Européenne: Le PS paufine ses listes.

Publié le par PRG

PARIS, 27 février 2009 (AFP) - Le Parti socialiste peaufine ses listes pour les européennes de juin, qui doivent répondre à de stricts critères imposés par Martine Aubry, tout en reflétant le rapport de forces issu du Congrès de Reims.

Le Bureau national du PS s'est réuni vendredi après une ultime "commission électorale nationale" pour proposer ces listes, qui seront soumises samedi au Conseil national ("Parlement" du Parti).

Ce dernier devait les adopter à huis clos -fait rare- avant un vote des adhérents le 12 mars.

Les listes devaient refléter les critères prônés par la première secrétaire Aubry --rénovation, diversité, non-cumul de mandats, parité--, mais comme le confie un responsable, "il y aura beaucoup de grincements, de pleurs et de sang".

"Il y a plusieurs centaines de candidats, et une centaine de départements. Ca crée des tensions, sauf à l'UMP où Sarkozy fait les listes. C'est pas dans nos moeurs", s'amuse un autre.

En 2004, le PS avait atteint 28,9%, son meilleur score depuis la création des européennes en 1979, obtenant 31 des 78 eurodéputés français. Leur nombre total n'étant plus que de 72, les socialistes tablent sur quelque 23 à 24 députés.

En moyenne, trois socialistes devraient être élus dans chacune des 7 régions de métropole.

Autre casse-tête: les listes doivent reflèter le rapport de forces interne. Les tenants de la motion Delanoë (25,2%) revendiquaient 6 places éligibles, ceux de Benoît Hamon (18,5%) 4, les royalistes arrivés en tête (29%) 7 à 8.

"C'est un équilibre national, un troc et les grands équilibres entre les motions seront respectées, et comme on ne peut pas les respecter région par région, il y a des compensations", confiait un eurodéputé sortant.

Ainsi, Vincent Peillon, eurodéputé proche de Ségolène Royal, et figure du courant L'Espoir à gauche, devrait migrer vers le Sud-Est, où il dirigerait la liste.

M. Peillon, ancien député de la Somme, avait été élu en 2004 dans le Nord-Ouest. Malgré l'unité retrouvée entre royalistes et aubrystes, on n'oublie pas dans le fief de la maire de Lille qu'il avait menacé de saisir les tribunaux pour contester la défaite de sa championne au congrès.

En Ile-de-France, le problème a été tranché: le delanoïste Harlem Désir, mènera la liste, le porte-parole du Parti Benoît Hamon qui lui avait disputé la place étant en 3ème position. Entre les deux: l'autre eurodéputée Pervenche Bérès (motion Aubry). L'ancien ministre strauss-kahnien Alain Richard serait sur la liste.

Autre acquis: dans le Sud-Ouest, le sortant Kader Arif (motion Delanoë) mènera la bataille, suivi de l'autre eurodéputée Françoise Castex (hamoniste).

Dans le Nord-Ouest, comme prévu, Gilles Pargneaux, premier fédéral du Nord, devrait diriger la liste, suivi de Laurence Rossignol, secrétaire nationale et Jean-Louis Cottigny, eurodéputé sortant.

Dans le centre, la tête pourrait revenir à l'eurodéputé fabiusien Henri Weber, devant le président de la région Limousin Jean-Paul Denanot (sortant) et Karine Gloanec, secrétaire nationale adjointe.

L'ex-ministre Catherine Trautmann devrait conduire l'Est, devant la députée royaliste Aurélie Filippetti et le hamoniste Liem Hoang Ngoc.

Dans l'Ouest, sont pressentis les sortants Stephane Le Foll (delanoïste) et Bernardette Vergnaud (royaliste).

Dans le Sud-Est, outre M. Peillon, pourrait apparaître une personnalité de la diversité Karim Zeribi, qui dirige les transports de Marseille, proche du puissant Jean-Noël Guérini, et la jospiniste Sylvie Guillaume.

Neuf jours après le vote des adhérents, une convention nationale, le 21 mars, doit lancer la campagne.

Publié dans dépêche PS

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