Les principales réactions au plan pour l'emploi des jeunes

Publié le par PRG

NouvelObs, le  25 Avril 2009
Le parti Socialiste et le Mouvement des jeunes socialistes : "Aucune mesure nouvelle n'a été proposée dans un plan qui se contente de recycler des mesures existantes, et qui ont fait la preuve de leur faible efficacité depuis 2002". Dans le budget 2009, "le gouvernement avait retiré 200 millions d'euros aux crédits alloués aux contrats de professionnalisation. Les annonces de ce jour ne représentent qu'un retour à la situation de départ!".
Le PS et le MJS contestent "la pertinence de plusieurs annonces" : ils "doutent de la capacité du Pôle emploi à mettre en place les 50.000 contrats d'accompagnement annoncés pour la formation des jeunes de 16 à 25 ans", rappelant que "le service public de l'emploi, déjà désorganisé par la fusion ANPE-UNEDIC, peine à gérer l'afflux de chômeurs".
Pour eux, "le recours quasi-exclusif aux contrats de formation dans le secteur privé risque de se heurter à la récession et à la situation catastrophique du marché de l'emploi".
D'autres mesures pourraient avoir de "graves effets pervers": les primes concernant les stagiaires, l'apprentissage ou les contrats de formation, "formidable effet d'aubaine pour les entreprises", qui au lieu d'embaucher les jeunes en CDI, "les prendront en stage ou en formation".
Le chef de l'Etat pratique "à grande échelle la défausse sur les collectivités majoritairement gérées par la gauche".
Nicolas Sarkozy, qui "n'a pas consulté les partenaires sociaux" finance des "propositions avec l'argent des collectivités territoriales, déjà asphyxiées financièrement", ont-ils affirmé.
Enfin, ils ont rappelé leurs quatre "mesures d'urgence" pour les jeunes, notamment créer 100.000 emplois jeunes. (Communiqué, vendredi 24 avril)

Martine Aubry, première secrétaire du PS : Les annonces de Nicolas Sarkozy sur l'emploi des jeunes constituent une "vraie déception"
Ce sont "des anciennes mesures, rien qui ne soit vraiment à la hauteur de la crise et qui puisse rassurer les jeunes et leurs familles".
"On attendait aujourd'hui des mesures fortes du président de la République. On a l'impression qu'il a remis en catastrophe ce qu'il avait supprimé dans le budget 2009, c'est-à-dire les contrats de qualification, les contrats de professionnalisation".
"Bien sûr, on est d'accord pour augmenter les contrats en alternance, mais face à cette crise, face à l'augmentation de 30% du chômage des jeunes cette année, on attendait autre chose, par exemple la création de 100.000 emplois-jeunes en faisant confiance aux jeunes, à leur créativité" mais aussi "des emplois d'insertion pour ceux qui sont en difficulté".
Il faut également "donner les moyens à chacun d'avoir accès à la formation", a-t-elle ajouté, jugeant qu'"un pays qui ne donne pas sa place aux jeunes est un pays qui va mal". (Déclaration, vendredi 24 avril)

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts : Les mesures de soutien ont "un goût de remâché". Nicolas Sarkozy "ressort les mêmes recettes qui ont toujours échoué. Depuis 30 ans, on ne cesse d'accorder contrats aidés, primes et baisses des charges aux entreprises qui embaucheraient des jeunes. Nicolas Sarkozy ne fait aucune rupture avec cette politique qui échoue systématiquement et laisse les jeunes dans la précarité et la dépendance".
Les Verts pensent que la solution est notamment "dans le revenu d'autonomie. Pourquoi ne pas fusionner les dispositifs existants aux résultats médiocres (allocations familiales, APL, bourses, quotient familial...) dans un vrai revenu d'autonomie pour les 18-25 ans, en lien avec un revenu universel? (...) On éviterait l'échec de jeunes qui doivent arrêter formation ou étude pour gagner leur vie dans des emplois précaires. Il faut sortir les jeunes de la tutelle et de la précarité dans laquelle le gouvernement les laisse". (Communiqué, vendredi 24 avril)

Le Parti communiste français (PCF) : "En fait de plan anti-chômage des jeunes, Nicolas Sarkozy fait une nouvelle série de cadeaux aux entreprises sous forme d'exonération de cotisations sociales" qui ont des "effets quasi-nuls sur l'emploi" et "d'encouragement aux bas salaires".
Pour les communistes, le chef de l'Etat "a instrumentalisé sans vergogne la souffrance des jeunes pour détourner la quasi-totalité du fond d'investissement social au profit des plus grandes entreprises" : ce fond est ainsi devenu un "fond d'investissement patronal".
Le Haut Commissaire à la Jeunesse Martin Hirsch "avait promis un plan anti-chômage des jeunes 'original', mais Nicolas Sarkozy n'aura annoncé que des propositions archaïques et marginales". (Communiqué, vendredi 24 avril)

