Les électeurs radicaux de gauche du Lot disponible pour le Front de Gauche

Publié le par PRG

L'Humanité le 7 Avril 2009
Une réunion par canton pour le Front de gauche dans le Lot

Les militants communistes et les amis de Jean-Luc Mélenchon mènent une campagne de proximité pour un maximum de soutien pour la liste d’union.

La campagne du Front de gauche pour le scrutin du 7 juin prend progressivement son essor dans le département du Lot. La journée d’action du 19 mars avait vu 5 000 personnes défiler dans les rues de Cahors et autant à Figeac. Ce succès jamais vu depuis 1968 donne à penser aux communistes lotois que la liste du Front de gauche conduite par Jean-Luc Mélenchon peut faire un bon score dans ce département. Dans le Lot, l’électorat de gauche avait massivement voté non en 2005, lors du référendum sur le projet de constitution européenne. « Nous retrouvons le dynamisme que nous avions connu à l’époque », souligne Gérard Iragnes, secrétaire fédéral du PCF. Récemment, les communistes ont tenu une journée d’étude avec Michel Dauba sur le fonctionnement de l’Europe.

Pour ce qui est de la campagne publique, le Parti communiste et le Parti de gauche ont décidé qu’elle serait commune. Leur premier objectif est de tenir une réunion dans chaque canton, tandis que deux meetings départementaux sont programmés : l’un à Figeac le 21 avril avec Jean-Luc Mélenchon et la deuxième de liste Cathy Daguerre ; l’autre à Cahors à une date non encore fixée.

Par ailleurs, deux réunions publiques se sont déroulées les 3 et 4 avril à Leyme puis à Flaugnac. On y a parlé de l’Europe et de l’agriculture avec Gérard Le Puill à partir de l’analyse que produit son livre (1). Chaque débat a duré plus de deux heures, suscitant un vif intérêt. Il a parfois provoqué des échanges dont on avait perdu l’habitude entre les paysans et les autres ruraux. À plusieurs reprises, le réalisme des agriculteurs confrontés quotidiennement aux effets dévastateurs du libéralisme en agriculture est venu tempérer les souhaits parfois trop idéalisés des consommateurs, les uns et les autres étant d’accord sur le besoin d’avoir une agriculture plus durable et plus respectueuse de l’environnement.

« Les communistes ont envie de faire de la politique, de sortir de l’état de désunion dans lequel se trouve la gauche face aux mauvais coups du pouvoir. Comme nous l’avons fait sur l’agriculture, nous allons débattre des services publics en milieu rural et de l’emploi. Car ici aucun secteur n’est à l’abri des conséquences de la récession », note Gérard Iragnes.

À Souillac l’entreprise Pivaudran multiplie les journées de chômage partiel. À Gramat, un hôtelier-restaurateur fait état d’une chute de son chiffre d’affaires de 22 000 € pour les trois premiers mois de 2009 par rapport à 2008. Dans le Lot, le tourisme rural irrigue l’économie, via la restauration et l’hébergement, sans oublier la vente des produits fermiers issus d’une agriculture diversifiée.

Pour le moment, le Front de gauche est seul en campagne. Le PS peine à démarrer, alors qu’il a laminé et humilié le Parti radical de gauche lors des élections municipales de 2008. Des électeurs radicaux sont disponibles pour un autre vote. Ceux qui suivaient José Bové dans d’autres combats acceptent mal son alliance avec Daniel Cohn-Bendit. La qualité de la campagne électorale du Front de gauche sera décisive dans le département.

(1) Planète alimentaire : l’agriculture française face au chaos mondial, Pascal Galodé éditeur. Contact : glepuill@humanite.fr.

Alain Trémel

Publié dans article sur le PRG

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