Le débat sur le travail dominical, les sénateurs radicaux de gauche interviennent

Publié le par PRG

PARIS, 8 avril 2009 (AFP) - Le débat sur le travail dominical, enterré fin décembre à l'Assemblée nationale, a refait surface au Sénat par le biais d'amendements de centristes sur un texte sur le tourisme, finalement retirés mercredi par leurs auteurs après avoir déchaîné des passions.

Hervé Maurey et Yves Pozzo di Borgo (Union Centriste) ont renoncé à leurs amendements qui visaient à étendre le travail du dimanche, sous les feux croisés de la gauche et du gouvernement, lors d'un débat très animé dans un hémicycle inhabituellement garni.

Le secrétaire d'Etat à l'Economie Hervé Novelli s'est lancé dans un plaidoyer vibrant en faveur du travail du dimanche, s'engageant "en échange" du retrait des amendements à le "réformer" mais par "une réforme globale".

"Je voulais vous l'indiquer avec force, le gouvernement est parfaitement déterminé à ce qu'il y ait une réforme de la législation sur le travail du dimanche mais ce débat doit être tranché au grand jour et partout en France pas seulement dans les zones touristiques" "et pas "au détour d'un article", a-t-il ajouté.

"Vous nous avez montré que vous étiez un excellent danseur de tango", a alors ironisé François Fortassin (RDSE, groupe radical à majorité radicaux de gauche). La veille, M. Novelli était resté ambigu, assurant qu'il n'y avait "pas de débat tabou".

Selon des sources concordantes, le gouvernement a été dans un premier temps favorable à ces amendements avant de se raviser devant la levée de bouclier de la gauche, de nombreux députés UMP, des cinq fédérations syndicales du commerce et des services mais aussi du chef de file des députés Nouveau Centre, François Sauvadet.

Par ailleurs, ces amendements ont été déposés sur le projet de loi "de développement et modernisation des services touristiques", texte consensuel au point que son rapporteur, Bariza Khiari est une sénatrice PS. Leur adoption, avait averti cette dernière, aurait remis en cause cet accord.

Charles Gautier (PS) a déploré que ce texte soit "parasité par un amendement idéologique" tandis que Didier Guillaume (PS) évoquait "des amendements de division" qui, s'ils étaient adoptés, créeraient "un fossé terrible entre nous".

Les sénateurs communistes ont été particulièrement virulents, leur présidente Nicole Borvo Cohen-Seat dénonçant "le lobby parisien des grands groupes de la distribution". "Mais qui pense aux salariés de ces magasins qui mènent des vies de chien?", s'est-elle emportée.

Hormis les auteurs des amendements et Philippe Dominati (UMP, Paris) qui avait déposé des sous-amendements, aucun sénateur de la majorité ne s'est exprimé, signe de l'embarras de celle-ci.

"Nous sommes favorables au travail du dimanche mais on ne peut pas l'instaurer ainsi par le biais d'amendements, mais par une proposition de loi globale", disait-on au groupe UMP. Ce dernier, qui a perdu la majorité absolue lors du renouvellement sénatorial de septembre, sait qu'il joue désormais sur des oeufs avec son partenaire centriste, surtout depuis l'adoption de l'amendement de Jean Arthuis (Mayenne) avec l'aide de la gauche contre l'avis du gouvernement sur les rémunérations des patrons des sociétés aidées par l'Etat.

Les deux amendements au projet de loi "de développement et modernisation des services touristiques" visaient l'un à étendre le travail dominical aux zones et communes touristiques, l'autre à un "périmètre d'usage de consommation exceptionnel" dans Paris, Lyon et Marseille.

Ils reprenaient en partie la proposition de loi du député UMP Richard Maillié, dont l'examen avait été suspendu à l'Assemblée nationale après de multiples rebondissements.

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Publié dans dépêche sur le PRG

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