Européennes : les grandes manœuvres ont commencé sans le PRG

Publié le par PRG

Le Progrès
Article du samedi 14 février 2009

Européennes : les grandes manœuvres ont commencé

 

UMP, MoDem, Verts, FN et quelques autres ont déjà choisi leurs têtes de listes pour les élections du 7 juin où il faudra élire 13 députés dans la circonscription sud-est (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse)

 


A moins de quatre mois des élections européennes (le 7 juin en métropole, le 6 dans certains dom et tom), la situation se décante tout doucement dans un certain nombre de partis et mouvements politiques. L’UMP, le MoDem, Europe écologie, les Villieristes, les amis de Nicolas Dupont-Aignan, le Front National et les Verts ont choisi leurs têtes de listes et parfois les deux ou trois premiers pour l’ensemble des huit circonscriptions françaises. En revanche, la gauche socialiste et la gauche de la gauche sont encore en réflexion ou négociations.
Pour le Sud-Est (Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse), la première surprise est venue fin janvier de l’UMP. Etait attendu depuis des mois le Savoyard Michel Barnier comme « premier de cordée ». L’Elysée ayant décidé au dernier moment de faire « riper » celui-ci sur l’Ile-de-France, c’est la Stéphanoise et députée sortante Françoise Grossetête qui se trouve propulsée à sa place en Sud-Est. Du coup, avec Jean-Marie Le Pen qui comme prévu conduira la liste FN, avec Patrick Louis qui rempile également pour la liste Libertas des souverainistes, avec Jean-Luc Bennahmias qui a fini par arracher de haute lutte la première place du MoDem, on assiste un peu beaucoup à un remake de l’élection de 2004 avec les mêmes aux mêmes places (mais pas forcément la même étiquette, Jean-Luc Bennahmias ayant glissé des Verts au Modem).
Seules nouvelles têtes à ce jour : Michèle Rivasi, ancienne députée socialiste de la Drôme, qui conduira le vaste et hétéroclite rassemblement écologiste et la dernière annoncée en date, Michèle Vianes au nom de Debout la République de Nicolas Dupont-Aignan. La liste ne devrait pas être close car - sans même parler des mouvements attendus à gauche (lire ci-dessous) - si l’on se réfère au scrutin précédant, 22 listes briguèrent les suffrages des électeurs. On sait simplement qu’au moins trois têtes de listes de l’époque ne réapparaîtront pas : l’un est semi-retraité (Michel Rocard), un autre espère une quatrième place sur la liste UMP (Thierry Cornillet) et le troisième est en prison (Jean-Charles Marchiani).
Michel Rivet-Paturel

 

REPERES
> En France métropolitaine, le vote aura lieu le dimanche 7 juin.
> Du fait de l’élargissement à 27 Etats-membres, la représentation française passe de 78 à 72 députés.
Le territoire national est découpé en 8 circonscriptions (Ile-de -France, Nord, grand-Ouest, Sud-Ouest, Massif-central-centre, Sud-Est, grand-Est et outre-mer) qui élisent entre 3 et 13 parlementaires.
> Le scrutin est un scrutin de listes à la proportionnelle par circonscription. Les députés sont élus pour cinq ans.
> Le Parlement européen dispose d’un pouvoir budgétaire (il se prononce chaque année sur le budget présenté par le Conseil de l’Union européenne et a la maîtrise d’un certain nombre de dépenses dites « non obligatoires »). Il a un pouvoir législatif, dans un certain nombre de domaines, partagé avec le conseil de l’UE (il peut adopter directives et règlements). Enfin, il reçoit des pétitions de citoyens européens et peut nommer des commissions d’enquête.

 

Les candidats déclarés dans la région sud-est
Président-fondateur du FN, député européen et ancien député français, Jean-Marie Le Pen, 80 ans, avait déjà conduit la liste de son parti dans le Sud-Est aux élections européennes de 2004. Sa seconde de liste sera la Niçoise Lydia Schenardi.
Ancien secrétaire national des Verts (1997-2OO1), député européen depuis 2004, Jean-Luc Bennahmias, 54 ans, a, depuis, rejoint le MoDem dont il est vice-président national. Sa seconde de liste est la conseillère régionale de l’Ain, Fabienne Faure.
Députée européenne depuis 1994, Françoise Grossetête, 62 ans, a été adjointe au maire de Saint-Etienne et conseillère régionale Rhône-Alpes. Elle est également vice-présidente du groupe PPE au Parlement européen depuis 10 ans.
Elue verte de la Drôme - elle est actuellement adjointe au maire de Valence et vice-présidente du conseil général - Michèle Rivasi, 56 ans, fut de 1997 à 2002 députée PS. Son second de liste sera l’adjoint lyonnais Etienne Tête.
Professeur d’université de 53 ans, Patrick Louis est secrétaire général du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers. Député européen sortant, il est également conseiller communautaire du Grand-Lyon.

