La gauche en ordre dispersé sur le service minimum à l'école

Publié le par PRG

PARIS, 6 octobre 2008 (AFP) - La gauche, qui avait combattu la loi Darcos créant un service d'accueil dans les écoles les jours de grève, soit ne l'appliquera pas, soit s'y résignera en traînant les pieds, mardi pour sa première entrée en vigueur depuis son instauration en août.

Dans le Nord-Pas-de Calais, le maire PS de Lens Guy Delcourt "n'a mis en place aucun accompagnement et se dit prêt à aller devant les tribunaux" pour dénoncer un dispositif qu'il juge inapplicable.

A Lille en revanche, la maire PS Martine Aubry a dit qu'elle respecte la loi, mais qu'elle "est inapplicable parce que nous n'arrivons pas à trouver des gens formés". La ville a d'ailleurs annoncé que des personnels seraient mis à la disposition des établissements, mais que "techniquement, on n'aura pas les moyens d'assurer un service partout".

Mme Aubry a aussi souligné qu'elle est "contre cette loi parce qu'elle essaie de briser des grèves au moment où on a besoin de défendre les enseignants qui défendent l'école pour les enfants et pas pour eux".

Elle rejoint l'attidude du maire de Paris Bertrand Delanoë qui a annoncé qu'il appliquera la loi parce que "nous sommes républicains". Mais il a jugé "peu réaliste" le délai de 48 heures fixé pour organiser un accueil dans les 660 écoles maternelles et élémentaires de la capitale.

Surtout a-t-il estimé, l'accueil minimum dans les écoles n'est pas des compétences des villes, "contraintes d'assumer l'échec du dialogue social mené par l'Etat".

Paris n'est toutefois pas concerné par l'appel à la grève lancé pour mardi par le principal syndicat d'instituteurs, le SNUipp, dans 26 départements.

C'est la première fois que cette loi, qui crée un droit d'accueil à l'école primaire pendant le temps scolaire, en cas de grève ou d'"absence imprévisible" d'un professeur qui n'aurait pu être remplacé, est appliquée depuis sa promulgation en août.

Elle impose aux communes d'organiser l'accueil des élèves lorsque la proportion des enseignants grévistes dans une école dépasse 25% de l'effectif.

En Seine-Saint-Denis, seul département francilien touché par l'appel à la grève, les maires des 26 villes de gauche du département ont refusé en bloc d'organiser un service minimum d'accueil.

"Nous refusons d'être complices d'un gouvernement qui remet en cause le droit de grève et la qualité même du service public de l'Education nationale", a affirmé Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois.

Un des porte-parole de l'UMP, Dominique Paillé, a qualifié de "comportement irresponsable" cette décision.

"L'UMP dénonce un comportement irresponsable qui ne trouve de justification que dans une réaction primaire anti-gouvernementale, au mépris des règles républicaines", a-t-il dit.

Pau a mis en place un SMA à l'issue d'un vif débat au sein de la majorité municipale de gauche, pour "ne pas se mettre hors la loi", et malgré l'opposition des trois élus communistes.

De son côté, l'UMP a demandé que "chacun prenne ses responsabilités pour une application républicaine sans réserve et sans exception, du service minimum", car "l'efficacité d'une grève n'est pas proportionnelle à la grogne des usagers".

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