Entre gauche et droite, les circonscriptions de la discorde

Publié le par PRG

Libération le 13 Avril 2009

Entre droite et gauche, la castagne sur le redécoupage électoral s’engage sans attendre l’installation le 21 avril par le Premier ministre de la commission de contrôle des opérations. Piqué au vif par l’annonce de la suppression de 33 circonscriptions dont il subodore qu’elles sont très majoritairement détenues par l’opposition, l’ancien ministre socialiste, Pierre Moscovici est monté au créneau hier pour dénoncer un «tripatouillage» du gouvernement : «On a l’impression que la droite est en train de chercher à sanctuariser 200 à 250 circonscriptions pour elle avec l’intention de rendre extrêmement difficile l’alternance», s’est ému le député du Doubs, invité du Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien-TV5monde. Le président d’honneur du Parti radical de gauche (PRG), Roger-Gérard Schwartzenberg, n’est pas en reste qui pointe une «absence manifeste d’impartialité», selon lui peu surprenante, Alain Marleix, secrétaire d’Etat aux Collectivités territoriales chargé de ces très délicates opérations, étant «juge et partie» : «Il a été de 2005 à 2008 secrétaire national aux élections à l’UMP», et l’était encore «de mars à octobre 2008, alors même qu’il était chargé du découpage électoral». Et le radical de gauche d’enfoncer le clou : «Il n’est pas convenable que le gouvernement ait délibérément confié la mission du redécoupage électoral à celui-là même qui avait la veille encore la charge des intérêts électoraux de l’UMP

Balance. La riposte ne s’est pas fait attendre. Joint hier par téléphone, Alain Marleix ne cachait pas son irritation. Qualifiant de «tissu d’inepties» produit de «documents de travail déformés et de bricolage» les informations publiées par le Monde de samedi selon lesquelles 23 des 33 circonscriptions législatives supprimées seraient aux mains de la gauche, le secrétaire d’Etat avance une balance plus acceptable. Selon lui, sous réserve des possibles rebondissements «d’un travail pas terminé» , les disparitions concerneraient en réalité 18 circonscriptions de gauche (16 sous mandat PS ; 1 détenue par les Verts et 1 aux mains d’un apparenté PCF) et 15 relevant de la majorité UMP-NC. «Il n’est ni question de supprimer la circo de Michel Sapin dans l’Indre, ni celle de Christian Bataille dans le Nord ou de Christian Paul dans la Nièvre. Pas plus que celles de Delphine Batho [proche de Ségolène Royal, ndlr] ou de Geneviève Gaillard dans les Deux-Sèvres même si leurs périmètres vont être retouchés, précise-t-il. Bien sûr, les socialistes vont perdre trois circonscriptions à Paris et trois dans le Nord, ce qui n’est pas agréable. Mais ce n’est pas le gouvernement, c’est la loi qui oblige à ces réajustements fonction des résultats du recensement de la population.» Un exercice sous contrainte forte, un député devant représenter 125 000 habitants contre 106 000 actuellement.

Balayer. Le nombre global de circonscriptions devant rester inchangé à 577, reste à voir ce qu’il en sera du côté des créations. Alain Marleix promet là encore un «équilibre», la gauche étant par exemple certaine de gagner au moins 3 circonscriptions nouvelles (contre aucune pour la majorité) en Ile-de-France - 2 en Seine-et-Marne et 1 dans le Val-d’Oise. C’est passer un peu vite sur les 11 sièges qui vont être attribués, conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles, à l’outre-mer et aux Français de l’étranger. Des nouveaux sièges qui devraient revenir en grosse majorité à la droite. Mais là encore pour Marleix, chacun doit balayer devant sa porte : «Si les socialistes n’avaient pas fait un recours devant le Conseil constitutionnel, qui du coup y a été voir de plus près, on aurait eu trois sièges de moins pour les Français de l’étranger…»

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