Le désengagement de l'Etat pèse sur les sénatoriales

Publié le par PRG

Le Monde le 19 septembre 2008

L
es sous-préfectures et La Poste s'invitent dans la campagne des élections sénatoriales. Après la publication au Journal officiel d'une liste de 115 villes où le sous-préfet risque d'être remplacé par un conseiller d'administration (Le Monde du 15 septembre), Martin Malvy, président (PS) du conseil régional de Midi-Pyrénées, a lancé un appel aux grands électeurs. Il leur demande de "sanctionner cette politique" qui "revient purement et simplement à supprimer les sous-préfectures".

Douze villes de la région Midi-Pyrénées se trouvent sur la liste du ministère de l'intérieur. Parmi elles, Condom et Mirande, dans le Gers, deux localités où des élus ont manifesté devant la sous-préfecture, lundi 15 septembre, pour réclamer le droit de conserver un vrai sous-préfet, avec casquette et uniforme.

Le Gers, comme trois autres départements de la région Midi-Pyrénées, est concerrné par le scrutin de dimanche. En Aveyron, après le basculement à gauche de Millau et Rodez, la gauche espère emporter un siège. La droite réagit : "Il faut arrêter de se moquer du monde, rétorque Aymeri de Montesquiou, sénateur sortant (radical valoisien) dans le Gers, il y aura toujours une sous-préfecture à Condom et Mirande. Les maires qui ont manifesté lundi n'étaient d'ailleurs que 70, sur les 463 que compte le département."

Dans le Doubs, département également concerné par le scrutin de dimanche, l'inquiétude des élus porte sur la fermeture des bureaux de La Poste. Daniel Cassard, président de l'Association des maires ruraux, estime que 29 établissements de ce type devraient fermer au cours des prochains mois, ou bien être remplacés par des agences postales financées par les communes, ou des relais-poste chez des commerçants. "C'est un des sujets majeurs des sénatoriales, affirme M. Cassard. La situation est très tendue." La perspective d'une privatisation de La Poste accentue l'irritation des élus. "Les maires sont d'accord pour financer un service public, mais pas pour être partenaires d'une entreprise privée", prévient Jean-Claude Frécon, sénateur PS de la Loire.

 

"DÉSHÉRENCE"

 

Pour Martin Malvy, c'est une vague de fermetures des services publics qui déferle actuellement sur les territoires : "Après les commissariats, les tribunaux d'instance et de prud'hommes, les casernes, les subdivisions de la DDE (direction départementale de l'équipement), demain La Poste et les services hospitaliers, c'est le grand déménagement de l'Etat qui s'apprête à laisser des territoires en totale déshérence administrative", s'insurge l'ancien ministre socialiste.

Ce ton offensif fait sourire Louis de Broissia, sénateur (UMP) sortant et candidat en Côte-d'Or. Il accuse le PS d'avoir fait du thème du déménagement de l'Etat "un mot d'ordre national pour les sénatoriales". "La fermeture des sous-préfectures est un vaste bobard, déclare-t-il. Quant à la privatisation de La Poste, le gouvernement n'y est pour rien. C'est l'Europe qui nous oblige à ouvrir les entreprises publiques à la concurrence."

Pour autant, le sénateur UMP ne nie pas le malaise des maires ruraux. "Leur principale préoccupation porte sur le financement de l'assainissement. Beaucoup de communes rurales sont sans le sou et ne survivraient pas sans l'aide du conseil général. Le message que nous transmettent les maires, c'est : "Ne nous laissez pas tomber !"" De droite comme de gauche, les candidats en campagne promettent aux élus de la ruralité qu'ils défendront leurs intérêts à Paris, une fois élus.

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