PS et gauche veulent se reconstruire dans la confrontation à Sarkozy

Publié le par PRG

PARIS, 2 mai 2009 (AFP) - Après le traumatisme de la présidentielle, le PS et les partis de gauche ont opté, crise aidant, pour l'opposition frontale au chef de l'Etat, mais les socialistes doivent encore gagner en crédibilité, tandis que le NPA émerge comme force contestataire à la "gauche de la gauche".

Bousculé par l'"ouverture" de Nicolas Sarkozy, le PS, vainqueur des municipales de 2008, a ensuite replongé dans la division lors d'un calamiteux Congrès de Reims. Mais il a depuis affiché son rassemblement derrière Martine Aubry, qu'a rejointe, du moins publiquement, Ségolène Royal.

La patronne du PS entend redresser le parti à la fois comme force d'opposition à Sarkozy - notamment en se joignant systématiquement aux manifestations - et comme alternative avec un projet : "nous ne sommes pas seulement dans la dénonciation comme le NPA ou François Bayrou", dit-elle.

"Le PS s'est remis en ordre de bataille et sa stratégie d'opposition à l'exécutif est payante", estime Frédéric Dabi (Ifop). "Plus présent dans les mouvements sociaux", il "commence à gagner en crédibilité", relève aussi Gaël Sliman (BVA).

Mais la cacophonie n'a pas totalement disparu et les "excuses" à répétition de Ségolène Royal embarrassent rue de Solférino. Ses initiatives "brouillent le message du PS", relève M. Dabi.

Le PS "n'a pas de crédibilité gouvernementale", relève le politologue Gérard Grunberg. "Il n'a toujours pas résolu son problème de leadership, n'a pas défini une ligne politique claire, n'a pas été capable de dépasser son antisarkozysme systématique".

Pascal Perrineau (Cevipof) est également sévère: "les socialistes n'ont encore ni stratégie ni programme alternatif mobilisateur", et surtout "ils n'ont pas un leader naturel". "C'est pour l'instant une véritable pétaudière de gens qui peuvent prétendre, le moment venu, concourir à la course" à l'Elysée.

Mais, tempère Jean-Christophe Cambadélis, membre de la direction, "nous sommes dans une phase de reconstruction" et "il faut reconstruire l'offre politique nationale avant de décider du candidat à la présidentielle".

Le reste de la gauche, souvent en pointe de l'antisarkozysme, est de son côté en pleine recomposition avec de nouvelles formations : Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Front de gauche et Europe-Ecologie.

Fort de la popularité d'Olivier Besancenot, le NPA se construit "comme une opposition frontale à Nicolas Sarkozy sur tous les terrains, des libertés aux questions économiques et sociales, de l'Europe à l'Otan", assure un dirigeant, Pierre-François Grond.

Bénéficiant d'une "intense couverture médiatique", de la crise et "des divisions au sein du PS", M. Besancenot "doit encore faire la preuve de son enracinement électoral", juge l'expert Christophe Bourseiller. Il a "d'une certaine façon remplacé Arlette Laguiller" dont la dauphine à la tête de LO Nathalie Arthaud manque de "charisme", avec l'objectif d'"incarner un parti communiste de type nouveau".

Pour Marie-George Buffet, malgré son score calamiteux (1,93%) en 2007, le PCF n'est "pas un parti abattu". Avec le Front de gauche créé en novembre avec l'ex-PS Jean-Luc Mélenchon pour les européennes, elle voit "quelque chose de neuf qui se lève, audacieux et constructif".

Loin de leurs divisions passées, les Verts se sont rassemblés à l'automne autour de Daniel Cohn-Bendit, José Bové et des proches de Nicolas Hulot avec Europe-Ecologie. Leur ambition? "Pas seulement faire un coup" mais prolonger le rassemblement au-delà des européennes, voire jusqu'à la présidentielle 2012.

Publié dans PRGcom

Commenter cet article