Les députés et sénateurs PRG gersois se sont associés, hier, pour rencontrer le ministre Patrick Devedjian

Publié le par PRG


Sud Ouest le 3 Mars 2009
U
ne alliance à la relance

À l'hôtel de Cassini, hier matin, les parlementaires se sont entretenus une heure et demi (Photo D. R.)
À l'hôtel de Cassini, hier matin, les parlementaires se sont entretenus une heure et demi (Photo D. R.)


Une entente cordiale pour l'avenir du département. Les parlementaires gersois se sont donc bien retrouvés, hier matin, dans un café du septième arrondissement de Paris pour ensuite gagner l'hôtel de Cassini, rue de Babylone et les bureaux boisés du ministre de la Relance économique, où les attendait Patrick Devedjian. Un rendez-vous arraché après deux semaines de sollicitations afin de réclamer l'aide du gouvernement dans des projets cruciaux pour le Gers.


La RN 124, gros dossier

Au cours de cette entrevue d'une heure et demie, il fut particulièrement question de la RN 124. Les députés et sénateurs, qui s'étaient déjà réunis en décembre dernier, écrivant au final un mémorandum commun, en ont évidemment fait leur grand cheval de bataille.

« Je lui ai fait un rappel historique des retards, explique notamment le socialiste Philippe Martin. Cet équipement aurait dû être finalisé il y a des années [...]. Au final, il s'est engagé moralement à tout faire pour mobiliser des financements supplémentaires dès cette année. »

Quelques heures après la rencontre, les quatre parlementaires ont finalement choisi de rédiger un communiqué commun. « À la satisfaction des élus gersois, Patrick Devedjian a redit qu'il ''considérait le dossier de la RN 124'' comme étant ''bien une priorité du Gers'' », précisent-ils.

Sur le plan comptable, un peu de concret et beaucoup d'espoirs. Le ministre a bien confirmé que l'État financerait le chantier de la route nationale à hauteur de 12,7 millions d'euros en 2009 (4 du plan de relance et 8,7 actés). Le Conseil général étant prêt à mettre sur la table 3 millions supplémentaires, si la Région suit, il resterait une vingtaine de millions pour boucler le tronçon Auch-Aubiet. Les parlementaires comptent maintenant sur le gouvernement pour aider les collectivités locales dans ce dossier.


L'escalier monumental

Outre la RN 124, Patrick Devedjian a « fait une ouverture à propos de l'escalier monumental d'Auch », en affectant la totalité des crédits d'État prévus sur trois ans (352 000 euros) dès 2009. Le projet archéologique et touristique élusate et les centrales photovoltaïques de Saint-Clar, Miradoux et Montréal ont également été abordés. « Certains projets photovoltaïques bloquent à cause des coûts de raccordement avec ERDF. Nous avons donc sollicité le soutien du ministre pour faciliter leur concrétisation », précise Raymond Vall.

Le sénateur PRG qui fut à l'origine de cette entrevue avec son collègue valoisien Aymeri de Montesquiou, a également souligné l'importance de l'union parlementaire gersoise affichée hier : « Le ministre a apprécié que nous soyons présents tous les quatre. Cette volonté de se battre ensemble peut vraiment être bénéfique pour le Gers. »

Hier soir, Philippe Martin se disait prêt à continuer l'aventure à quatre si besoin : « Cette alliance aurait pu se fracasser après l'annonce du plan de relance qui nous a tous déçu. Ce rendez-vous nous a permis de tenir encore. Tant que l'intérêt général du Gers en profitera, cela vaut le coup de mettre nos inimitiés de côté. »

Les parlementaires doivent désormais plancher ces prochaines heures, sur différentes notes à envoyer à Patrick Devedjian. Mais il faudra attendre certainement plusieurs semaines avant de constater si cette alliance a vraiment porté ses fruits.


L'u
nion sacrée ?

commentaire L'épisode n'est pas anodin. Les quatre parlementaires gersois, deux radicaux et deux PS, main dans la main, dans le bureau du ministre UMP Patrick Devedjian, qui y aurait cru en début de semaine dernière ?

Rappelez-vous la campagne pour les élections sénatoriales, lorsque les uns et les autres brandissaient des promesses écrites, des réponses ministérielles concernant l'avenir de la RN 124. Puis plus rien. Ou plutôt si, une grosse surprise sous la forme d'une défaite des socialistes, qui rêvaient déjà du Palais du Luxembourg, face aux radicaux.

Un épisode qui n'a pas réchauffé les relations entre Philippe Martin et Aymeri de Montesquiou, qui profitent de chaque estrade publique pour sortir la rapière.

Mais voilà que l'intérêt du Gers est la seule lame que les parlementaires, enfants (ou cousins) de D'Artagnan, osent aujourd'hui se lancer. Un incroyable retournement de situation. Ou plus exactement, un formidable travail en coulisse , salué par le ministre lui-même qui n'a pas hésité à souligner « l'originalité » de la démarche du quatuor gersois enfin décidé à jouer à l'unisson.

Sourire aux lèvres, les plus attentifs de la politique locale se réjouiront d'une telle volonté commune un an après des élections souvent musclées dans les vallons gersois et quelques mois avant un nouveau rendez-vous, avec la Région cette fois, pour lequel il sera intéressant d'observer si socialistes et radicaux interprètent toujours la même partition.

Ph. C.

 

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