Force ouvrière
(FO) : "Les annonces du président de la République laissent sceptique quant à leur portée et leur efficacité", a déclaré le syndicat, qui se demande si les 1,3 milliard d'euros annoncés correspondent à "de l'argent en plus de ce qui existait déjà" ou à "la totalisation des fonds récupérés par le FISO (fonds d'intervention sociale)". "Au total, on arrive à 35.000 apprentis de plus que l'an passé, ce qui est bien mais loin des 150.000 jeunes sans formation"
Le syndicat déplore "que la Sécurité sociale soit à nouveau mise à contribution à travers un autre dispositif d'exonérations de charges".
FO a toutefois apprécié "positivement que les stagiaires puissent être rémunérés dès les deux premiers mois de stage".
Rappelant qu'il "soutient les contrats de professionnalisation depuis leur création dans la mesure où ils débouchent sur une embauche", le syndicat a cependant jugé que "l'objectif de 170.000 contrats d'ici un an supposerait d'autres mesures de soutien à l'économie et à l'emploi".
Les préretraites "pourraient contribuer" à régler notamment l'emploi des jeunes, "si l'Etat imposait des contreparties aux aides publiques". (Communiqué vendredi 24 avril)

Jean-Marie Le Pen (FN). "L'efficacité de ce plan est déjà connue : elle sera nulle". "Le président bling-bling prend les patrons pour des voituriers du Fouquet's. Il croit qu'il suffit de donner quelques billets aux entreprises pour qu'elles embauchent des jeunes". "Et bien sûr Nicolas Sarkozy, en bon socialiste, relance les +contrats aidés+". (communiqué, vendredi 24 avril)

Les Jeunes Populaires (UMP) "se félicitent du plan d'urgence à destination des jeunes qui va dans le sens des propositions phares du Livre Blanc pour l'autonomie des jeunes".
"Pendant que l'opposition s'égosille, Nicolas Sarkozy agit et créé les conditions, au moment où les jeunes sont les premières victimes de la crise, d'un sauvetage de notre génération face à la précarité". (communiqué, vendredi 24 avril)

Le Parti radical "se réjouit vivement des annonces du Président de la République" et "tient à saluer plus particulièrement les mesures en faveur de l'apprentissage, qui est la stratégie gagnante pour lutter contre le chômage des jeunes". (communiqué, vendredi 24 avril)

Le PRG et jeunes radicaux de gauche : Nicolas Sarkozy, "en concentrant ses efforts sur l'emploi uniquement n'apporte qu'une réponse très partielle et insuffisante aux difficultés de la jeunesse française à s'insérer dans la société. Il n'y a aucune proposition en matière de logement, en matière de santé ou encore d'accès aux études supérieures". (communiqué, vendredi 24 avril)

Chez les syndicats

Laurence Parisot
, présidente du Medef: Elle approuve "sans réserve" le plan en faveur de l'emploi des jeunes, y voyant une "excellente nouvelle pour la génération de jeunes Français qui aujourd'hui aspire à découvrir le monde de l'entreprise". "En privilégiant l'alternance, ce plan fait clairement le choix de l'entreprise pour donner les moyens à chacun de participer activement à l'économie de notre pays". (communiqué, vendredi 24 avril)

Francis Da Costa, président de la commission éducation et formation du Medef : "Les mesures annoncées vont permettre de 'booster' l'alternance, véritable levier d'insertion et de professionnalisation des jeunes et de transmission de la culture et des savoir-faire de l'entreprise". (Communiqué, vendredi 24 avril)

La Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME)
: "La CGPME se réjouit de voir ériger la professionnalisation en priorité gouvernementale. Avoir un pied dans l'entreprise est le meilleur moyen de se faire embaucher".
"Exonérer de charges l'embauche d'un apprenti est notamment une mesure simple et efficace. De même, la prime pour les contrats de professionnalisation, dont la Confédération est à l'origine, incitera les PME à souscrire des contrats de ce type". (Communiqué, vendredi 24 avril)


