Face à la crise, pas de gel des suppressions de fonctionnaires (Woerth)

Publié le par PRG

PARIS, 4 janvier 2009 (AFP) - Le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, a exclu dimanche de répondre à la crise et à la remontée du chômage en gelant la suppression de plus de 30.000 postes de fonctionnaires prévue cette année.

"Je maintiens l'idée que nous ne remplacerons pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", a déclaré le ministre, interrogé au Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien-Aujourd'hui sur un éventuel "moratoire" ou "gel" des réductions d'emplois publics pour donner la priorité au maintien de l'emploi.

"Il faut parler vrai, il y a une fonction publique qui est trop nombreuse. La qualité du service public doit être maintenue, c'est extrêmement important, mais on peut le faire avec un peu moins de fonctionnaires", a ajouté M. Woerth.

Pour la première fois, le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, annoncé après l'élection de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, sera strictement appliqué en 2009, entraînant la suppression de 30.600 postes.

En 2008, près de 23.000 postes ont été supprimés et plus de 11.000 en 2007.

L'Etat est le premier employeur de France avec, fin 2005, un personnel de 2,54 millions d'agents, dont 906.000 enseignants et 351.000 militaires, et 1,02 million dans les hôpitaux et établissements pour personnes âgées, d'aide sociale à l'enfance, pour handicapés ou inadaptés.

Les collectivités locales sont un autre important gisement d'emplois qui a d'ailleurs fortement progressé en 2005-2006 sur fond de décentralisation, et contribué au mouvement de baisse du chômage qui avait été observé à partir de 2006.

Interrogé sur la remontée rapide du chômage, M. Woerth a jugé que "les chiffres dans les mois qui viennent seront aussi difficiles".

Selon lui, la lutte contre le chômage passe par la volonté du gouvernement de "combattre la crise internationale" et "aussi des mesures sur le plan national, comme l'augmentation du nombre d'emplois aidés".

Les emplois aidés sont, comme les postes de fonctionnaire, financés en grande partie par de l'argent public, le salaire et les cotisations sociales pouvant être pris en charge jusqu'à 90% par l'Etat.

Ces postes permettent notamment à une école, une commune, une association, une maison de retraite, d'embaucher un chômeur à temps partiel.

Mais à la différence d'un fonctionnaire, la personne a un statut précaire, elle est embauchée le plus souvent à durée déterminée et le contrat ne dure souvent qu'une année scolaire.

Publié dans dépêche UMP

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