Les socialistes ont fini de voter

Publié le par PRG

PARIS, 20 novembre 2008 (AFP) - Les militants socialistes ont fini de voter jeudi à 22H00 pour élire leur chef parmi trois postulants, Martine Aubry, Benoît Hamon et Ségolène Royal, dans un scrutin à l'issue très incertaine, où se profile en filigrane la bataille pour la présidentielle de 2012.

Après l'échec du Congrès de Reims le week-end dernier, qui a donné le spectacle d'un déchirement du premier parti d'opposition, les militants ont dû arbitrer pour dégager un nom et une ligne politique.

233.000 militants étaient appelés à voter dans quelque 3.200 sections PS. Seulement 131.860 exprimés lors du vote du 6 novembre sur les motions. Les résultats étaient attendus après minuit.

Compte tenu du rapport de force dégagé le 6 novembre - 29% pour Royal, 24,3% pour Aubry, 18,5% pour Hamon- aucun des trois ne semble a priori en mesure de rassembler jeudi plus de 50% des voix.

Le nom du successeur de François Hollande ne sera sans doute pas connu avant vendredi soir, à l'issue d'un second tour opposant les deux candidats arrivés en tête du premier.

Les trois candidats ont mis à profit la grève des enseignants pour marquer leur ancrage à gauche en participant aux défilés - Hamon à Paris, Aubry à Lille - tandis que Royal recevait les syndicats d'enseignants à Poitiers, avant de voter dans son fief de Melle (Deux-Sèvres), région où elle est restée.

Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, les candidats ont avancé leurs ultimes arguments, en mulipliant leurs interventions dans les médias. Ségolène Royal a appelé les militants à "ne pas redonner le parti à ceux qui l'ont déjà depuis 15 ans". Elle a accusé Martine Aubry et Bertrand Delanoë de s'être coalisés "pour empêcher la rénovation" qu'elle estime représenter.

L'ex-candidate a mis en avant l'échéance de 2012, soulignant que "parmi les leaders du PS il n'y en pas beaucoup qui peuvent être présents au second tour de la présidentielle", s'estimant la mieux placée en raison notamment de "son lien direct avec le peuple français".

Martine Aubry a voté dans son fief de Lille. "J'ai confiance, car ce sont les militants qui choisissent et eux n'ont jamais pensé que les valeurs de gauche pouvaient s'amollir", a-t-elle dit.

La maire de Lille avait interpellé sa rivale, l'épinglant sur son slogan la "rupture". "Il faut arrêter de parler de soi, et je le dis aussi à Ségolène. Nous voulons un parti qui s'engage avec des militants".

Le plus jeune des candidats, Benoît Hamon, 41 ans, a voté dans sa section de l'Essonne au Plessis-Pâté. Il a dénoncé les "12 écuries présidentielles qui font de cette élection" le moment "de choisir un candidat" pour 2012. Il voit un risque "de division et donc d'affaiblissement et de déclin d'influence" du PS.

Lionel Jospin, comme Bertrand Delanoë, ont voté en faveur de Martine Aubry, dans le XVIIIè arrondissement de Paris. "Dans le socialisme, les néo, ceux qui étaient contre les vieux et pour le neuf, n'ont pas toujours laissé de bons souvenirs", a lancé l'ancien Premier ministre, une pierre dans le jardin de Ségolène Royal.

Au premier tour, la présidente de Poitou-Charentes, devrait sortir en tête, estime-t-on dans les trois états-majors. M. Hamon se voit au deuxième tour mais ses chances semblent plus limitées. Il a prévu de donner une consigne de vote pour vendredi. Mme Royal lui a tendu la main: "Benoît Hamon sera dans la direction du parti s'il le souhaite". "Il n'est pas l'heure de distribuer les postes", a-t-il répondu.

Mais le champion de l'aile gauche du parti semble politiquement plus proche de Mme Aubry, qui, au second tour, pourrait bénéficier d'une réserve de ses voix.

Le prochain patron du PS sera probablement une femme. Sa tâche sera ardue pour panser les plaies de Reims, refaire du PS un parti audible, avec en ligne de mire l'élection présidentielle de 2012.

Publié dans dépêche PS

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