La CGT :
"Aider les jeunes ne (peut) se résumer à aider les patrons". Le plan en faveur de l'emploi des jeunes "représente un espoir" pour eux, mais "il reprend les dispositifs existants qui n'ont jusqu'à ce jour en rien contribué à l'insertion par le travail des jeunes".
Ce plan "propose de subventionner une nouvelle fois le capital, les entreprises sans contrepartie en termes d'embauche". "Aider les jeunes ne peut se résumer à aider les patrons, les entreprises" (…)
"Pour sortir d'une logique de précarisation du travail, de l'emploi, de la vie, du traitement social du chômage, ce plan doit conditionner les aides supplémentaires aux entreprises à la pérennisation des contrats en alternance, des contrats aidés, à la transformation des stages en contrat de travail à durée indéterminée". (Communiqué, vendredi 24 avril)


Agnès Naton (CGT)
: La CGT estime que le plan n'aura d'effet que si "les contrats en alternance et les contrats aidés se pérennisent en CDI". La confédération demande que les aides aux entreprises soient conditionnées à une embauche stable. "On reprend les mêmes dispositifs et on propose les mêmes solutions au travers des exonérations de cotisations sociales aux entreprises".
"Les contrats d'alternance et les contrats aidés n'auront d'effet que si les entreprises jouent le jeu et les pérennisent en CDI", a-t-elle ajouté. "La grosse problématique, c'est quel va être l'engagement réel et concret des entreprises? Il faut que les aides aux entreprises soient conditionnées à la transformation des contrats d'alternance, des stages, en contrats stables", a-t-elle expliqué.
Pour la CGT, "s'il n'y a pas de pérennisation de ces dispositifs en CDI pour qu'enfin les jeunes puissent accéder au droit du travail par un emploi durable et bien rémunéré en entreprise, ce sera un énième plan comme on en connaît depuis 32 ans". (Déclaration, vendredi 24 avril)

La CFDT : Les mesures annoncées sont "des pistes nécessaires" mais elles "ne suffiront pas à faire face à l'arrivée de plus de 600.000 jeunes qui vont sortir cet été du système scolaire".
Les mesures en faveur de l'alternance, des contrats aidés, des stages et des jeunes diplômés "constituent une première réponse conjoncturelle" mais estimé que leur financement est "une zone d'ombre". "S'il devait s'avérer qu'il relève du Fonds d'investissement social (FISO), cela souligne une fois de plus l'insuffisance des moyens accordés" à ce fonds. "Sans engagement volontariste des employeurs à embaucher, former, sécuriser l'emploi des jeunes, ce nouveau plan risque d'échouer tout comme ceux qui l'ont précédé depuis 30 ans".
La CFDT continue à défendre un "dispositif jeunes actifs" qui "conjugue accompagnement vers l'emploi et revenu". (Communiqué, vendredi 24 avril)

L'Union professionnelle artisanale (UPA) : L'UPA "accueille avec beaucoup d'intérêt ces mesures". "A juste titre, le plan repose essentiellement sur le secteur marchand et singulièrement sur les petites entreprises. Il tend à développer les outils qui existent déjà et qui ont fait la preuve de leur efficacité, plutôt que d'inventer de nouvelles formules miracles".
L'UPA rappelle ainsi que l'artisanat "forme plus de la moitié des 400.000 apprentis de France" et "figure parmi les secteurs qui ont créé le plus d'emplois ces dernières années".
"L'aide de 1.800 euros accordée à chaque entreprise de moins de 50 salariés qui formera un apprenti supplémentaire, soutient clairement l'effort de formation des petites entreprises".
L'organisation salue en outre "la prime à l'embauche de 1.000 euros pour les contrats de professionnalisation, et son doublement à hauteur de 2.000 euros pour l'embauche en 'contrats pro' de jeunes non bacheliers".
"En effet, le coût d'une embauche en contrat de professionnalisation apparaît trop élevé pour de nombreuses entreprises".
Ces mesures "apportent aussi une réponse aux entreprises artisanales qui ne parviennent pas à trouver la main d'oeuvre qualifiée nécessaire à leur développement". (Communiqué, vendredi 24 avril)

Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU :
  "Il s'agit d'un replâtrage de l'existant qui passe à côté des questions et des réponses de fond".
Pour lui, "ces réponses devraient notamment porter sur la formation des jeunes par le service public, et aussi sur la responsabilité de l'Etat qui, en supprimant 30.000 postes dans la Fonction publique, a supprimé du même coup 30.000 emplois qui auraient pu bénéficier à des jeunes". (Déclaration, vendredi 24 avril)

Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef : "On est déçu par ce plan". "C'est un plan qui pour nous n'est ni ambitieux, ni efficace. Il ne répond pas à la gravité de la situation du chômage des jeunes dans le contexte de crise que l'on connaît".
"Il se résume à la montée en puissance de quelques dispositifs existants, il ne sort pas de l'idée selon laquelle il faut dédommager les entreprises qui embauchent les jeunes alors qu'il y avait besoin d'une rupture avec cette idée selon laquelle les jeunes sont une charge et des sous-salariés".
"Il n'y a rien - c'est une de nos grosses critiques - sur la demande d'une nouvelle protection individuelle pour les jeunes, que ce soit lors de la recherche de l'emploi ou dans l'emploi", a-t-il déploré, relevant cependant "quelques éléments positifs" sur la question des stages.
"Il y a l'abaissement de trois à deux mois du seuil pour la gratification (des stages) et sa généralisation à la fonction publique", a dit Jean-Baptiste Prévost.
"La volonté de transformer certains stages existants en CDI est un élément intéressant mais on s'étonne que le gouvernement n'ait pas accepté une interdiction des stages hors cursus qui est demandée par l'Unef et par l'ensemble des organisations syndicales", a-t-il affirmé. "On s'étonne également que rien n'ait été dit sur le niveau de gratification des stages qui est notoirement insuffisant".

Unsa : "Les entreprises qui recruteront des jeunes de moins de 25 ans en apprentissage ou en contrat de professionnalisation verront à nouveau leurs charges allégées sans contrainte en termes d'emplois". L'Unsa demande des assises pour élaborer "un plan original afin que les jeunes ne soient pas contraints de passer par des contrats aidés pour entrer dans l'emploi". (vendredi 24 avril)

La Fage (syndicat étudiant) : La Fage "salue des mesures nécessaires (...) au vu de la conjoncture actuelle", mais "encore insuffisantes". "Il est nécessaire que ces mesures couvrent l'ensemble de la jeunesse, y compris les jeunes présents actuellement dans l'enseignement supérieur". "Concernant les stages, la Fage se félicite de la volonté affichée de réduire à deux mois la durée nécessaire pour bénéficier d'une gratification". (vendredi 24 avril)

L'Uni (syndicat étudiant) : L'Uni"est très satisfaite des annonces qui concentrent tous les moyens sur l'insertion professionnelle, priorité des jeunes, et associent les entreprises et les branches, ce qui est une nouveauté". Sur les stages, c'est "une bonne nouvelle". "Maintenant, la principale difficulté est de trouver ces stages" appelant les présidents d'université à "mettre la main à la pâte". (vendredi 24 avril)

Dans les associations


AC! (Agir contre le chômage) : "Toujours des cadeaux aux employeurs!", a déploré l'association regrettant qu'il n'y ait "toujours pas de décision (...) de lever l'inconcevable discrimination qui frappe les jeunes de moins de 25 ans", écartés du RMI et du futur RSA. (vendredi 24 avril)

Le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) : "le plan ne répond (...) pas à l'ampleur des mesures à prendre". "Certes, un volet 'Formation' important", mais "en contradiction totale avec la politique actuelle de baisse des capacités d'accueil dans les lycées professionnels". (vendredi 24 avril)

Les Chambres des métiers et de l'artisanat : Les Chambres "sont prêtes à étudier très rapidement (...) l'accueil de 50.000 jeunes supplémentaires dans leurs centres de formation des apprentis, ce qui répondrait au besoin des entreprises artisanales". "Le rôle formateur de l'entreprise artisanale et de l'artisan est reconnu et valorisé". (vendredi 24 avril)

Les Groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ) se réjouissent "des mesures annoncées", notamment "celles qui prévoient de soutenir de manière plus importante les contrats de professionnalisation". Ils "s'interrogent néanmoins sur le montant des primes envisagées" pour les entreprises: "1.000 et 2.000 euros par embauche en contrat de professionnalisation constituent un coup de pouce, peut-être pas suffisamment incitatif". (vendredi 24 avril)

Génération précaire (association de défense des stagiaires) : Il qualifie de "bonne nouvelle" la prime de 3.000 euros pour l'embauche en CDI d'un stagiaire mais prévient qu'en cas de généralisation, cela pourrait conduire à "remplacer la période d'essai d'un contrat par un stage à bas coût". L'objectif visant à accroître le nombre d'apprentis est salué, mais Génération précaire estime qu'il sera difficile à atteindre "en l'absence de véritable encadrement des stages". Quant à la rémunération des stages à partir de 2 mois, c'est "une mesure de bon sens". (vendredi 24 avril)

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