Les radicaux divisés sur les européennes

Publié le par PRG

Sud Ouest le 29 Mars 2009

LA ROCHELLE. Hier, la convention a tourné à la foire d'empoigne entre les partisans et les adversaires de la candidature du PRG

C'est à croire que le microclimat rochelais provoque la tempête dès lors qu'un parti politique décide de venir y présenter ses civilités. Sept mois après le fiasco de l'université d'été socialiste, la convention nationale du Parti radical de gauche (PRG) vient ainsi de tourner à la foire d'empoigne entre les partisans d'une candidature solitaire aux européennes et ceux qui, à l'inverse, souhaitent passer leur tour en attendant 2012. Au terme d'une nuit d'insomnies conspiratrices et d'un comité directeur particulièrement agité, un vote a donc dû être organisé hier matin pour les départager. Et le résultat est à la hauteur de l'indécision des troupes de Jean-Michel Baylet. Par 212 voix contre 92, les délégués ont finalement décidé de ne rien décider. En somme, les fédérations volontaires partiront au combat tandis que les autres seront libres de déclarer forfait.

« Troublant et malveillant »

Après l'échec des négociations avec le PS et la fin de non-recevoir signifiée par François Bayrou, le PRG ne sera donc pas présent dans chacune des huit super-régions. « Le coût financier d'une telle campagne n'est pas négligeable, et le fait qu'un éventuel mauvais score puisse compromettre de futures alliances n'est pas extraordinaire non plus », avait auparavant averti Jean-Michel Baylet. « Je continuerai à parler avec Bayrou, surtout s'il reste sur cette ligne très opposée à Sarkozy, mais le PS reste notre véritable allié. Sauf que Martine Aubry ne nous a proposé qu'une seule place éligible. J'en voulais deux, ce n'était pas acceptable. »

Pas acceptable non plus que le PRG renonce à défendre ses convictions européennes, ont hurlé hier les dissidents, persuadés qu'un parti qui ne se présente pas aux élections ne vaut guère mieux qu'une amicale d'élus locaux. « Cette non-position officielle est troublante et malveillante », ne décolère pas Thierry Braillard, vice-président de la Région Rhône-Alpes. Tout aussi radical, Guillaume Lacroix dénonce une « unité de façade » autour d'un « pseudocompromis » orchestré par Baylet. « Soit on y va, soit on n'y va pas, mais là ça tourne au déni de parti. Comment laisser les élus locaux décider seuls de ce qu'ils veulent sur leur territoire pour une élection qui reste nationale ? »

Le 8 avril, à Paris, un ultime comité directeur devrait désigner les régions candidates. Si le Sud-Est asemble déjà en ordre de bataille, le Sud-Ouest, en revanche, fera l'impasse. « C'est dans ce secteur, où d'autres échéances importantes nous attendent, que j'ai senti le moins d'envie d'aller au combat », admet Jean-Michel Baylet. Quant aux Charentais-Maritimes, ils auront beaucoup de mal ce week-end à trouver un terrain d'entente avec leurs lointains voisins bretons. « Mais le vrai scandale de ces européennes, c'est que les socialistes, d'abord, avec Jospin, et l'UMP, ensuite, se soient entendus pour éradiquer les petits partis en tripatouillant la carte de France », regrettait une fois de plus le patron des radicaux, hier soir. Avant, justement, de retrouver Lionel Jospin dès ce matin, lors de l'hommage qui sera rendu à Michel Crépeau, l'ancien député-maire radical de La Rochelle, décédé en pleine séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale, il y a tout juste dix ans.

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