L'ILLUSTRE JEAN ZAY

Publié le par PRG

 JEAN ZAY


Ses grands-parents paternels étaient des juifs alsaciens qui avaient opté pour la France en 1871.

Elevé avec sa soeur à Orléans par un père juif et une mère protestante.
Son père, secrétaire général des Prud'hommes, était rédacteur en chef du journal radical local "Le Progrès du Loiret".
Jean Zay vit avec le protestantisme dès son plus jeune âge. Il effectue toute sa scolarité au lycée Pothier. Excellent élève, il s'illustre en remportant de nombreux prix, notamment en français.

Le père de Jean Zay était directeur du journal radical-socialiste "le Progrès du Loiret", ce qui explique l' intérêt que portera très tôt le jeune Jean à la politique. Intérêt qui sera marqué par son adhésion dès ses études secondaires aux Jeunesses Laïques et Républicaines de tendance radicale-socialiste. Dès sa majorité à 21 ans, il adhèrera au Parti Radical et deviendra membre de la Ligue des Droits de l' Homme. Il sera également responsable de la Ligue de l' Enseignement.

Il devient journaliste au Progrès du Loiret, et poursuit des études de droit. En 1928, il est nommé avocat au barreau d'Orléans. Très tôt, Jean Zay est attiré par la politique,il entre au Parti Radical
 
A seulement vingt-sept ans, il devient député. En  janvier 1936, il est nommé sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil. Cette ascension rapide provoque beaucoup de polémique.
Membre actif du Front Populaire, Léon BLUM lui propose le ministère de l'Education Nationale et de la Culture. Il est aidé par deux femmes dont Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique

Entre 1936 et 1939, il oeuvre activement pour la démocratie dans le domaine scolaire et en faveur des activités extra scolaires, travaillant en collaboration avec Léo Lagrange.
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En 1936, Léon BLUM lui propose le ministère de l'Education Nationale et de la Culture. Il est aidé par deux femmes dont Irène Joliot-Curie à la recherche scientifique
Il gardera ce poste ministériel jusqu'au 2 septembre 1939, date à laquelle il démissionnera pour rejoindre l' armée combattante. 

 A partir de 1939, il s'engage sur le front, puis gagne l'Afrique du Nord, avec notamment Pierre Mendès France.En septembre 1939, Jean Zay se porte volontaire pour le front et entre dans la résistance.
Il gardera ce poste ministériel jusqu'au 2 septembre 1939, date à laquelle il démissionnera pour rejoindre l' armée combattante.
En 1940, il reçoit ordre, lors d' une session parlementaire de quitter son régiment et de s' embarquer sur le paquebot Massilia (en compagnie entre autres de Pierre Mendès France et de Georges Mandel) afin de rejoindre le gouvernement qui se replierait en Afrique du nord. Il ne s' agit que d' une manoeuvre pour tenter d' écarter certains parlementaires influents qui pourraient plaider contre le vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain : à son arrivée à Casablanca, il sera arrêté puis jugé pour désertion par le gouvernement de Vichy.
En juin 1940, il est condamné à la déportation et à la dégradation militaire. Une campagne de communication violente menée par Philippe Henriot, ministre de l' Information réclame la mort du "juif Jean Zay", le "juif fauteur de guerre".
Étant juif par son père, protestant par sa mère, franc-maçon et radical de gauche... Il suscitait la haine de la part des nazis et miliciens.
  Opposant au régime de Vichy et 'déserteur', il est arrêté le 14 août 1940, à Rabat au Maroc. Ramené en France à Clermont-Ferrand, il y est jugé et condamné à la déportation, avant d'être incarcéré à Marseille, puis à Riom. Arrêté le 15 août 1940, il sera emprisonné.
Le 29 juin 1944, des miliciens viennent le chercher dans sa cellule afin de le "transférer" à la prison de Melun. La Citroën quitte la cour de la prison de Riom et part en direction de Malavaux. Dans les alentours de Cusset, il partent à pied vers le puits du diable. Jean Zay est abattu d' une rafale de mitraillette, son corps sera jeté dans le puits. Sa femme inquiète n' aura aucune nouvelle de lui jusqu' en 1946, date à laquelle deux chasseurs découvriront fortuitement le corps. Jean Cassou dira que la rafale de mitraillette avait élevé Jean Zay au rang de "Ministre de l' Intelligence".

