Les assises de l'outre-mer: Les députés PRG critiquent la proposition de loi

Publié le par PRG

Reuters le 6 Avril 2009
PARIS - Le LKP, "collectif contre l'exploitation" à l'origine de la grève générale en Guadeloupe, et son chef de file
Elie Domota ne participeront pas aux assises de l'outre-mer que le gouvernement français entend organiser à partir de la mi-avril.

Elie Domota, le leader du LKP ("Liyannaj Kont Pwofitasyon"). Le "collectif contre l'exploitation" à l'origine de la grève générale en Guadeloupe ne participera pas aux assises de l'outre-mer que le gouvernement français entend organiser à partir de la mi-avril. (Reuters/Jacky Naegelen)

Brocardant des "discussions de salon", le LKP déclare sur le site internet http://ugtg.org qu'il refuse "d'être la caution sociale, économique, politique et culturelle de Monsieur Sarkozy et de ses relais en Guadeloupe". "Tout est déjà décidé", dit-il.

Cette organisation a conduit la grève générale de 44 jours qui a abouti le 26 février à la signature d'un accord avec des organisations patronales minoritaires prévoyant une augmentation de 200 euros des bas salaires à la charge des entreprises (50 euros), des collectivités locales (50 euros) et de l'Etat (100 euros) dans un premier temps.

Cet accord refusé par le Medef local n'a pas été étendu pour l'heure à l'ensemble des entreprises de l'île et il ne concerne donc qu'une petite partie des salariés.

"LKP entend concevoir avec le peuple en mouvement de nouveaux rapports économiques et sociaux, pour passer d'une économie de plantation d'import-distribution à une économie de production tournée prioritairement vers la satisfaction des besoins du Peuple Guadeloupéen", dit le collectif.

Son annonce intervient alors que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a présenté lundi aux députés le projet de loi pour "le développement économique des territoires d'outre-mer" adopté en première lecture par le Sénat le 12 mars.

Environ 150 millions d'euros supplémentaires ont été injectés dans le projet de loi comme Nicolas Sarkozy s'y était engagé devant les élus d'outre-mer au plus fort de la crise en Guadeloupe.


VOTE EN FIN DE SEMAINE

"Une nouvelle approche de l'outre-mer doit être construite en commun", a déclaré la ministre, précisant que son texte reposait sur trois priorités : corriger les dispositifs existants afin de les rendre plus efficaces, notamment en matière d'exonérations de charges, soutenir l'investissement et relancer le logement social.

Elle estime que le texte est une première étape avant les "états généraux de l'outre-mer", qui doivent aboutir à une synthèse nationale avant la fin du mois de juin. Un conseil interministériel sur l'outre-mer se réunira en juillet.

L'opposition critique ce projet de loi. Les députés radicaux de gauche, dont cinq élus d'outre-mer, estiment que le texte "est en décalage complet avec la situation actuelle".

Le texte prévoit notamment la création de zones franches d'activité (ZFA), pour une durée de dix ans, dans les quatre départements d'outre-mer (DOM) - Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion - à destination des PME.

Le texte propose également de réorienter les systèmes de défiscalisation vers le logement social, institue un plafond unique d'exonérations des charges sociales et prévoit la création d'un Fonds de continuité territoriale dans le but de faciliter les déplacements avec la métropole.

L'Assemblée devrait adopter ce texte en fin de semaine.

Publié dans dépêche sur le PRG

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