimar
(Drôme) sous sa présidence, le ministre de l’Ecologie se lance à la conquête du centre. Malgré son
 titre imposant, le ministre d’Etat a traversé l’an I du quinquennat dans une remarquable
discrétion, proche de l’inexistence politique, à l’ombre des poids lourds sarkozystes. En
cette deuxième année, en principe celle de la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement,
il entend démontrer qu’il mérite sa place au sommet de la hiérarchie gouvernementale.
En sa qualité de président d’un parti «associé» à l’UMP, il multiplie les déclarations sur des
questions qui ne relèvent pas de ses compétences. Au lendemain de la mort des soldats
français en Afghanistan, il salue «le combat pour la liberté, pour les droits de l’homme et
pour la paix», «un combat pour des valeurs qui sont au cœur du pacte républicain»
cher aux
radicaux. Jeudi, il applaudit l’arbitrage présidentiel sur le RSA.
Le secrétaire général du Parti radical,
Laurent Hénart, explique que cette réforme
«s’inscrit dans le droit fil» des réformes menées par Jean-Louis Borloo quand il était ministre
de la Cohésion sociale des gouvernements Raffarin et Villepin.

Samedi, à Montélimar, Borloo prétend lancer «un processus de réflexion nationale,
internationale sur les enjeux mondiaux et sur la révision en profondeur du modèle capitaliste».

L’ambition serait d’écrire un «nouveau manifeste radical». Le conseiller de Nicolas Sarkozy,
Henri Guaino, l’économiste américain Jeremy Rifkin contribueront à cette réflexion, aux côtés
des ministres d’«ouverture» : Jean-Marie Bockel, Fadela Amara et Martin Hirsch.
Selon Laurent Hénart, l’ambition du vieux parti de la rue de Valois est de peser le plus lourd
possible quand sonnera l’heure de la recomposition du centre, «vers 2010», avant les prochaines
«grandes échéances».
D’ici là, il prétend tripler le nombre de militants.
Car les radicaux sont loin d’être les seuls à viser le leadership dans l’espace confus qui va du PS
à l’
UMP. Jean-Pierre Raffarin rêve lui aussi de grandes retrouvailles à l’occasion d’un «Epinay du
centre»
[en référence au congrès d’unification des socialistes de 1971]. Le Nouveau Centre et le
Modem qui réunissent leurs universités d’été le 5 septembre se disputent aussi cet espace mouvant.
Tout comme le sénateur Jean Arthuis (1) qui a quitté le Modem après les municipales et s’efforce
depuis d’organiser avec les orphelins de l’UDF un «rassemblement des centristes»
Si tous ces centristes se cherchent un chef, le radical Borloo fait savoir ce week-end qu’il est
disponible.

(1) Inscrit au groupe UDF et non UMP comme écrit vendredi par erreur.

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