Sarkozy dans le camp de Balladur sur les régions

Publié le par PRG

TF1 le 26 Février 2009

régions balladur
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Crédit Photo : TF1-LCI

 


Face aux critiques contre le rapport Balladur préconisant notamment la réduction du nombre de régions de 22 à 15, le président a pris position avant même la présentation des propositions le 5 mars.

  • Sur TF1 mercredi soir, Edouard Balladur a invoqué le volontariat pour calmer les inquiétudes des élus sur la réduction du nombre de régions de 22 à 15.


> Invité du 20h - Balladur : ''des idées fausses'' sur le redécoupage

Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi sa préférence pour un rapprochement entre régions et départements avant même la publication du rapport Balladur, censée se faire le 5 mars. L'idée figure parmi les vingt propositions du comité chargé de réfléchir à la réforme des collectivités locales, dont Pierre Mauroy s'est désolidarisé en dénonçant une "arrière-pensée politique". Le rapport préconise entre autres la création de "conseillers territoriaux" qui remplaceraient les conseillers généraux et régionaux. Il recommande également la réduction du nombre de régions de 22 à 15 afin qu'elles atteignent une taille proche de celles des autres pays européens. Chiffre qu'Edouard Balladur a démenti mercredi soir au JT de TF1, dénonçant les "bobards" répétés qui courent sur son rapport.
 
"Il ne s'agit pas de faire disparaître une région, de faire disparaître un département, il s'agit de réfléchir sur comment on peut garder l'identité d'un département ou d'une région en rapprochant les choses", a déclaré
Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement dans l'Ain consacré à la filière automobile. "Il faut mettre un petit peu d'ordre", a de nouveau plaidé le président, partisan d'une simplification du "mille-feuilles" administratif. La réduction du nombre de régions, "ce sera par voie volontaire, il n'est pas question de l'imposer", a assuré l'ancien Premier ministre Edouard Balladur. "Je ne veux pas me prononcer sur lesquels, ce n'est pas mon affaire, ce n'est pas l'affaire du comité", a-t-il dit, comme les révélations du rapport provoquaient une levée de bouclier en Picardie, où l'on redoute de voir livrer les départements de l'Oise à l'Ile-de-France, la Somme au Nord-Pas-de-Calais, et l'Aisne à la Champagne-Ardenne.
 
Les réactions pleuvent
     
Reprenant l'expression du président, l'ancien premier secrétaire du PS François Hollande a jugé que la commission Balladur, en voulant se débarrasser du "mille feuilles administratif" français a finalement réalisé "un pudding", "indigeste" et "immangeable". Elisabeth Guigou, secrétaire nationale du PS à la réforme de l'État, s'est réjouie jeudi que
Pierre Mauroy "se soit désolidarisé" des conclusions du comité Balladur "sur plusieurs points" sur lesquels le PS émettait "d'expresses réserves". Pierre Mauroy et André Vallini ont en effet voté contre quatre des vingt propositions, notamment sur le mode d'élection des futurs conseillers territoriaux et le Grand Paris. André Vallini, l'autre membre socialiste du comité Balladur, a également rejeté les "réactions un peu passionnelles" déclenchées par le rapport, à gauche comme à droite.

Le ministre du Travail Brice Hortefeux a recommandé mercredi la plus grande prudence sur ces questions et préconisé que la population soit consultée. Le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, a également prôné l'organisation d'un référendum et s'est déclaré opposé a priori à la fusion entre Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur. Mardi, le Parti socialiste a condamné par avance le rapport Balladur dans lequel il voit une "formidable régression" à visée électoraliste à l'heure où la gauche est aux commandes de la quasi-totalité des régions et d'une majorité des départements. Lors d'une conférence de presse, Ségolène Royal a réclamé une "démarche participative" afin que la réforme se fasse de manière "apaisée". 
 
Parmi les autres réactions, pour Alain Rousset, président PS de l'Association des
régions de France (ARF) et de la région Aquitaine, le problème des régions n'est "pas la taille" mais les moyens dont elles disposent. Le président du Parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet a estimé que les propositions du comité Balladur étaient "stupides" et "créeraient encore davantage de complexité". Enfin le président socialiste du Conseil général de l'Hérault André Vezinhet a mis en garde contre une remise en question de la compétence générale des départements.

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