Bayrou, guère enclin à prendre la main tendue par le président du PRG Jean-Michel Baylet

Publié le par PRG

Le président du MoDem François Bayrou a dénoncé mardi lors de ses voeux à la presse un "tourbillon médiatique où chaque jour un plan nouveau est annoncé". Le président Nicolas Sarkozy multiplie selon lui les "foucades qui touchent à peu près tous les sujets de la société française" et "ébranlent à chaque fois les piliers qui tiennent la maison".

M. Bayrou a ainsi qualifié de "choquant" et "dangereux" le projet de suppression du juge d'instruction que devrait dévoiler mercredi Nicolas Sarkozy, selon une information du site Web du "Monde" non confirmée par l'Elysée.

Le président du MoDem y a vu la même "logique insupportable" que celle de la réforme de l'audiovisuel public: "on va créer un lien de dépendance supplémentaire alors qu'on a besoin de tout le contraire".

Il a d'ailleurs appelé "le plus grand nombre possible de sénateurs" à s'opposer à la réforme de l'audiovisuel et "à dire non à ce qu'on doit refuser". "Pas un républicain ne devrait accepter le principe de la création d'une double dépendance, politique et budgétaire, entre l'audiovisuel public et le pouvoir", a-t-il affirmé. "Si une motion de censure devait être déposée sur ce sujet, je la voterais".

Alors qu'une réforme de l'hôpital est en préparation, il a ainsi souligné que "les réformes précédentes, par exemple celle qui organisait les services en pôles sous la responsabilité de médecins (...) n'ont pas encore été mises en application. Et déjà elles vont être abandonnées".

Quant au projet de loi Grenelle II examiné mercredi en Conseil des ministres, si "les bilans officiels se glorifient de la loi Grenelle I", celle-ci "n'a toujours pas été adoptée", a-t-il rappelé. "Elle n'a toujours pas été inscrite à l'ordre du jour du sénat".

"Le citoyen (...) a la tête qui tourne de toutes les réformes qu'on lui annonce, de toutes les promesses qu'on lui a faites et qui se révèlent de la fausse monnaie", a-t-il accusé. Et de rappeler ces "mots (de Nicolas Sarkozy, NDLR) qui sonnent encore dans son oreille: 'le président du pouvoir d'achat', 'travailler plus pour gagner plus', "le point de croissance qu'on ira chercher avec les dents'" et qui "se retrouvent aujourd'hui au cimetière des illusions perdues".

François Bayrou s'est en revanche réjoui du report sine die de l'examen du texte sur le travail du dimanche à l'Assemblée, souhaitant "que le sine die dure le plus longtemps possible". Le président du MoDem a qualifié cette décision de "sage". "Notre volonté était de nous battre contre cette orientation", a-t-il rappelé. Car "les souplesses actuellement existantes sont suffisantes et nous ne voulons pas que la France prenne le chemin de la marchandisation de tous les jours de la semaine".

Pour les élections européennes de juin prochain, le mouvement démocrate entend présenter "des listes autonomes dans toutes les régions", a affirmé François Bayrou, qui ne semblait en revanche guère enclin à prendre la main tendue par le président du PRG Jean-Michel Baylet, qu'il doit rencontrer "à la fin du mois de janvier".

Le président du MoDem a en effet posé "une condition préalable" à toute alliance:: "le choix définitif de l'indépendance", pour constituer "une offre politique nouvelle qui ne soit pas satellisée autour de l'UMP ou du Parti socialiste". AP

Publié dans article sur le PRG

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article