 

Grand-Est et Massif central : incertitudes
Remue-ménage à l’UMP dans le Grand-Est, la circonscription qui inclut le Jura : Jean-Pierre Soisson et Henri de Raincourt mènent la fronde contre la volonté de leur tête de liste Joseph Daul d’imposer Véronique Mathieu en numéro 2. « On ne l’a jamais vue sur le terrain », explique Jean-Pierre Soisson, qui menace d’une « révolte de la base des parlementaires ». Bien d’autres inconnues demeurent dans cette circonscription, en particulier et comme partout au PS. Seule certitude : le journaliste Jean-François Kahn conduira la liste du MoDem.
Dans le Massif central, circonscription de la Haute-Loire, les Verts ont tiré les premiers cette semaine. Et en fanfare, avec la venue à Clermont-Ferrand de Daniel Cohn-Bendit et de José Bové pour présenter la tête de liste d’Europe Écologie : Jean-Paul Besset, un Auvergnat né à Chamalières qui fut le rédacteur en chef de la revue Politis.
À l’UMP, la tête de liste est le sortant Jean-Pierre Audy, conseiller général de Corrèze. Brice Hortefeux figurera à la troisième place, rang où il n’est pas du tout certain d’être élu.
Au parti socialiste, qui compte trois sortants, la fédération du Puy-de-Dôme fait part d’une cinquantaine de candidats sur l’ensemble des trois régions. La sortante Catherine Guy-Quint a annoncé qu’elle se retirait après dix ans passés à Bruxelles.

 

Multiforme, la gauche de la gauche peine à faire alliance
Si la droite, l’extrême-droite et le centre sont à peu près en ordre de bataille pour les élections européennes, il en est tout autrement à gauche.
Côté socialiste évidemment, il y aura des listes autonomes dans chacune des huit régions mais comme d’habitude au PS ça discute et ferraille ferme pour déterminer les têtes de listes avec comme principe cardinal la répartition entre courants et plus précisément aujourd’hui entre direction majoritaire et royalistes.
C’est ainsi que certains noms tournent un peu partout en France - comme celui du sortant Vincent Peillon que l’on dit un jour dans le Nord, un autre jour dans le Sud-Est. Les radicaux de gauche, de leur côté, ne devraient pas faire alliance avec le PS et devraient du coup être absents de ce scrutin.
La situation la plus intéressante se trouve toutefois à la gauche du PS où tout peut arriver. Plusieurs acteurs sont en scène, notamment le tout nouveau NPA d’Olivier Besancenot, LO, le MRC de Jean-Pierre Chevènement, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, le PCF.
Ce dernier, en promouvant à l’automne le Front de gauche pour changer d’Europe - auquel s’est rallié depuis le PG - espère forcer la main à ses partenaires putatifs pour faire des listes communes. Un sondage donnait 14,5 % à une liste agrégeant tout le monde. Mais sondage ne faisant pas élection et les différences programmatiques entre les uns et les autres étant sensibles, tout le monde ne se fait pas apôtre d’une union à tout prix. Les deux partis trotskistes, NPA et LO, sont très réservés. Les amis d’Olivier Besançenot parlent aujourd’hui d’étudier la situation « cas par cas » c’est-à-dire circonscription par circonscription. La porte-parole de LO, Nathalie Arthaud, pour sa part, ne se dit fermée à aucune hypothèse mais ne semble pas vraiment croire à un accord. Quant au tout petit MRC, il feint même de croire encore possible « des listes communes de toute la gauche ».
M.R-P

 

Publié dans article sur le PRG

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S
La Honte.Ce serait la honte pour les radicaux de gauche si nous étions la seule formation politique française a ne pas avoir de candidats à l'élection européenne.Si cela devait se confirmer,le PRG n'aurait plus aucune crédibilité pour parler d'Europe et le travail de Maurice Faure aura finalement été totalement inutile.Espèrons de nos instances un sursaut d'orgueil,il est encore temps.
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