Analyse - Pourquoi la gauche s’est renforcée au Sénat

Publié le par PRG

France soir le 23 septembre 2008

Le PS a remporté dimanche 21 sièges, un résultat à l’ampleur inattendue.

« Nous avons perdu les régionales et les municipales, nous ne pouvions pas gagner les
sénatoriales. » Les experts électoraux de l’UMP avaient établi une fourchette de battus allant de 4 à 12. « Nous en avons perdu 10 », constate ce haut dirigeant du parti majoritaire qui se veut philosophe, et qui a le mérite d’être franc ; l’UMP a certes gagné quelques sièges, mais son groupe passe de 160 à 150 membres environ, tandis que le PS avec un gain de 21 sièges, compte désormais 116 membres. (NDLR : la composition exacte des groupes ne sera connue que la semaine prochaine). C’est la création de douze nouveaux sièges de sénateurs qui a permis aux uns de limiter leurs pertes, aux autres d’engranger de gros gains.

Quoiqu’il en soit, le Sénat reste à droite avec un groupe UDF, ancienne version d’une trentaine de membres et un groupe RDSE, qui a la particularité de rassembler radicaux de gauche et de droite, et qui vote souvent avec la droite. D’où la colère de la Gauche qui conteste la représentativité de la Chambre des Collectivités Locales et continue de revendiquer une modification du mode de scrutin pour l’élection des sénateurs.

A gauche en 2011 ?

 

Pourtant, c’est bien la mauvaise humeur des élus locaux qui a fait pencher le balancier en faveur de la gauche : il y a d’abord eu la décentralisation et les transferts des personnels scolaires aux collectivités locales ; puis la réforme de la carte judiciaire qui a mécontenté plus d’un maire, ensuite la suppression ou le déménagement d’un certain nombre de régiments et enfin les inquiétudes au sujet de la poste et du maintien des sous-préfectures dans les petites villes, tout cela sur fond de réduction de dotations budgétaires. Bien que l’élection du président du Sénat se joue en son sein, l’UMP ne détient plus la majorité absolue qui est désormais de 172 voix.

Avec l’appoint souvent âprement négocié avec les autres groupes de droite, le gouvernement n’a pas trop de soucis à se faire pour faire adopter ses textes ; mais au point que certains spécialistes des questions électorales affirment aujourd’hui qu’en 2011 (date du prochain renouvellement de la Haute Assemblée), le Sénat pourrait bien basculer à gauche, et ceci avec le mode de scrutin actuel qui mélange scrutin à la proportionnelle pour les départements de quatre sénateurs et pus, et scrutins de listes pour les autres.

Publié dans tribune libre

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