Seine Saint Denis: La chanson sur la ville de Pavillon sous-bois ne sera plus étudiée

Publié le par PRG

BOBIGNY, 21 novembre 2008 (AFP) - La chanson sur la ville de Pavillons-sous-Bois jugée insultante par Philippe Dallier, sénateur-maire UMP de cette ville de Seine-Saint-Denis, ne sera plus étudiée dans le cadre d'une action pédagogique proposée à 1.200 collégiens, a annoncé vendredi soir la préfecture.

Les élus UMP du département avaient exigé mardi des "excuses" de Claude Bartolone, président PS du Conseil général, principal bailleur de fonds de "Zebrock au Bahut", une opération faisant depuis 19 ans partager le patrimoine musical à des élèves du 93.

Le conseil général avait lui-même déploré que le texte "Pavillons-sous-Bois" (l'une des 20 chansons d'un CD-livret distribué à 65 classes) prêtait "à confusion", renvoyait une image stigmatisante du 93 et attribuait à M. Dallier, "élu républicain", une étiquette "qui n'est pas la sienne" ("Front'nat").

Dans la chanson, Bertrand Soulier, auteur-interprète de 37 ans sélectionné pour le prix Adami-Bruno Coquatrix 2009, évoque son enfance, banale et plutôt heureuse à Pavillons, mais esquisse un futur hypothétique assombri par les communautarismes, lorsqu'il quitte la ville à la fin des années 80: "Je ne retournerai plus là-bas/l'enfance est un monde englouti/Comme l'Atlantide/Comme le Conforama/Tout a brûlé, tout est pourri" et "Je n'verrai pas l'église/Ni la mosquée/Le maire Front Nat'/Et la boucherie hallal".

"Afin de cesser toute polémique, il a été convenu d'un commun accord que cette chanson ne serait pas étudiée dans les collèges", écrit la préfecture dans un communiqué à l'issue d'une réunion vendredi soir entre tous les acteurs: le sénateur, l'association Chroma, organisatrice de "Zebrock", le conseil général et l'Education nationale.

L'association dont "la qualité du travail" a été reconnue par tous les participants selon la préfecture, avait défendu son choix en expliquant qu'"en aucune façon la chanson de Bertrand Soulier n’est dirigée contre le maire de Pavillons-sous-Bois, contre la ville elle-même ou ses habitants", et qu'elle empruntait "largement aux ressorts de la fiction".

"Nous faisons confiance à +nos+ gamins, à leur intelligence" pour décrypter les textes et "sommes étrangers à tout esprit de censure et de confinement des esprits", avait-elle dit.

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