Carole Gaessler : le bonheur est dans le parc

Publié le par PRG

Bakchich le 11 Mai 2009
Le maire de Montrouge est critiqué par plusieurs associations de quartiers pour avoir accordé à la journaliste Carole Gaessler, la jouissance d’une parcelle destinée à l’origine à être un parc public.

Jean-Loup Metton, édile Nouveau Centre de Montrouge (Hauts-de-Seine) depuis 1994, est un homme nature. Pour la joie de ses administrés, il met tout en œuvre pour développer les espaces verts dans sa commune. Si la ville n’est pas encore connue comme le poumon vert des Hauts-de-Seine, ce n’est qu’une question de temps. Le maire revendique 18 squares et 8 ha d’espaces verts pour cette ville de 2km2 et 45 000 habitants. Bref, Montrouge c’est Jardiland. Mais il se trouve encore des malotrus, Montrougiens de surcroît, pour s’indigner, et trouver que les efforts de M. le maire sont vains. L’affaire qui cristallise les critiques est celle-dite du parc Boileau et pourrait animer le prochain conseil municipal à la mi-mai.

La petite maison dans la mairie

En mai 2004, alors qu’un joli pavillon de 384 m2 bâti sur un terrain de 1 133 m2 est à la vente, le maire décide, comme il en a le droit, de la préempter. Pour la modique somme de 1 400 000 euros, la mairie fait donc l’acquisition d’un bien destiné à devenir un « équipement en super-structure et un espace vert public » (…) « dans un quartier où les espaces verts sont défauts », peut-on lire dans le registre des décisions du maire. Une décision actée en conseil municipal. Mais réflexion faite, le maire décide, un an plus tard, de revendre une partie du bien. À savoir le pavillon, divisé, pour la vente, en trois lots, acquis en janvier 2006, par Carole Gaessler, journaliste à France Télévisions, actuelle présentatrice du Soir 3, pour 951 000 euros. Le maire conserve 490 m2 de terrain. Non pas pour en faire le 19è square de la ville, comme il l’avait promis, mais pour en offrir la « jouissance exclusive et à titre gratuit » à la même Carole Gaessler (voir doc1), cela « jusqu’à son désenclavement ». Au grand dam de certains habitants.

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© Nardo

Entre temps, la journaliste, Montrougienne depuis 2002, revend, après travaux, via une SCI qu’elle co-dirige avec son époux, deux lots. Non sans avoir réalisé une jolie plus-value. Elle conserve la maison centrale (voir doc2) et garde donc la jouissance du terrain adjacent contre l’engagement de l’entretenir. Sans savoir, comme les autres Montrougiens, quand celui-ci sera désenclavé. Cette petite histoire immobilière a remué certains habitants du quartier. Par la voix d’associations comme Montbouge, Participe Actif ou encore Mon- Montrouge, de nombreuses voix se sont élevées s’interrogeant : « la priorité du maire a-t-elle été l’intérêt des montrougiens ou celui d’une famille ? » L’un d’eux explique à Bakchich : « Il est scandaleux que le contribuable doive payer pour un jardin où il n’a pas accès ». Et un autre associatif d’ajouter, « personne n’a été au courant de cette vente. Le montage est peut-être légal, mais il aurait gagner à être plus transparent ».

Montrouge de colère

Que nenni ! À en croire Carole Gaessler, qui a répondu à Bakchich, c’est « une Montrougienne comme les autres ». « Je ne connaissais pas le maire avant la vente, et ce n’est pas un ami. D’ailleurs, je ne vote pas à Montrouge », assure-t-elle. Quant à la jouissance du terrain, elle refuse de se prononcer. « Je ne suis pas le maire, cela relève de la politique de la ville. »

Le journal de la ville ne se prive pas pour autant de présenter la journaliste comme une « amie », comme dans le numéro de novembre/décembre 2006, à l’occasion du compte-rendu d’une petite sauterie municipale à laquelle elle s’était rendue. Le maire lui-même lui rendra un petit hommage dans son édito de novembre/décembre 2005 pour la remercier d’avoir « fort gentiment accepté » d’être la marraine de la ville à l’occasion du Téléthon. Soit peu de temps avant la vente. Mais comment reprocher à une administrée de s’investir dans la vie locale ?

De son côté, l’opposition municipale en remet une petite couche contre le maire. Wilfried Vincent, socialiste, président de groupe, et vieux routard de la vie politique montrougienne n’est guère surpris de tout cela. « On a toujours beaucoup de mal à avoir accès à l’information. » Et d’ajouter, « il manque effectivement d’espaces verts à Montrouge, et il ne faut pas se fier aux chiffres officiels car M.Metton comptabilise les bacs à fleur et les pelouses synthétiques. »

Paul-André Mouly, jeune élu PRG est lui aussi plutôt remonté : « le maire prive les Montrougiens d’un espace public. Et la question du devenir de ce parc sera posée lors du prochain conseil municipal. », assure-t-il. L’ambiance promet d’être chaleureuse.

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