Elections Européennes

Publié le par PRG

Euractiv le 28 Janvier 2009
Le mouvement est lancé. Depuis début janvier, tous les partis français, et en particulier ceux du centre et de droite, commencent sérieusement à se préoccuper des élections européennes. L’heure est en effet à la constitution des listes et au lancement des campagnes électorales.

UMP: premier sinon rien
Dans un communiqué diffusé le 27 janvier, Margie Sudre (UMP) a exclu absolument d’être candidate aux élections européennes si elle n'était pas tête de liste de la circonscription d’outre-mer. Cette région est en effet la seule pour laquelle l’ordre des candidats n’a pas été expressément précisé lors de la présentation des têtes de liste, le 24 janvier à la Mutualité (EurActiv.fr, 26/01/2008).
Mais selon Margie Sudre, qui préside la délégation des députés européens UMP du Parlement, l’Elysée s’apprête à placer en haut de la liste la Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, secrétaire nationale de l’UMP chargée de l’Outre-mer. Une décision qui aurait pour conséquence de reléguer Sudre à la troisième place, parité oblige, rendant son élection impossible. Le nouveau mode de scrutin des européennes outre-mer est en effet particulièrement complexe. Il prévoit une répartition de sièges entre sections dans l'ordre décroissant des voix obtenues par chacune des listes. Un système qui vise à éviter que les trois députés européens de la circonscription soient issus de la même région d'outre-mer, comme ce fut le cas en 2004.
«Si l’UMP n’a pas pas annoncé cette décision au conseil national, c’est parce qu’il y avait beaucoup d’élus d’Outre-mer dans la salle et qu’ils auraient été furieux de cette décision», souligne la députée européenne, qui s’insurge «contre le fait du prince».
Alain Lamassoure l’a dit clairement en marge du conseil national de l’UMP: pour lui non plus, pas question de se présenter aux européennes si c’est pour figurer en troisième de la liste de la région Sud-Ouest, derrière l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis. «Je n’ai plus l’âge des strapontins», avait-il expliqué à EurActiv.fr.

Le principal artisan du traité de Lisbonne envisage donc trois possibilités pour les mois à venir: la commission européenne, un poste au gouvernement ou l’ambassade de France à l’Onu, dont le poste est vacant et auquel Nicolas Sarkozy semble vouloir attacher un profil plus politique qu’auparavant. Son nom circule également pour remplacer le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Bruno Lemaire dès le mois de mai, date du prochain remaniement. En effet, l’ancien député de l’Eure ne cache pas sa volonté de s’investir en Normandie à l’occasion des élections régionales de 2010.

PRG: Quand Baylet est «choqué» par Bayrou

Dans un entretien au Figaro, le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, se dit «choqué» par le refus du MoDem de faire des listes communes avec lui. «Bayrou a fermé la porte de manière violente avant même que nous ayons pu en parler. Je le regrette», affirme le sénateur.
Alors qu’un rendez-vous était pourtant prévu entre les deux hommes le 30 janvier, un article publié par Le Figaro le lendemain de Noël a mis le feu aux poudres. Bayrou y affirme en effet avoir poliment décliné l’invitation du président du PRG. Mais Baylet dit ne pas avoir été prévenu de cette déclaration. Furieux, il annule le rendez-vous prévu avec le président du MoDem.
Les radicaux de gauche sont désormais dans une situation délicate. L’exécutif du parti étudie la possibilité de présenter des listes autonomes dans certaines régions, affirme-t-on dans l’entourage de Jean-Michel Baylet. Pourtant, l’hypothèse la plus probable reste un rapprochement avec le parti socialiste. «La logique serait, dans cette élection difficile parce que régionalisée, que nous fassions liste commune», déclare le sénateur du Tarn-et-Garonne. Mais pour l’instant, aucune rencontre n’est officiellement prévue.

MoDem: bataille interne dans l'Est

Du côté du MoDem, l’ancien directeur de l’hebdomadaire Marianne, Jean-François Kahn, se heurte à une forte résistance de Nathalie Griesbeck et Jean-Marie Beaupuy, les deux actuels députés européens MoDem de la circonscription de l’Est. L’entourage de l'un des deux députés promet que «rien n’est fixé pour le moment» et renvoit à la validation des listes par le bureau politique du MoDem, le 7 février.
De leur côté, les deux députés européens tentent d’imposer aux cadres du partis un ticket Griesbeck (n°1) - Beaupuy (n°2). Ce qui aurait pour effet de reléguer l’ancien directeur de Marianne à la quatrième place, le rendant presqu’automatiquement inéligible. En revanche, une tête de liste occupée par Jean-François Kahn impliquerait le passage de Jean-Marie Beaupuy en troisième position. Or, en 2004, le député européen avait été élu de justesse, occupant le dernier des dix sièges des eurodéputés de l’Est de la France. Et il est fort probable que le Grand Est voit le nombre de ses députés passer de dix à neuf, resserrant un peu plus l’étau autour de la liste MoDem.

Le Nouveau centre fait preuve de «pragmatisme»

Le Nouveau centre (NC) renonce quant à lui à présenter des listes autonomes dans toutes les régions. Le parti d’Hervé Morin, qui réunissait ses cadres le 27 janvier à Paris, mènera une campagne commune avec l’UMP. La réunion a été l’occasion de fixer un chef de file Nouveau centre dans chaque circonscription. Mais sur les huit sélectionnés tous ne figureront pas sur les listes à des places éligibles. «Demander un éligible par circonscriptions, ce n’est pas réaliste, souligne un cadre du parti. Surtout lorsque l’on sait qu’il y a seulement 17 députés européens UMP sortant.» L’objectif est donc de faire élire trois NC à Strasbourg.
«C’est une décision que je regrette», souligne la responsable des affaires européennes et eurodéputée Brigitte Fouré. «Nous aurions pu faire entendre notre voix très clairement. Mais c’est la ligne pragmatique qui l’a emportée.» En interne, on affirme volontiers que la plupart des militants n’approuve pas la fusion avec les listes de l’UMP.

Divisions en vue au FN

A l’extrême droite de l’échiquier politique, le Front national (FN) devrait être fortement divisé. Une liste frontiste dissidente sera par exemplee menée par Jean-Claude Martinez dans le Sud-Ouest. L'ancien vice-président du FN, veut également former dans toutes les régions des listes dissidentes, sous le nom de «Maison de la vie et de la liberté».

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