Les militants sont appelés à voter ce soir pour ou contre les listes socialistes aux européennes

Publié le par PRG


Le Progrès le 12 Mars 2009

Les militants sont appelés à voter ce soir pour ou contre les listes socialistes aux européennes

Sans cesse sur le métier il faut remettre l'ouvrage. Ce pourrait être une nouvelle devise du Parti socialiste qui, trois mois après la pénible élection de sa Première secrétaire et des patrons des fédérations, est confronté aujourd'hui à un référendum interne pour ou contre ses listes de candidats aux élections européennes. Les tenants du oui et les nonistes vont s'affronter sur le thème de l'Europe, sauf que la constitution européenne de VGE n'est plus l'enjeu.

Comme d'habitude au PS, cette élection interne prend des allures de psychodrame. Alors qu'il n'avait pas lieu d'être, après le retour au bercail en février d'une dizaine de Royalistes désormais membres du gouvernement du parti.

C'est le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb qui a mis les pieds dans le plat en dénonçant des « méthodes de désignations (des candidats au Parlement européen. N.D.L.R.) contestables » et « d'un autre temps » (lire ci-dessous). Face aux « félons » l'appareil socialiste s'est mis en branle, pas décidé à se laisser manger la laine sur le dos. Cambadélis a été le premier à tirer sur le « carteron d'élus », Montebourg a qualifié leur pétition de « misérable » et « pathétique », Aubry a embrayé hier, remettant les pendules à l'heure sur le thème : « toutes les sensibilités sont représentées » sur les listes aux Européennes. Alors que « la rénovation de nos pratiques n'a pas commencé », il fallait « préserver l'essentiel du rassemblement, à savoir donner à chaque courant du Parti socialiste son dû à la proportionnelle » a commenté pour sa part François Rebsamen, même si « ici où là », cela peut « provoquer des réactions quelque peu épidermiques ». Plus emblématique, Ségolène Royal, à la tête du courant d'où sont issus la plupart des frondeurs, a déclaré hier matin sur France Inter : « Il y a quelque chose d'indécent à mettre en avant ces dissensions sur la constitution des listes par rapport aux difficultés que nous vivons ». La Madone du PS parlait de la crise économique. Son discours est donc désormais celui-ci : « Il y a une patronne au PS, c'est Martine Aubry, moi j'ai pris du retrait par rapport à la constitution des listes parce que ce n'est pas mon rôle ».

Quelles pourraient être les conséquences de cette nouvelle division ? D'abord - mais c'est là tout le vain espoir des opposants - le risque que des listes soient rejetées ce jeudi soir. Ce pourrait être le cas dans une seule région, le Centre, où a été parachuté le fabiusien Henri Weber. Ce serait alors une première au PS. Le risque est en revanche inexistant dans le Sud-Est où a atterri comme tête de liste le Royaliste Vincent Peillon. Tout simplement parce que la principale fédération, celle des Bouches-du-Rhône est dirigée d'une main de fer par un des porte flingue de l'euro-député sortant, le Marseillais Jean-René Guérini. D'autres risques demeurent, moins immédiats : une abstention record en juin et un éparpillement des voix socialistes vers les listes de Daniel Cohn-Bendit, Olivier Besancenot, du Front de gauche et du… Modem. Tous les socialistes ont encore le souvenir de la cuisante défaite de Michel Rocard en 1994, battu par Bernard Tapie. La liste de l'homme d'affaires étiquetée Radical de Gauche avait fait jeu égal avec celle de l'ancien Premier ministre.

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