Sondage : les citoyens espèrent que les élections européennes se concentreront sur l’économie

Publié le par PRG

Euractiv le 25 septembre 2008   

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Un sondage de l’Eurobaromètre a révélé qu’en raison de la crise financière qui pousse l’UE vers la récession, les citoyens veulent que les questions économiques apparaissent au centre de la campagne électorale de l’année prochaine. Cependant, la plupart des personnes interrogées n’étaient pas conscientes de la tenue d’une élection.


Contexte:

Du 4 au 7 juin 2009, 492 millions de citoyens européens seront appelés aux urnes afin d’élire leurs représentants au Parlement européen. 

Les premières élections s’étant déroulées en 1979, les élections de 2009 marqueront donc trente ans de vote au suffrage universel direct.

Lors des dernières élections européennes, les électeurs des 25 pays membres de l’UE d’alors ont choisi 732 eurodéputés. Un mois plus tôt, l’Union avait été élargie à dix nouveaux membres.

Le taux de participation aux élections de 2004 était de 47,63 %, le taux le plus bas depuis les premières élections (la participation, qui était de 62 % en 1979, était tombée à 49,51 % en 1999). 

En janvier 2007, la Bulgarie et la Roumanie ont rejoint l’UE et ont organisé des élections directes, avec un taux de participation d’environ 30 %. 

A l’heure actuelle, le nombre d’eurodéputés qui seront élus est encore incertain en raison de la suspension des réformes institutionnelles depuis le « non » irlandais au Traité de Lisbonne. Ce traité prévoit 751 sièges à distribuer, mais ce nombre serait ramené à 736 si les élections étaient organisées sous le traité de Nice, qui est actuellement en vigueur.


Le sondage, publié le 24 septembre, révèle une faible sensibilisation aux élections chez les citoyens. En effet, seuls 16 % des Européens savent que les élections européennes auront lieu l’année prochaine (seuls 4 % connaissaient avec exactitude le mois et l’année).

Les taux de sensibilisation les plus faibles ont été enregistrés au Royaume-Uni et en Finlande, où 94 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles ne savaient pas que des élections allaient avoir lieu. Suivent la Bulgarie (90 %) et la Lettonie (83 %). Les taux de sensibilisation les plus élevés ont été enregistrés au Luxembourg (43 %), en Grèce (36 %), en Slovaquie (32 %) et en Belgique (30 %).

Le sondage a été réalisé entre mars et mai 2008 par TNS Opinion & Social sur un échantillon de 26 661 participants en provenance des 27 Etats membres de l’UE. Il s’est déroulé sous la forme d’entretiens en tête-à-tête effectués chez les personnes interrogées.

En dépit de ces chiffres peu élevés, les défenseurs de l’UE ne tarderont pas à signaler que les statistiques se sont améliorées depuis le dernier sondage similaire conduit il y a six mois par Eurobaromètre, où seuls 10 % des sondés avaient déclaré qu’ils savaient que des élections allaient se dérouler en 2009. 

« Cette amélioration globale de la connaissance de la date est assez logique, et va continuer à s’améliorer au fur et à mesure qu’on se rapprochera de l’échéance », écrivent les auteurs de l’enquête.

Un intérêt moyen faible, à part en Irlande

Seuls 8 % des Européens se sont déclarés « très intéressés » par les élections européennes et 38 % « plutôt intéressés ». 29 % se sont dits « plutôt pas intéressés » et 22 % « pas du tout intéressés ». 3 % ont répondu qu’ils ne savaient pas.

Toutefois, les résultats varient sensiblement d’un Etat membre à l’autre. Dans 11 pays, une majorité absolue de répondants ont déclaré s’intéresser aux élections. Et cette proportion dépasse six répondants sur dix en Roumanie (65 %), à Malte (63 %), en Irlande (62%) et à Chypre (61%).

En revanche, plus de sept répondants sur dix en Lettonie (79%) et en République tchèque (71%) ont affirmé qu’ils n’étaient pas intéressés.

L’institut de sondage avait en outre essayé de mesurer le taux de participation potentiel, avant d’estimer que les données n’offraient aucune base permettant d’avancer des hypothèses puisque le sondage a eu lieu à plus d’un an du scrutin.

Les thèmes de campagne

En réponse à une série de questions, les citoyens européens ont établi une hiérarchie très claire des thèmes de campagne. Au premier rang, on trouve les thèmes économiques, avec plus de 40 %. Viennent ensuite les craintes liées à des phénomènes globaux comme l’insécurité ou le changement climatique (entre 30 et 40 %). Les questions touchant les politiques et les institutions européennes ferment la marche (entre 10 et 20 %). Là encore, les divergences étaient considérables en fonction du pays.

Plus en détail, les préoccupations économiques se concentrent surtout sur le chômage et très peu sur le modèle social. Les trois thèmes suivants se détachent nettement du reste :

  • le chômage (47 %) ;
  • la croissance économique (45 %) ;
  • le pouvoir d’achat (41 %).

Le maintien du modèle social européen ne récolte que 12 % alors que l’avenir des retraités obtient un score plutôt élevé, avec 32 %.

Le classement des thématiques liées à des phénomènes globaux est le suivant : l’insécurité (37 %), le terrorisme (35 %), la lutte contre le changement climatique (33 %), puis l’immigration (32 %).

Les Européens tiennent très clairement à donner leur vote à des candidats possédant une expérience européenne. Avec 40 %, ce critère occupe le premier rang, en comparaison aux 29 % pour l’expérience nationale du candidat, 30 % pour sa personnalité et 17 % pour sa réputation. 

La confiance à l’égard du Parlement reste élevée

Au sujet de la confiance, aucun renversement de tendance n’a été constaté par rapport aux sondages précédents. Le Parlement européen reste l’institution européenne à laquelle les citoyens font le plus confiance (52 %). La Commission obtient 47 %, le Conseil 43 % et la Banque centrale européenne 50 %.

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