mariage entre policiers et gendarmes suscite inquiétudes et tensions

Publié le par PRG

PARIS, 30 décembre 2008 (AFP) - Le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur a suscité des inquiétudes parmi les élus, les gendarmes et les policiers et ravivé la légendaire guerre entre les deux forces de l'ordre à l'approche de ce mariage.

Les sénateurs ont voté le 17 décembre le projet de loi prévoyant l'intégration de la gendarmerie, jusqu'ici sous tutelle du ministère de la Défense, au ministère de l'Intérieur, au 1er janvier, et la majorité s'est montrée souvent sceptique.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (UMP) avait ainsi mis en garde début décembre contre le fait que ce rapprochement n'aboutisse "à terme à une seule force de sécurité (...) dangereuse pour la République".

De nombreux sénateurs de même tendance, sur fond de rumeurs de fermetures de brigades de gendarmerie à terme dans leur fiefs, ont fait part de leurs craintes et présenté une série d'amendements pour mieux encadrer le texte.

Mais c'est surtout parmi les policiers et les gendarmes que les inquiétudes et les tensions ont été parfois vives.

Les premiers se sont exprimés à travers leurs puissants syndicats en revendiquant une "parité" totale avec la gendarmerie c'est-à-dire une harmonisation égale des grades, rémunérations et horaires.

De ce point de vue, rien n'est simple et il est difficile de se faire une idée sur la question tant les avis sont contradictoires.

Ainsi, en juillet 2008, le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, affirmait, devant les syndicats de police, que les gendarmes étaient "favorisés" par rapport aux policiers et que la parité ne bénéficie qu'aux premiers.

Les policiers obtiennent-ils, en octobre 2008, des avantages indiciaires non négligeables que les gendarmes revendiquent aussitôt la même chose, avec la promesse de l'obtenir.

Mais la contrepartie est un "accroissement du temps de travail", peste alors l'association Gendarmes et citoyens qui anime sur Internet un forum de discussion auquel participent des gendarmes en activité, sous anonymat car de statut militaire, ils n'ont pas le droit de se syndiquer contrairement aux policiers (de statut civil).

Sur le terrain, la perspective du mariage a attisé et accru, ces derniers mois, la légendaire guerre entre les deux forces de l'ordre, selon plusieurs sources internes.

Ainsi, un rapport policier officiel, daté d'octobre 2008, fait-il état "d'incidents" dans le domaine du renseignement, la police accusant la gendarmerie d'empiéter sur ses plates-bandes.

Toujours selon ces sources, des "incidents" de même nature ont eu lieu dans le domaine de la police judiciaire, la police et la gendarmerie pouvant être saisies au choix par la justice, ce qui doit perdurer après le 1er janvier.

La gendarmerie n'a pas apprécié par exemple d'être dessaisie "sans ménagement", au profit de la police, de l'enquête sur les actes de malveillance à la SNCF en novembre 2008.

Elle estime notamment avoir fait "remonter des informations" sur le réseau Coupat présumé en être l'auteur.

Les responsables des deux forces balayent ces arguments, la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, les ayant qualifiés récemment de "fantasmes".

Il n'empêche : à l'Intérieur, on ne s'attend pas à ce que le "mariage sous le régime de la séparation des biens", selon les mots du ministre de la Défense Hervé Morin, se passe sans encombre.

Un projet de créer un secrétariat général coiffant les directions police/gendarmerie "est à l'étude de longue date", font encore valoir les sources.

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