Dans deux mois, des européennes en forme de nouveau test pour Sarkozy

Publié le par PRG

PARIS, 5 avril 2009 (AFP) - A deux mois des élections européennes du 7 juin, la campagne peine à démarrer mais les grands partis fourbissent leurs armes pour un scrutin qui pourrait se transformer, en ces temps de crise économique, en un nouveau test pour la politique de Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat "s'engagera" dans la bataille, selon son entourage, en participant à "des meetings" dont l'un le conduira outre-Rhin au côté de la Chancelière allemande Angela Merkel.

Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a toutefois souligné dimanche qu'il ne s'agirait pas pour M. Sarkozy de "faire campagne" même s'il "s'exprimerait bien entendu sur les élections européennes, sur les enjeux".

Preuve toutefois de l'intérêt présidentiel pour un scrutin intervenant après deux ans à l'Elysée et à un an des élections régionales, M. Sarkozy doit boucler lui-même les listes de la majorité, dont la composition provoque des bisbilles.

Le Premier ministre François Fillon montera lui aussi en première ligne avec un meeting le 28 avril en Ile-de-France, selon un responsable de l'UMP.

L'exécutif, précise-t-on au parti présidentiel, privilégiera l'angle européen en "vendant au maximum les résultats très concrets" de la récente présidence française et en plaidant pour une Europe "bouclier contre la crise".

Mais l'opposition tentera d'amener la droite sur le terrain des réformes du président pour appeler à un vote sanction, comme elle l'avait fait avec succès lors des municipales l'an dernier.

"C'est la première fois que les socialistes peuvent sanctionner la droite sortante", en l'emportant au Parlement européen, estime Jean-Christophe Cambadélis. "Et comme dans la droite, il y a Sarkozy, on peut faire d'une pierre deux coups", ambitionne le secrétaire national au PS.

"Nous allons dire aux Français: +si Sarkozy est en tête, il n'en fera qu'à sa tête+", lance le député de Paris.

A ce stade, les rares sondages créditent UMP et Nouveau centre, qui font liste commune, de 27% (16,6% en 2004) devant le Parti socialiste avec 24% (28,9% en 2004).

Au PS, la machine électorale est enclenchée pour tenter d'inverser la tendance. Huit meetings nationaux sont prévus à partir du 24 avril avec Martine Aubry mais aussi, espère-t-on, d'autres leaders comme les euro-convaincus Bertrand Delanoë, Ségolène Royal mais aussi des "nonistes" de 2005 tels Laurent Fabius.

Même posture anti-Sarkozy au Modem. Lors de la présentation de ses listes, son chef François Bayrou a défendu un "modèle républicain démocratique, laïque et social" opposé à une "idéologie" d'"inégalités croissantes" du chef de l'Etat.

En revanche, le rassemblement Europe-écologie (verts et associatifs) veut privilégier sur ce "blitzkrieg" contre le président "une campagne de fond" portant des thématiques proprement européennes, a expliqué l'un de ses membres.

Reste que l'une de ses figures de proue, Daniel Cohn-Bendit s'en prend régulièrement à Nicolas Sarkozy.

Quant aux petits partis d'extrême droite, Front national en tête, ou d'extrême gauche, ils utilisent habituellement la campagne européenne comme une "tribune" nationale, selon Elizabeth Dupoirier, chercheuse au Cevipof.

Le Nouveau parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, qui ne manque jamais de critiquer le pouvoir, est ainsi crédité de 9% dans les sondages -ce qui serait un record pour ce parti héritier de la LCR-, soit autant que les écologistes.

Habituellement, les élections européennes sont peu mobilisatrices. Mais "si l'enjeu européen passe au second plan", dit Mme Dupoirier, la participation pourrait être plus forte.

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