Audiovisuel: les sénateurs y compris les radicaux (RDSE) se sentent "humiliés", les rangs de l'UMP déserts

Publié le par PRG

PARIS, 8 janvier 2009 (AFP) - Les sénateurs ont poursuivi jeudi l'examen du texte réformant l'audiovisuel, tout en réitérant, toutes tendances confondues, leur "humiliation" de devoir discuter d'une réforme déjà en vigueur.

L'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, s'exprimant dans les couloirs du Palais du Luxembourg a résumé l'équation de ce débat. "Ce qui est assez désagréable, c'est que c'est ou le vote ou la crise puisque la décision est prise".

"Il y a une décision qui est prise et un texte de loi qui n'est pas voté, la situation est inconfortable", a-t-il ajouté.

La suppression de la publicité sur France Télévisions après 20H00, prévue par le texte, est entrée en vigueur lundi, le conseil d'administration de France Télévisions ayant anticipé cette mesure, sur injonction du gouvernement.

"J'ai le sentiment d'être pris pour un zozo ou pour le dindon de la farce!" a lancé l'UMP Ladislas Poniatowski (Eure) lors de la discussion générale alors que le rapporteur UMP, Michel Thiollière se disait "blessé".

"C'est inconvenant, un affront infligé au Sénat", se plaignait le radical Jean-Pierre Plancade (RDSE) tandis que l'autre rapporteur, la centriste Catherine Morin-Dessailly (UC) exprimait son "immense frustration". "Le Sénat accepte difficilement de voir ce débat sur la suppression de la publicité réduit à sa plus simple expression", regrettait-elle.

Les rangs de l'UMP étaient toujours quasiment vides obligeant le parti présidentiel à demander systématiquement des votes à scrutin public, procédure qui lui assure quasiment mécaniquement une majorité. Le président de groupe détient en effet l'ensemble des voix des absents et vote pour eux à moins d'une consigne expresse contraire.

Le PS a même exhorté les sénateurs UMP à venir en séance. "Même si vous avez le sentiment d'être pris pour des zozos, pour le peu de débat qui nous reste, il est essentiel qu'il y ait une majorité et une opposition" a lancé David Assouline.

La gauche a poursuivi son offensive en défendant longuement mais en vain six motions de procédure visant à renvoyer le texte en commission ou à le juger irrecevable.

La majorité sénatoriale a adopté un texte organique préalable qui modifie la Constitution afin de permettre la nomination du pdg de France télévision par un décret du président de la République. Un amendement de la commission des affaires culturelles proposant que les commissions du parlement qui doivent donner leur avis sur cette nomination puissent auditionner publiquement le candidat proposé par le président de la République, a été adopté.

L'adoption de ce texte organique préalable a été l'occasion de quelques échanges, le PS, le PCF et les Verts défendant des amendements de suppression de ce qu'ils considèrent comme "un déni de démocratie" "nuisant à l'indépendance des médias".

La véritable discussion sur ce sujet devrait venir plus tard lors de l'examen des articles de la réforme de l'audiovisuel détaillant notamment cette nomination et qui devraient arriver la semaine prochaine.

Le chef de file des sénateurs PS Jean-Pierre Bel a exprimé en marge du débat son espoir de "faire bouger les lignes" évoquant le "malaise" au sein de la majorité sur ce texte.

"Il y a un malaise dans les rangs de la majorité et chez les centristes, nous espérons que les bonnes consciences vont se manifester pour dire non à des dispositions qui sont tout à fait inadmissibles", a-t-il dit.

Les centristes réclament, contre leur soutien à cette réforme, notamment une hausse de la redevance télévisée.

Commenter cet article