Ile-de-France: schéma directeur adopté jeudi, mais son avenir est incertain

Publié le par PRG

PARIS, 24 septembre 2008 (AFP) - La majorité rose-rouge-verte du conseil régional d'Ile-de-France adoptera jeudi un projet de schéma directeur qui engagera l'avenir de la région jusqu'en 2030, si l'Etat ne bloque pas un processus lancé il y a plus de quatre ans.

Le projet de SDRIF, élaboré "en association" avec l'Etat, prévoit la création de 28.000 emplois par an d'ici à 2030, avec des pics de 40.000 emplois jusqu'en 2010, et de 60.000 logements par an.

Le texte ouvre 34.000 hectares à l'urbanisation et vise un taux de 30% de logement locatif social à long terme.

Cherchant à rééquilibrer le développement économique de la région vers l'est, le projet du conseil régional entend également rattraper les vingt ans de retard pris en Ile-de-France en matière de transport collectif.

Il s'appuie dans ce domaine sur le projet de rocade ferroviaire autour de Paris Arc Express, "épine dorsale" permettant des déplacements de banlieue à banlieue.

Le projet s'appuye sur une hypothèse de croissance de 2% par an, contestée par le secrétaire d'Etat chargé du développement de la région-capitale Christian Blanc et le Medef Ile-de-France.

Selon M. Blanc, l'ambition pour la région devrait être de 4 à 5% de croissance par an. Pour le Medef, "l'objectif du SDRIF doit être de créer les conditions d'une croissance d'au moins 3% par an".

"Il ne suffit pas de dire +croissance, croissance, croissance+", a rétorqué récemment le président du conseil régional Jean-Paul Huchon (PS), qui porte le projet avec son adjointe Verte Mireille Ferri.

Selon l'INSEE, le PIB a augmenté de 1,7% l'an en moyenne entre 1990 et 2006 en Ile-de-France et de 2,1% entre 1987 et 2006 en France.

M. Blanc menace de bloquer le SDRIF en poursuivant le bras de fer entamé par l'Etat avec la région depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, même si les services de l'Etat et de la région ont rapproché leurs points de vue.

Le texte a reçu le feu vert d'une commission d'enquête publique indépendante puis l'aval du Conseil économique et social régional.

Il doit, après son adoption jeudi, être transmis par le gouvernement au Conseil d'Etat dans un délai n'excédant pas généralement six mois.

Après instruction du Conseil d'Etat, il doit encore faire l'objet d'un décret du Premier ministre, pour pouvoir entrer en application.

M. Huchon a averti qu'un éventuel blocage de l'Etat serait "dramatique" pour le développement du Bassin parisien.

Il souligne que le SDRIF de 1994 est complètement obsolète et que le projet actuel est "un élément de sécurisation pour les acteurs économiques", qui veulent savoir à quoi s'en tenir.

Il veut croire que la position de M. Blanc, qui compte présenter son projet pour la région fin 2009, n'engage pas tout le gouvernement, en particulier François Fillon.

Son adversaire Roger Karoutchi (UMP), qui vise sa succession en 2010, présentera jeudi une motion de renvoi d'un texte "toujours pas acceptable", mais comportant des "améliorations".

Aux côtés de Valérie Pécresse, qui brigue aussi l'investiture UMP pour les régionales, M. Karoutchi votera contre un projet digne selon lui du "système Gosplan", "ne répondant toujours pas aux ambitions de développement d'une région capitale".

Les groupes Centre et apparentés et Front national en feront autant. Le groupe Démocrate et Centriste pourrait s'abstenir.

Une quarantaine d'amendements ont été déposés par l'opposition. L'exécutif a déposé un amendement technique.

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