Européennes: les partis pensent déjà aux prochains scrutins

Publié le par PRG

PARIS, 6 mai 2009 (AFP) - Face à l'ampleur de l'abstention annoncée pour les élections européennes du 7 juin, les partis politiques tardent à se mettre en campagne, préférant viser les prochains scrutins, les régionales en 2010, puis la présidentielle de 2012.

"On n'a jamais vu une campagne électorale commencer aussi tard", s'exclame le politologue Frédéric Dabi de l'institut Ifop. La campagne était partie deux mois avant le scrutin en 1999, rappelle-t-il, avec la défection de Philippe Séguin et le débat sur le Kosovo. En 2004, dès le lendemain des élections régionales de mars, les partis d'opposition avaient tenté de faire des européennes un troisième tour de défiance contre le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.

A un mois du scrutin, seuls Europe écologie de Daniel Cohn-Bendit et l'Union du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers alliée à Chasse Pêche Nature et Traditions (CPNT) au sein de la liste Libertas étaient depuis longtemps déjà en campagne.

Le PS s'y est mis aussi, mais plus lentement. L'UMP, avec un seul meeting d'ampleur nationale, a attendu que Nicolas Sarkozy lui donne le coup d'envoi de sa campagne, mardi à Nîmes.

"Les tendances aux européennes ne sont pas toujours confirmées lors des élections suivantes", ajoute M. Dabi pour qui cela "n'incite pas les partis à s'investir dans une campagne". L'UMP s'était effondrée en 2004 avec 16,6% des suffrages, ce qui n'a pas empêché son candidat Nicolas Sarkozy de remporter la présidentielle de 2007.

A contrario, Philippe de Villiers avait réalisé une contre-performance à la présidentielle de 1995, après un succès aux européennes de 1994.

Parmi les onze partis en lice pour les européennes, la moitié seulement a constitué entièrement ses listes. Les autres n'ont désigné que les têtes de listes.

Pour le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, il n'y a là aucun motif d'inquiétude. "Vous connaîtrez tous les candidats le 7 juin!", avait-il promis, en guise de boutade, il y a un mois dans une interview au Parisien. Finalement, les listes UMP devaient être bouclées jeudi.

Mais l'UMP a déjà les yeux ailleurs, vers les régionales de l'année prochaine, et s'est passionnée en Ile-de-France pour la primaire qui a opposé Valérie Pécresse à Roger Karoutchi. La ministre de l'Enseignement supérieur l'a emporté pour affronter en 2010 le socialiste sortant Jean-Paul Huchon.

Le PS, qui avait été le grand vainqueur des européennes de 2004 avec 31 élus envoyés à Strasbourg, sait qu'il ne pourra pas renouveler ce score. Il se contenterait de 20 à 25 sièges. Dans ce contexte, il préfère considérer ces élections comme un test pour la nouvelle direction de Martine Aubry.

Ses responsables se félicitent d'avoir su éviter l'éparpillement de petites listes marginales. Ils veulent aussi transformer ces élections en vote sanction contre la politique de Nicolas Sarkozy, à presque mi-chemin du mandat présidentiel.

Pour les Verts, qui brandissent bien haut leur profession de foi européenne, ou le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, cette élection permettra de mesurer leur influence sur la scène politique, tout en leur permettant de prendre leurs marques pour les régionales de 2010. De nombreuses alliances pourraient être scellées localement à cette occasion, en fonction des poids politiques des uns et des autres.

Européen convaincu, le président du MoDem, François Bayrou, voit plus loin et considère les européennes comme une première mise en jambe avant la présidentielle de 2012.

 

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