La guerre contre le redécoupage a commencé

Publié le par PRG

Jean-Baptiste Garat
Le Figaro le13 Avril 2009
Le projet de redécoupage des circonscriptions électorales a suscité une levée de boucliers des responsables socialistes, qui dénoncent «un tripatouillage».
Le projet de redécoupage des circonscriptions électorales a suscité une levée de boucliers des responsables socialistes, qui dénoncent «un tripatouillage». Crédits photo : Le Figaro

Une majorité des 33 sièges de députés supprimés sont actuellement détenus par l'opposition.

De quoi gâcher le week-end pascal de nombre de députés. La parution samedi dans Le Monde d'une carte des circonscriptions que «le gouvernement envisage de supprimer» dans le cadre du projet de redécoupage a suscité une levée de boucliers chez les parlementaires socialistes. Le quotidien explique en effet que plus des deux tiers des sièges supprimés (vingt-trois sur trente-trois) sont actuellement ceux de députés de l'opposition, la majorité limitant la casse en perdant neuf sièges.

À gauche, les anciens ministres socialistes Jean Glavany (Hautes-Pyrénées), Michel Sapin (Indre) et Christian Paul (Nièvre), ainsi que Delphine Batho, l'ancienne suppléante de Ségolène Royal (Deux-Sèvres), ou la porte-parole du groupe à l'Assemblée Aurélie Filippetti (Moselle) seraient au nombre des victimes. À droite, l'ancien garde des Sceaux Pascal Clément (Loire), l'ex-maire de Paris Jean Tiberi ou l'ami des époux Chirac Jean-Pierre Dupont (Corrèze) verraient également leur circonscription disparaître selon le quotidien.

«C'est un tissu d'inepties», tonnait dimanche Alain Marleix. Selon le secrétaire d'État à l'Intérieur en charge du redécoupage, «en l'état actuel» les suppressions concerneraient plutôt «18 circonscriptions détenues par la gauche et 15 par la droite». Mais cette annonce officielle n'a pas calmé les esprits.

Dans une violente charge contre la majorité, Pierre Moscovici a dénoncé dimanche sur Europe 1 des attaques contre la «démocratie». «On a longtemps parlé de l'État UMP, l'État RPR, là on est dans l'État Sarkozy», a expliqué le député du Doubs qui considère qu'«incontestablement il y a tripatouillage» de la carte électorale.

Le président d'honneur du Parti radical de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg dénonce de son côté «l'absence manifeste d'impartialité» du secrétaire d'État à l'Intérieur. «Il n'est pas convenable que le gouvernement ait délibérément confié la mission du redécoupage électoral à celui-là même qui avait la veille encore la charge des intérêts électoraux de l'UMP», a-t-il ajouté en rappelant qu'Alain Marleix était «jusqu'en octobre 2008 secrétaire national aux élections» du parti présidentiel.

À droite, la critique n'est pas moins vive chez les députés dont le siège est menacé. Marie-Anne Montchamp, élue UMP du Val-de-Marne et candidate dissidente aux municipales à Nogent-sur-Marne en 2008, déplore ainsi que «les partis en profitent pour faire le ménage dans leurs rangs» et que «le redécoupage soit transformé en commission d'investiture à charge». La députée explique même avoir proposé un découpage alternatif. «Mais dans le Val-de-Marne, on a toujours eu un faible pour Petits Meurtres entre amis», déplore un proche.

 

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