Le gouvernement promet un redécoupage des circonscriptions "neutre politiquement"

Publié le par PRG

PARIS - Le projet de loi sur le redécoupage des circonscriptions des députés examiné mercredi en conseil des ministres sera "neutre politiquement", a promis le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Alain Marleix, qui doit faire face à la méfiance de l'opposition.
Le gouvernement a examiné mercredi matin le projet loi qui ouvre la voie à la modification de la carte électorale de 1986 réclamée par le Conseil constitutionnel en raison de l'évolution démographique.

Ce redécoupage a été confié à Alain Marleix, par ailleurs spécialiste de la géographie électorale à l'UMP. Mais pas question de favoriser la majorité, clame l'intéressé, "ça sera neutre politiquement".

"Les critères retenus (...) seront les mêmes que ceux qui ont présidé en 1986 de l'actuelle carte électorale", a précisé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Pour autant, le contour exact des futures circonscriptions n'est pas encore connu. Il sera acté non par la loi, mais par ordonnances, le gouvernement attendant les derniers résultats du recensement de l'INSEE, à la fin de l'année, pour finaliser sa nouvelle carte.

L'évolution de la population devrait entraîner des changements dans "une cinquantaine de départements": ceux qui ont perdu des habitants perdront aussi des députés, comme Paris, le Nord, le Pas-de-Calais, la Marne, la Somme, la Seine-Maritime.

En revanche, il y aura plus de députés en Seine-et-Marne, dans le Val d'Oise, l'Hérault, la Haute-Garonne, la Gironde, le Gard, le Vaucluse, le Var, les deux Savoie, l'Isère et l'Ain. Les électeurs d'Outre-mer éliront trois à quatre députés de plus qu'aujourd'hui en raison d'une "flambée démographique", a précisé Alain Marleix. "Entre sept et neuf" sièges de député vont également être créés pour représenter les Français de l'étranger.

"Dans le Sud, on crée des circonscriptions nouvelles dans des départements qui nous sont traditionnellement pas du tout favorables", comme la Haute-Garonne ou l'Hérault, a avancé Alain Marleix pour apaiser les inquiétudes exprimées par l'opposition.

Mais dans le flou, l'opposition a fait part de ses craintes et prévenu qu'elle serait "très vigilante". "Nous allons juger sur pièces", a lancé le chef de file des députés socialistes Jean-Marc Ayrault.

M. Marleix a de son côté promis que les députés pourraient consulter en détail les données de ce découpage. Une commission rassemblant trois magistrats et trois personnalités qualifiées nommés par les présidents de la République, du Sénat et de l'Assemblée nationale sera par ailleurs créée pour donner un avis sur cette révision.

Le conseil des ministres a aussi examiné un projet de loi organique qui limitera le nombre des députés à 577, comme actuellement.

Ce texte permettra aussi aux ministres de retrouver automatiquement leur siège de député ou de sénateur après leur départ du gouvernement. Il leur faut aujourd'hui en passer par une élection partielle qui suscite parfois un conflit avec leur suppléant. AP

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