La double nature du PS,Le PS comparé au Parti Radical sous la III République voilà aut'chose!

Publié le par PRG

Le 19 novembre 2008

Le congrès de Reims a montré une fois de plus que le Parti socialiste n'est pas simple. On en déduit que si le PS n'est pas simple, c'est qu'il est compliqué. Le diagnostic, si l'on peut dire, n'est pas si simple. Car si le PS n'apparaît pas simple, c'est qu'il est double. Et ce n'est pas une question de socialistes de gauche ou de droite, d'anciens ou de modernes, de révolutionnaires ou de réformistes.

On s'approche un peu plus de la réponse si l'on évoque son partage intérieur entre élus et militants. Ces deux catégories distinctes jouent chacune leur propre partition, un peu plus idéologique chez les militants, à peine moins chez les élus, bien que leur position de gestionnaires les contraint au réalisme. La vérité est que le PS est devenu avant tout un parti d'élus, un peu comme le Parti radical de la IIIe République. Et plus encore, puisqu'il contrôle la quasi-totalité des régions et la majorité des communes de quelque importance. Comme leurs prédécesseurs radicaux qu'on comparait plaisamment à des radis (rouges au-dehors, blancs au-dedans) les élus socialistes d'aujourd'hui sont conduits par fonction à entretenir la flamme de gauche pour être élus et à démontrer des qualités « de droite » (la gestion) pour administrer et être réélus. Là est la clef du double Parti socialiste, et l'expérience prouve qu'elle ne fonctionne pas si mal.

Dans ce système bien rodé, où les élus contrôlent le parti et où les militants en font parler, ceux qu'on appelle « les éléphants » assurent, souvent avec talent, les fonctions du discours et de la polémique. Qu'ils soient brillants mais trop nombreux ne gêne en rien le cours socialiste des choses. Les militants se repaissent de ces disputes, les élus y puisent deux avantages : se revendiquer de leurs éclats lorsqu'ils sont politiquement rentables, ironiser sur place à l'égard de « Paris » lorsqu'ils dérapent. Habitués aux compromis locaux, ils excellent à en gérer d'autres à Solferino. Attentifs à bénéficier de la prime d'opposition si utile aux élections locales, ils poussent à gauche contre les candidats de droite quand la droite gouverne. Et comme ils ont intérêt à conserver cette prime, il ne leur est pas désagréable que les socialistes ne gouvernent pas. Tout reste donc en ordre au Parti socialiste.

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