Dominique Orliac Députée PRG critique la durée maximale de trois semaines fixée par la loi (fin de vie)

Publié le par PRG

La Croix le 18 Février 2009

 

Dominique orliac


L'allocation de fin de vie a été adoptée à l'unanimité.

Versée aux personnes accompagnant à domicile un proche mourant, elle devrait s'élever à 49 euros.

A peine deux heures de débats et un vote à l'unanimité: c'est dans un climat consensuel qu'a été adoptée hier à l' Assemblée Nationale, la proposition de loi créant une " allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie "Cosignée par quatre députés, venus de tous les bords politiques, cette nouvelle allocation a été saluée comme une avancée améliorant la condidtion de ceux qui accompagnent, dans ses derniers instants, un proche mourant.

Il existait certes déjà un "congé de solidarité familiale de trois mois ( renouvelable une fois), mais celui-ci ne s'adressait qu'aux salariés et surtout n' était pas rémunéré.
Désormais, il sera possible pour les salariés du privé mais aussi pour les travailleurs indépendants d'interrompre leur activité professionelle et de toucher 49 euros par jour (pendant trois semaines maximum et financés par l' assurance maladie)"pour accompagner à domicile un patient en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable qu'elle qu'en soit la cause"
Pour cela, présie la proposition de loi, il faudra être "un ascendant, descendant,  un frère, une soeur ou une personne partageant le domicile du patient"
"C'est un texte de civilisation" a estimé hier, la ministre de la santé, RoselyneBachelot, resituant "l'homme dans son parcours de dignité"
Dans l'hémicicle, la plupart des élus présents une vingtaine ont insisté sur la portée du texte.
"Loi après loi, nous sortons la mort du silence et du vide" a souligné Gaétan Gorce (PS Nièvre), en référence aux travaux parlementaires qui ont commencé avec l' affaire Humbert en 2003 et notamment, abouti à la loi su 22 avril 2005.
Pour Jean Leonetti (UMP, Alpes Maritimes),le texte examiné hier est une reconnaissance de l' accompagnant, de sa place et de son rôle dans la chaîne du prendre soin.
La fin de la vie a -t'il noté, n'est pas dénuée de sens, c'est le temps de l' essentiel, du pardon, des aveux, de la réconcilaition" pour "celui qui s'en va" mais aussi pour "ceux qui restent".
Pour autant ont indiqué nombre d'élus, l'allocation de fin de vie ne saurait être qu'une étape.

Bertrand Perrut (UMP Rhône), rapporteur de la commission des affaires sociales, a fait valoir qu'il faudrait à l'avenir soutenir aussi les personnes qui accompagnent leurs proches à l'hopital.

Comment prendre en compte ceux "qui n'ont pas d'autre alternative"a renchéri Michel Vares.

De même, plusieurs députés ont insisté sur le dévelopement des soins palliatifs à domicile pour que l' allocation ait un sens et répondre au souhait des trois quarts des français de mourir chez eux ( alors qu'aujourd'hui, à l'inverse les trois quart meurent à l'hopital.

D'autres enfin, ont critiqué la durée maximale de trois semaines fixée par la loi, en remarquant comme Dominique Orliac ( radicaux de gauche, Lot) qu"on ne peux pas dater la mort".

Cette dernière est montée à la tribune pour regrettre que soit écarté un débat sur l'"aide active à mourrir".
"Cette proposition de loi est une bonne initiative, les radicaux de gauche l'approuvent" mais l'allocation ne résoudra pas, selon elle, les questions de vie.

Un regret également exprimé  par les élus UMP Henriette Martinez (Hautes Alpes) et André Wojciechowski( Moselle), sans toutefois que la discussion d'hier ne tourne à l' affrontement entre pro et anti-euthanasie.

Adoptée avec le soutien de tous les les groupes parlementaires,"l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie" devrait concerner entre 20 000 et 30 000 personne par an, d'après les projections du ministère de la santé.

La proposition de loi doit maintenant être adoptée par le Sénat.

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Michel Cavallier 21/02/2009 09:19

Dominique Orliac a raison quand elle dit que cette loi ne règle en rien la question de la mort dans la dignité. Je pense qu'une majorité de parlementaires pense ainsi pouvoir échapper au débat sur cette question ils se trompent. Ce débat est un débat de société essentiel parce qu'il est au coeur de la vie et du respect des êtres humains. Pouvoir maîtriser sa mort c'est donner jusqu'au bout un sens à sa vie. C'est pour ça que cette question est importante.