Malgré la brièveté de sa carrière politqiue, on lui doit une oeuvre considérable. Toute son action sera tournée vers l' égalité des chances, la sélection par le mérite. Son projet etait de permettre aux couches les plus défavorisées de la population de rejoindre les catégories sociales moyennes. Il a fait preuve durant l' accomplissement de ses responsabilités d' une démarche permanente de concertation avec les syndicats, les associations de parents d' élèves et les associations laïques.


ANECDOTES
Corps introuvable
Exécuté le 20 juin 1944, Jean Zay fut jeté dans un ravin. Sa dépouille ne sera retrouvée qu'en septembre 1946.


Cannes
Jean Zay est l'un des principaux instigateurs pour la création du festival de Cannes. Il sera l'organisateur majeur du premier festival, qui s'est déroulé en 1946.


Sa fille
Arrêté le 14 août 1940 à Rabat, Jean Zay n'a pu voir ni naître, ni vivre, sa seconde fille, Hélène, née le 27 août 1940.


Repenti
Durant son incarcération à Riom, Jean Zay, à qui l'on autorise alors de voir sa famille et de correspondre avec ses amis, refuse que la Résistance organise son évasion.


ACTIONS

Au moment où la guerre éclata, trois projets de lois étaient déposés au Sénat :

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    1. la réforme des enseignements des 1er et 2ème degrés
    2. la création de l' École Nationale d' Administration
    3. la loi portant sur les droits d' auteurs et d' édition

    Il réalise beaucoup de travaux et de réformes :

    1. scolarité obligatoire portée de 13 à 14 ans,
    2. éducation physique obligatoire, création de l' après-midi de plein air,
    3. gratuité de l' enseignement du second degré, organisation des diplômes de l' enseignement technique,
    4. protection de la santé des élèves, colonies de vacances, oeuvres sociales, enseignement post-scolaire, cantines,
    5. développement des Auberges de Jeunesse et du tourisme populaire en collaboration avec Léo Lagrange,
    6. introduit dans les examens le Brevet Sportif Populaire
    7. crée et organise le Comité Supérieur des Oeuvres Universitaires, ancêtre du CROUS : cercles d' étudiants, cités universitaires, centres de médecine, contrôle des restaurants.
    8. engage un programme pour la formation des enseignants : baccalauréat et formation à l' École Normale, sanctionnée par un Certificat d'Etudes Pédagogiques pour le primaire, Baccalauréat plus titres ou grades qui seront arrêtés par décret avec Certificat d' Aptitudes Pédagogiques.
    9. Création avec Jean Perrin du Centre National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.)
    10. Organisation du Bureau Universitaire des Statistiques qui deviendra ensuite le Centre National de Documentation Pédagogique

    Des efforts de modernisation considérables de l' Éducation Nationale seront entrepris : beaucoup de lycées et d' écoles sont construits aux tendances de l' art contemporain. Il crée des postes d' enseignants : plus de 10 000 de 1936 à 1939 !

    Ce qu 'il laisse de son action comme ministre de la Culture ( "des Beaux-Arts") est impressionnant :

    1. Il organise maintes expositions d' art, signe des conventions culturelles avec des pays étrangers, envoie des professeurs français dans les universités ou lycées français à l' étranger : Athènes, Beyrouth, Varsovie
    2. Il fait aménager la Bibliothèque Nationale
    3. Il créé la Pinacothèque et le Musée d' Arts et Traditions Populaires
    4. Il fait rénover la salle de l' Opéra et fait construire celle du palais Chaillot
    5. Il redresse la Comédie Française avec Edouard Bourdet
    6. Il élabore un statut pour le Cinéma
    7. Et créé le festival de Cannes (la guerre empêchera qu' il se déroule de son vivant)
    8. Il prévoit d' utiliser cinéma et radio pour des programmes pédagogiques
    9. Lors de l' exposition universelle de 1937, il organise une exposition d' art au nouveau musée d' art moderne, tandis que le Palais de la Découverte reçoit organisée par Jean PERRIN une exposition scientifique expérimentale de haut niveau.


    Dès le 22 juin 1945, l' Assemblée Consultative provisoire lui rend un brillant hommage. Il est cité à l' Ordre de la Nation… et le 27 juin 1947 a lieu à la Sorbonne une cérémonie où l' université française rend hommage à son grand maître, cérémonie qui se renouvelle chaque année.

Publié dans tribune libre

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