Baylet: "il me tarde que tous ces congrès se terminent pour que la gauche retrouve sa cohérence et sa cohésion."

Publié le par PRG

Libération le 22 octobre 2008
Pour «le premier forum public» de la gauche de gouvernement, rassemblant MRC, PCF, PRG, PS et Verts, les leaders de ces formations ont planché sur une question: «Quelle alternative politique dans la mondialisation ?»

 

Pas une gauche plurielle, ni «durable» mais «une gauche qui travaille». Voilà comment Marie-George Buffet a vendu hier soir «le premier forum public» de la gauche de gouvernement (MRC, PCF, PRG, PS, Verts) en arrivant au conseil régional d’Ile-de-France. Après les errements du «comité de liaison de la gauche et des écologistes» (Cleg), il s’agissait donc pour les leaders de ces formations de plancher «sur le fond», comme ils s’y sont engagés début septembre à la Fête de l’Humanité.

Un exploit alors que socialistes, communistes et écologistes sont accaparés par les guerres de succession en vue de leurs congrès respectifs, programmés avant Noël. «Il me tarde que tous ces congrès soient terminés pour que la gauche retrouve sa cohérence et sa cohésion. Et se remette en ordre de bataille», reconnaissait Jean-Michel Baylet, le patron des radicaux. En attendant, la crise financière est là. Et la question du jour urgente :«Quelle alternative politique dans la mondialisation ?» Une fois dans la salle de 300 places, Marie-George Buffet déchante. Les rangs sont aux deux tiers vides. Et l’ambiance lugubre. «Il faut vraiment être attaché à une alternative. Tu n’as envie que d’une chose, c’est de prendre ton sac et de te barrer», confie la secrétaire nationale du PCF à sa voisine. «Chaque parti était chargé d’inviter 30 personnes. Nous, on a fait notre job», accuse un de ses proches. «C’est la zone totale, on est vraiment sympas d’être venus à cette réunion brejnévienne», ironise un dirigeant des Verts. «Obsédés par leur rassemblement pour les européennes, les écologistes ont snobé toutes les réunions préparatoires, avant d’accepter de venir il y a une semaine, rapporte Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Ça a été un peu douloureux, ça a pris six mois pour lancer ce processus. Mais le contexte de la crise est exceptionnel.»

Avant de s’asseoir à la tribune, Jean-Pierre Chevènement se pose en recours : «Si la gauche veut être crédible, il faut qu’elle fasse une petite révolution, je suis là pour l’y aider», assure le sénateur du Territoire de Belfort et chef de file du MRC.

François Hollande, qui a écourté le bureau national du PS, arrive. La soirée peut commencer. Pour une fois, les politiques ne prennent pas la parole les premiers. Mais doivent écouter les interventions de syndicalistes et d’experts. Signe de malaise, FO, la CGT et la FSU n’ont pas envoyé leurs numéros 1 pour s’adresser aux premiers responsables des partis. Et la CFDT s’est fait excuser. Maryse Dumas (CGT) explique que «les gens sont partagés entre l’exaspération de voir nos dirigeants s’engager sur des sommes fabuleuses et la résignation, car l’alternative n’est pas perçue». Amélie Rafael de la Confédération générale des coopératives de production - 1 800 entreprises, 38 000 emplois - prône la généralisation de l’autogestion. Ce revival des Scop des années 70 fait sourire François Hollande.

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