Manifestations de soutien en métropole avec C Taubira et Firmine Richard élue du 19è arrondissement et ancienne candidate PRG aux élections européennes

Publié le par PRG


PARIS, 21 février 2009 (AFP) - A Paris et dans plusieurs villes de métropole, des milliers de personnes ont manifesté samedi leur solidarité "avec les mouvements initiés en Guadeloupe contre la vie chère" alors que la situation sur place, après un mois de blocage par la grève, était à l'accalmie.

Les négociations entre le Collectif contre l'exploitation (LKP), le patronat et l'Etat ont été suspendues vendredi soir et reprendront lundi à 11H00 locales (16H00 à Paris).

Le leader du LKP, Elie Domota, a jugé les propositions du patronat "largement insuffisantes" avec une augmentation salariale de 50 à 70 euros au lieu des 200 euros réclamés, mais affirmé qu'il y avait "la volonté de faire mieux" côté patronal.

Sur l'île, la vie quotidienne reprenait peu à peu un cours normal samedi, avec la réouverture de certains commerces, dont des grandes surfaces. Selon la préfecture, les deux derniers barrages étaient en cours de démantèlement.

Sur plusieurs routes, les cocotiers et autres débris qui entravaient la circulation ont commencé à être dégagés.

De longues files d'attente étaient observées devant les stations-services ouvertes.

Dimanche auront lieu les obsèques du syndicaliste Jacques Bino, tué par balle en début de semaine. Le Premier ministre François Fillon avait déclaré jeudi qu'il s'agissait d'un "crime commis par des délinquants".

L'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, arrivée samedi, doit assister à la cérémonie religieuse. Elle a appelé à l'Etat, qui a "abandonné" les Antilles, à trouver des "solutions" à la crise. L'UMP l'a accusé de "récupération politicienne".

En marge de l'inauguration du salon de l'agriculture samedi à Paris, Nicolas Sarkozy a estimé que "le paroxysme de la crise" en Guadeloupe était "peut-être derrière nous" mais il "reste beaucoup à faire".

En métropole, de nombreuses manifestations de soutien ont eu lieu dans l'après-midi, comme à Nantes (700 personnes), Marseille, Toulouse, Lyon, Lille, Rennes, Limoges et Strasbourg.

La plus importante s'est déroulée à Paris où de 10.000 (police) à 30.000 personnes (organisateurs), la plupart d'origine antillaise, ont défilé de République à Nation à l'appel du collectif "Continuité Liyannaj kont Pwofitasyon" (LKP), soutenu par des syndicats et des partis de gauche.

Les personnalités politiques, en milieu de cortège, semblaient vouloir rester discrètes. Figuraient notamment, en ordre dispersé, Harlem Désir (PS), Denis Baupin (Verts), Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud (LO), Alain Krivine (NPA), suivis des cortèges du PCF, de la CGT, CFDT et Sud.

La députée de Guyane, Christiane Taubira (PRG), était également présente au côté de la comédienne guadeloupéenne Firmine Richard.

"Il faut qu'à la reprise des négociations, le gouvernement apporte des réponses claires et non pas floues sur l'augmentation de 200 euros des salaires et les revendications sur les prix", a déclaré à l'AFP M. Désir.

Pariant sur l'effet de contagion, comme Olivier Besancenot (NPA) actuellement en Guadeloupe, Mme Arthaud a estimé que "si un mouvement aussi puissant se produisait en métropole, le gouvernement serait forcé de reculer".

Les manifestants ont alterné chants créoles et slogans, le poing levé, reprenant en choeur "c'est fini la colonisation" et brandissant des pancartes: "200 euros ici aussi, yes we can", "la vie est chère sous les cocotiers".

Beaucoup de manifestants dénonçaient l'emprise des békés (descendants de colons blancs) outre-mer. Pour la Martiniquaise Martine Charles-Angèle, "l'apartheid, c'est pas qu'une idée aux Antilles".

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