Non, les médias ne protègent pas un Besancenot qui roule sur l'or

Publié le par PRG

Par Rue89 30/10/2008 

Apparu avant la dernière présidentielle, un texte dénigrant Olivier Besancenot fait de nouveau le tour de la Toile.

 

Besancenot en meeting à Marseille, le 13 avril 2007 (Jean-Paul Pelissier/Reuters).

 

A l'aube de la création du NPA (Nouveau parti anticapitaliste), sur des blogs, parmi les commentaires de sites d'informations, dans les boites mail, le texte intitulé "Ce bon petit facteur" s'immisce partout.

Un texte qui s'étonne en préambule du "peu de vagues autour de ce personnage" et regrette que "les médias soient si discrets". Avant de conclure :

"Tous ces faits sont strictement exacts, je vous incite à en parler autour de vous... Puisque la presse française oublie de faire son travail..."

Son travail, Rue89 a décidé de le faire. Sous chaque paragraphe du texte reproduit en italique, nous publions le résultat de notre enquête.

Sur son ascension politique

"Comment Olivier Besancenot a-t-il progressé aussi vite dans la hiérarchie de la LCR, jusqu'à en devenir le porte-parole et candidat à la présidentielle ? Olivier Besancenot a eu pour compagne la propre fille d'Alain Krivine, fondateur de la Ligue communiste révolutionnaire et encore le réel "patron" de ce parti... Il a rompu il y a trois ans mais est resté proche du beau-papa... Olivier Besancenot est devenu en quelques années le porte-parole de ce parti grâce à l'action efficace du beau-père... Chez les trotskystes, on pratique la solidarité, mais d'abord envers la famille."

L'entourage d'Olivier Besancenot dément toute relation intime entre le porte-parole de la LCR et la fille d'Alain Krivine, cofondateur du parti d'extrême gauche. Les deux protagonistes ont chacun conjoint et enfant(s) depuis de longues années.

Quant à la désignation d'Olivier Besancenot comme candidat de la LCR aux élections présidentielles de 2002 et 2007, elle a résulté de la procédure officielle du parti. Un vote du bureau politique suivi d'un second vote de la conférence nationale composée de délégués nationaux ont désigné l'homme aux talents politiques et médiatiques avérés.

Sur ses revenus
 
D'ou viennent
ces rumeurs ?

 


La LCR pense reconnaître la plume de militants d'extrême droite et plus particulièrement de l'entourage d'Alain Soral, qui a publié le texte sur son site. Contacté par Rue89, l'écrivain membre du Front national dément :

 

"On l'a relayé, c'est amusant, mais ça ne vient pas de chez nous. On ne l'aurait pas fait comme ça, je n'aime pas ces procédés qui touchent à la vie privée.

Je pense que Besancenot est une merde, mais je ne l'aurais pas fait comme ça, j'aurais plutôt démontré comment la droite a intérêt à le pousser pour diviser la gauche.

Ça ressemble plutôt à des attaques de gauchistes, de s'attaquer aux personnes. Les militants d'extrême droite ne sont pas doués pour ça. A moins que ça provienne d'éléments intelligents de l'extrême droite."

 

"Où Besancenot travaille-t-il réellement ? A cette question, le candidat Besancenot parle de salaire de moins de 1200 euros à La Poste... Bienheureux les croyants... La réalité est un peu différente, Besancenot n'étant à La Poste de Neuilly-sur-Seine que pour les photographes, c'est-à-dire quasiment jamais, il est surtout rémunéré par le parti. A titre d'exemple, il a touché très régulièrement une indemnité d'assistant parlementaire européen lorsqu'Alain Krivine était député européen, dont le montant était très largement supérieur aux 5000 euros mensuels."

Actuellement, Olivier Besancenot travaille à 80% à La Poste de Neuilly-sur-Seine. Il y est présent quatre jours par semaine : mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Au cours de la campagne présidentielle, la LCR avait publié un communiqué faisant état du patrimoine d'Olivier Besancenot : il déclarait alors toucher un salaire de 1000 euros net par mois pour son activité de postier. Il travaille donc à la LCR les lundis et mardis et touche 2/5e du salaire d'un permanent, soit environ 800 euros.

Un an durant, à cheval sur les années 1999 et 2000, Olivier Besancenot s'est mis en congé de La Poste et a effectivement occupé la fonction d'attaché parlementaire d'Alain Krivine au Parlement européen. Alain Krivine lui versait la moitié de l'enveloppe consacrée aux attachés parlementaires (ils étaient deux), soit 2500 euros, mais lui-même reversait la moitié de cette moitié au parti. Lui restait alors environ 1250 euros.

Sur son patrimoine

"Quel est son patrimoine ? A cette question, Olivier Besancenot parle avec modestie d'un petit studio dans le XVIIIe, arrondissement populaire de Paris. Le journaliste avisé ira voir sur place... un appartement en réalité de bonne taille et dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre, le quartier le plus cher du XVIIIe, un des quartiers les plus recherchés des bobos (bourgeois bohèmes) parisiens. Bien évidemment, il en est propriétaire... Un salaire à vie de postier n'y suffirait pas..."

Un communiqué de la LCR avait donc détaillé le patrimoine d'Olivier Besancenot début 2007 :

"Il est copropriétaire depuis 2004 d'un appartement de 55 m2 dans le XVIIIe arrondissement de Paris : la valeur de son patrimoine est de 37 000 euros. Pas de valeurs mobilières. Il a acquis une Peugeot 106 en 2001."

Concernant l'emplacement dudit appartement, acquis à crédit avec sa compagne (il l'a donc remboursé pour l'heure à hauteur de 37 000 euros), il est bien situé dans le XVIIIe arrondissement de Paris, mais "pas dans le quartier du Sacré-Cœur en plein Montmartre", plus près du populaire quartier de Barbès que des rues plus huppées des Abbesses.

Sur sa compagne

"Comment expliquer ce black out sur Besancenot ? Olivier Besancenot a épousé Stéphanie Chevrier, une des principales éditrices de Paris, appartenant à la direction de Flammarion. Pour Besancenot, elle a plusieurs avantages : c'est l'un des plus hauts salaires de l'édition mais c'est surtout une habituée des médias. Ancienne compagne du chanteur Yves Simon, elle a construit sa carrière sur les relations presse... Dirigeant une armée d'attachées de presse, elle a certains moyens de pression et de rétribution, ce qui incite sans doute les journalistes à plus de modération dans les attaques..."

Stéphanie Chevrier est directrice littéraire chez Flammarion, en charge de la "littérature générale, fiction et non fiction". Mais "directrice littéraire" ne veut pas dire "membre de la direction", cela signifie qu'elle occupe un poste d'éditeur. "Je n'ai jamais dirigé l'entreprise", a-t-elle confié à Rue89. Quant au salaire allégué, elle ajoute : "Qu'est-ce que j'aimerais que ce soit vrai !" En réalité, elle a le salaire d'un cadre dans le secteur de l'édition (la convention collective de l'édition indique un salaire minimum d'environ 2500 euros).

A propos des "moyens de pression et de rétribution" dont elle userait, elle rétorque enfin : "Je trouve cela insultant pour moi et surtout pour les journalistes."

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