Politique - La droite orpheline,Toulouse

Publié le par PRG

Le Point le 9 octobre 2008
Les militants de l'UMP qui s'étaient déplacés à L'Union, le 27 septembre, pour la fête de rentrée du parti présidentiel étaient visiblement dépités. Beaucoup étaient venus pour rencontrer la vedette de la journée : Dominique Baudis. Las, l'ancien maire de Toulouse, qui avait accepté de prendre la présidence par intérim du parti avant l'été, n'est pas venu. « On ne l'a jamais vu, il n'a animé aucune réunion », lâche un cadre, amer.

Radicalisme-cassoulet

Baudis rêvait d'un retour en politique au palais du Luxembourg : il a été contraint de passer son tour. Battu, sans combattre, par plus centriste et « apolitique » que lui. Un comble ! Alain Chatillon, 64 ans, maire de Revel et conseiller régional non inscrit, a su tirer profit des guerres intestines entre les derniers grognards baudisiens et les hussards mis en selle par Philippe Douste-Blazy, les anciens du RPR et de l'UDF et les jeunes loups du Nouveau Centre ou de l'UMP. Elu sénateur avec le soutien de l'UMP mais sans appartenance partisane, ce chef d'entreprise perpétue la tradition d'un centrisme bon teint. L'homme est un notable du Lauragais, terre du fameux radicalisme-cassoulet, rajeuni et dopé par Gerblé, la marque d'aliments diététiques qui a fait sa fortune. Encore auréolé de sa victoire contre le PS, qui rêvait d'un nouveau « grand chelem » de 5 sénateurs, Alain Chatillon sera-t-il le nouveau chef d'une droite locale orpheline de leaders ? « Je veux rester en dehors de la mêlée », répond l'intéressé quand on lui soumet la liste des candidats déclarés pour la présidence départementale de l'UMP.

Election sanglante.

L'élection, en novembre, s'annonce sanglante. Elle met aux prises plusieurs anciens adjoints toulousains. François Chollet, ex-bras droit de Philippe Douste-Blazy, a tiré le premier. Fils d'un ancien député maire d'Agen, ce neurologue se réclame d'une tradition centriste quasi génétique. Sa principale opposante, Danièle Damin, est issue des rangs du RPR, mais peut mettre en avant ses états de service « baudisiens ». Conseillère régionale, elle figurait en deuxième position sur la liste d'Alain Chatillon aux sénatoriales et bénéficie du soutien de Jean-Luc Moudenc. L'ancien maire, nommé contrôleur général du ministère des Finances par Nicolas Sarkozy, a repris sa carte à l'UMP, mais fait profil bas. Son but : préserver sa place de chef d'une opposition municipale hétéroclite, mêlant des élus UMP, centristes et libéraux avec des transfuges du PS, du PRG et des Verts qui n'osent plus se montrer. Evincée de la liste Moudenc aux municipales, l'eurodéputée Christine de Veyrac pourrait également postuler à la présidence de l'UMP. Plus assidue à Strasbourg qu'à Toulouse, elle s'est ostensiblement affichée aux côtés de Brice Hortefeux lors d'une visite-éclair de l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy dans la Ville rose. L'ancienne protégée de Valéry Giscard d'Estaing s'inquiète déjà de sa place en 2009 sur une liste aux élections européennes qui pourrait être conduite par Dominique Baudis.

Les couteaux sont aussi sortis au MoDem. Jean-Luc Forget, contesté par une partie de ses colistiers pour son alliance aux municipales avec Jean-Luc Moudenc, a été mis en minorité lors des élections internes départementales. La liste qu'il avait constituée avec tous les élus fidèles à François Bayrou a été battue par une bande de jeunes menée par le fils d'un ancien député démocrate-chrétien proche de l'Opus Dei

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