Des primaires pour 2012 avec le PRG ?

Publié le par PRG

Les échos le 30 Mars 2009

Les socialistes sont en train de changer de doctrine pour désigner leur candidat à la présidentielle de 2012. L'organisation de primaires ouvertes aux sympathisants, que réclament les partisans de Ségolène Royal depuis le congrès de Reims, fait son chemin au sein de la nouvelle direction du parti. Revenant d'un séjour aux Etats-Unis où il a étudié la campagne de Barack Obama, Arnaud Montebourg, secrétaire national chargé de la rénovation, et Olivier Ferrand, président de Terra Nova, un « think tank » proche du PS, ont rédigé un « rapport de mission » très favorable.

Ce rapport de 9 pages, que « Les Echos » se sont procuré, préconise de confier aux sympathisants socialistes et non plus aux seuls adhérents le soin de choisir leur candidat, comme cela s'est fait aux Etats-Unis, en Italie ou en Grèce. Le succès de Barack Obama, largement conditionné par la dynamique des primaires démocrates, sert de modèle. Un tel mode de désignation permettrait de « reconstruire une relation avec le peuple de gauche en mobilisant 4 millions de personnes, assure Arnaud Montebourg. Je ne dirais pas que l'ensemble du parti est convaincu à ce stade. Mais chacun a conscience du retard stratégique de la gauche par rapport à l'UMP qui a fusionné toutes les droites, alors que nous sommes encore divisés en interne et totalement émiettés au niveau de l'ensemble de la gauche ».

Opposition des « jospinistes »
Ce plaidoyer semble porter. Si les « royalistes » de même que les « strauss-kahniens » sont convaincus depuis longtemps, Martine Aubry, qui n'y était pas a priori favorable, a demandé la création d'un groupe de travail. Au PS, d'aucuns estiment que les sondages, qui pour le moment sont plus favorables à la première secrétaire qu'à sa rivale du Poitou-Charentes, ne sont pas pour rien dans l'évolution de sa position... Longtemps opposés à ce mode de désignation qui risque de déposséder les militants, Benoît Hamon, Laurent Fabius et Bertrand Delanoë semblent désormais plus ouverts. Mais ce ne serait pas le cas de François Hollande et des « jospinistes ». « Convaincre chacun, c'est mon travail de dentellière ! » ironise Arnaud Montebourg.

Convaincre les partis « frères »
Pour le député de Saône-et-Loire, des primaires ouvertes permettraient de reconstruire l'unité du PS d'abord, puis de toute la gauche ensuite. Elles pourraient fonctionner comme un fusil à deux coups : le premier pour mettre tous les socialistes d'accord et le second, pour proposer aux partis « frères » (PCF, Verts, Parti de gauche, Parti radical de gauche) de participer à des primaires de toute la gauche. Bien entendu le candidat socialiste s'imposerait. « Mais, que vaut-il mieux pour les autres, atteindre 5 ou 10 % dans une primaire de la gauche ou faire 2 % ou 6 % au premier tour de l'élection présidentielle ? D'autant que cela risque de barrer la route à un candidat de gauche au second tour », explique un autre membre de la direction du PS. Reste, sur ce point, qu'il sera sans doute plus difficile de convaincre les partis « frères » que de mettre d'accord toutes les sensibilités du PS. « Si nous retrouvons une force attractive, nous parviendrons à les convaincre », assure Arnaud Montebourg. En tout cas, les sympathisants de gauche, eux, le sont déjà : 68 % d'entre eux souhaitent des « primaires ouvertes », selon un sondage Ifop publié le 15 mars par « Le Journal du dimanche ».

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