OTAN: Fin d'un consensus pour Gérard Charasse président du sous groupe PRG à l' Assemblée Nationale

Publié le par PRG

PARIS, 17 mars 2009 (AFP) - Le débat, sans suspense à l'Assemblée nationale où la majorité a largement voté la confiance au gouvernement, a servi mardi d'ultime tribune aux opposants, de gauche et de droite, à un retour complet de la France dans l'Otan.

Mobilisé autour de ses deux anciens Premiers ministres, Lionel Jospin et Laurent Fabius, le PS a dénoncé haut et fort "la rupture avec un vieux consensus gauche-droite" en matière de défense.

"Nous pouvons rester amis avec les Américains sans leur être subordonnés", a jugé M. Jospin, venu pour l'occasion au Palais-Bourbon tenir une conférence de presse avec M. Fabius et la patronne du parti, Martine Aubry.

M. Fabius a quant à lui condamné "les avantages illusoires et les risques bien réels". Des arguments ensuite longuement développés dans son intervention à la tribune de l'Assemblée.

Constatant que l'Otan était le seul sujet "sur lequel "existait un consensus" droite gauche, il a accusé M. Fillon "de faire en sorte qu'il ne puisse plus exister".

"Vous dites que le débat est décisif, mais la décision a été prise la semaine dernière", a-t-il lancé, en renvoyant le Premier ministre à ses "contradictions". Le débat sur l'Otan a en effet été programmé une semaine après l'annonce du retour par M. Sarkozy.

"Cela portera tort à l'influence de la France", a-t-il dit en exigeant que "chaque année, le Parlement soit saisi d'un rapport disant ce que nous aura coûté la décision".

Auparavant, Elisabeth Guigou avait craint que la France lâche "sans aucune contrepartie la proie pour l'ombre".

Des accusations reprises comme en écho, à droite, par François Bayrou (MoDem) qui avait préféré les couloirs de l'Assemblée à l'hémicycle pour s'exprimer. "Je vais voter non. Je considère que la France abandonne là quelque chose d'infiniment précieux qui était le signe de son indépendance. Contre quoi? Rien".

Même refus du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la République), pour qui la majorité va "payer très cher" cette décision. "Comment imaginer que l'on puisse créer une Europe de la défense indépendante en devenant la succursale des Etats-Unis d'Amérique?", a lancé l'ex-UMP.

Les deux députés villiéristes (MPF) ont eux aussi voté contre car cela "brise les chances d’une défense européenne autonome et le rôle d'arbitre de la France".

Au sein de l'UMP, en revanche, la grande partie des opposants refusaient de franchir le Rubicon: "nous sommes des dizaines à ne pas être d'accord (...) On ne peut voter contre. La seule manière d'exprimer (notre désaccord), c'est de ne pas prendre part au vote", a regretté M. Goulard dans les couloirs. 9 d'entre eux n'ont pas pris part au vote mais un seul, Franck Marlin, a voté contre.

Mais c'est le chiraquien François Baroin qui a créé la surprise en exprimant clairement à la tribune ses "regrets" et le "risque de briser un consensus" droite-gauche. Comme M. Fabius, il a demandé "des clauses de rendez-vous" sur cette décision.

Après lui, Gérard Charasse (PRG) a déploré "la fin d'un consensus" et Jean-Paul Lecoq (PCF) un "débat caution" destiné à masquer "les critiques y compris au sein de la majorité". A gauche, le rejet a été unanime.

Publié dans dépêche sur le PRG

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