Les parlementaires y compris les radicaux de gauche ruent dans les brancards

Publié le par PRG

Ouest France le 23 octobre 2008

Difficultés de Christine Boutin au Sénat sur le logement, suppressionde la prime transport en commission, députés et sénateurs s'émancipent.

Il souffle comme un plaisant vent de cour de récréation chez ceux que l'on surnomme les « godillots » depuis les débuts de la Ve République. Tout a commencé au début de la semaine, chez les sénateurs, lors de l'examen de la loi de mobilisation pour le logement.

Volonté de marquer un nouveau départ, plus social, après une campagne sénatoriale marquée par le train de vie du Luxembourg ? Une majorité de la Haute Assemblée a d'abord refusé de voter la modification de l'article 17 de la loi SRU défendue par Christine Boutin, qui prévoyait d'inclure l'accession sociale à la propriété dans le quota de 20 % de logements sociaux obligatoires dans les villes de plus de 3 500 habitants.

L'article a été rejeté avec une majorité écrasante de 314 voix contre 21. Autant dire que tout le Sénat, UMP comprise, s'est ligué contre le gouvernement.

Christine Boutin a subi un autre revers lorsqu'il s'est trouvé une autre majorité de sénateurs (160 voix contre 151) pour supprimer un article du même projet de loi qui prévoyait de baisser le plafond de ressources exigé pour bénéficier d'un logement social.

Cette fois, c'est le groupe RDSE (radicaux de gauche et valoisiens) qui a fait pencher la balance en apportant ses dix-sept voix à l'appui des amendements PS et PCF. Quatre centristes ont voté ces amendements. C'est dire si les centristes et les radicaux, qui se trouvent à la charnière, vont jouer un rôle de premier plan dans une assemblée où la majorité UMP (relative) s'est encore effritée depuis les dernières élections.

La prime transport en débat

Cela ne veut pas dire que le gouvernement et les députés de la majorité vont renoncer à modifier la loi SRU. Ils entendent répondre à l'engagement de Nicolas Sarkozy pendant sa campagne de booster l'accession à la propriété sociale. Mais un mouvement est manifestement enclenché. Hier, le Premier ministre, François Fillon, a manifesté sa « détermination » à conduire la loi Boutin à bonne fin, mais en précisant que le gouvernement « dialoguera avec le Parlement ».

Effet de contagion ? Hier, les députés, du moins ceux de la commission des finances, ont fait preuve d'indépendance en supprimant d'un trait de plume la « prime transport » dans le projet de budget de la Sécu pour 2009. Pierre Méhaignerie, qui dirige la manoeuvre dans cette commission, a assuré qu'il voulait « privilégier le salaire direct qui est, en France, l'un des plus faibles en Europe. Le salarié préfère une augmentation plutôt que des primes, c'est un débat de fond », s'est défendu le député d'Ille-et-Vilaine.

Il n'empêche que tous les syndicats sont tombés sur le dos ¯ « provocation » « mépris » ¯ de la majorité et que François Fillon a dû éteindre l'incendieen réaffirmant que la prime transport serait bien créée. Il y a du mouvement, pas de doute.


Jacques ROUIL.

Publié dans article sur le PRG

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