Européennes : le PS craint la dispersion à gauche

Publié le par PRG

Le Figaro le 6 Aril 2009

Les alliés traditionnels des socialistes se présentent séparément, en espérant se refaire une santé électorale.

Ils n'ont même pas cherché à négocier. Parce qu'elles se déroulent à la proportionnelle, les élections européennes sont le rendez-vous idéal pour les «petites» formations qui veulent se compter. Alors, le Parti socialiste n'a pas cherché à convaincre ses alliés traditionnels de le rejoindre pour former des listes communes. Aujourd'hui, il s'en inquiète. Il y a «un risque de dispersion», commence-t-on à dire au sein de la direction. Les sondages donnent pour l'instant le PS en deuxième position derrière l'UMP. «Ce qui nous intéressera, au lendemain du vote, c'est le total de voix pour la gauche», explique-t-on pour relativiser.

Vis-à-vis des Verts, des radicaux, des communistes et du reste de la gauche, le PS doit affiner sa stratégie avec une priorité : «consolider son propre électorat». Pour l'instant, les contacts entre les différentes organisations sont quasiment inexistants. À terme, les responsables du PS rêvent cependant de recréer, pour 2012, un «nouveau front populaire». C'est pourquoi ils ont besoin d'alliés ni trop forts ni trop faibles. Problème : ces alliés, voyant un PS mal en point, se pensent de plus en plus en concurrents.

Allié avec l'ex-socialiste Jean-Luc Mélenchon, le PCF a décidé de se présenter au sein du Front de gauche initié par le sénateur de l'Essonne. Pour Mélenchon, qui lui-même conduit la liste dans le Sud-Ouest, il s'agit de transposer en France l'expérience de Die Linke, la formation qui, en Allemagne, occupe désormais le terrain politique à la gauche du SPD. Pour Marie-George Buffet, la secrétaire nationale du PCF, il s'agit d'enrayer le déclin historique de sa formation. Au PS, on observe l'opération avec circonspection. Contrairement au Nouveau Parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot, le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon demeure un allié et, même en n'obtenant que quelques voix, pourrait donc se transformer en outil pour bloquer la percée du leader d'extrême gauche.

 

La question de l'extrême gauche

 

Les Verts, conduits pour les élections de juin par Daniel Cohn-Bendit, commencent de leur côté à agacer le PS. Le parti de Martine Aubry détecte une dérive centriste des écologistes qui pourrait gêner les plans socialistes. Pour Cohn-Bendit, l'objectif est plutôt de réunir toutes les familles écologistes pour atteindre une masse critique. Les Verts, qui étaient sortis essorés de la présidentielle de 2007, espèrent se refaire une santé en juin. En 1999, Daniel Cohn-Bendit, leur tête de liste déjà, avait obtenu 9,7 % ! Mais les socialistes pensent aujourd'hui que l'effet de mode est passé. «Cohn-Bendit avait une bonne image, il y a dix ans !», assure-t-on.

Enfin, c'est toujours l'attitude vis-à-vis de l'extrême gauche qui suscite le plus de débats au sein du PS. Certains estiment qu'il est possible d'amener Olivier Besancenot à négocier, voire à s'allier avec les socialistes si ceux-ci ont fait la démonstration de leur ancrage à gauche. D'autres, en revanche, pensent que le PS a tout à perdre en donnant le sentiment de tendre la main à l'extrême gauche. Et surtout les électeurs du centre. Pour l'instant, le MoDem de François Bayrou ne fait pas partie de la liste des alliés officiels du PS.

Publié dans article sur le PRG

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article