Comment Tapie est revenu sous les sunlights

Publié le par PRG

L'Expansion le 11 Mai 2009
Comment Tapie est revenu sous les sunlights Politique, médiatique, artistique, économique... Depuis l'été dernier, et sa victoire dans le litige qui l'opposait au Crédit Lyonnais, l'homme d'affaires est sur tous les fronts. En neuf dates, retour sur la revanche de Nanard, le come back kid.

11 juillet 2008
A l'issue d'une très longue procédure judiciaire,
Bernard Tapie obtient gain de cause dans le litige qui l'opposait au Crédit Lyonnais à propos de la vente d'Adidas. Il va empocher un chèque monstrueux de 285 millions d'euros... sans compter les intérêts qui courent depuis 1994. Au final, près de 400 millions d'euros sur lesquels il ne lui restera "que" 30 millions, selon son avocat. Il faut en effet rembourser l'Etat, payer les différents créanciers des sociétés du groupe Bernard Tapie et ses frais personnels.

13 juillet
Bientôt rejoint par un PS qui dénonce une "affaire d'Etat",
François Bayrou prend tout de suite la tête d'une croisade anti-Tapie. Il dénonce la décision du gouvernement d'avoir laissé le jugement à un tribunal arbitral, met en cause les trois arbitres - dont l'ancien président du Conseil constitutionnel le gaulliste Pierre Mazeaud, et l'avocat Jean-Denis Bredin, ex-dirigeant des radicaux de gauche. Et pointe les "protections" dont bénéficierait Bernard Tapie, visant implicitement Nicolas Sarkozy. La polémique court tout l'été.

4 septembre
Un rapport de la commission des finances de l'Assemblée nationale remet en cause la légalité de l'arbitrage qui a donné gain de cause à Bernard Tapie.
Charles de Courson estime que la sentence permettra à l'ex futur homme d'affaires de conserver bien plus que les 30 millions annoncés par son avocat. "Entre 106 et 144 millions d'euros", selon le député Nouveau Centre. De quoi alimenter les spéculations sur un éventuel retour dans les affaires, comme l'explique bientôt L'Expansion. Auditionné par les députés quelques jours plus tard, Bernard Tapie se livre à un véritable show où ses talents d'acteur sont mis au service de sa défense.

12 septembre
Un
article de Bakchich assure que Bernard Tapie a été vu à l'Elysée, dans le bureau de François Pérol, le secrétaire général adjoint. L'intéressé nie en bloc. Mais la polémique reprend sur les liens supposés entre Bernard Tapie et Nicolas Sarkozy, et les éventuelles faveurs accordés au premier par le président de la République.

22 novembre
C'est officiel :
Bernard Tapie est de retour dans les affaires. Dans Marianne, il annonce le lancement d'un "fonds de placement pour entreprises à la peine". Surfant sur la crise et sur son expérience des années 1980, il assure qu'il aidera "des sociétés en difficulté, des PME notamment".

25 décembre
Bernard Tapie joue dans Oscar, une pièce de théâtre de boulevard retransmise en direct sur France 2, qu'il a remise au goût du jour...Il s'y moque notamment de François Bayrou, devenu son ennemi intime. Nouvelle polémique...

17 mars 2009
La justice
rejette les recours déposés par François Bayrou, Charles de Courson et deux contribuables contre l'arbitrage rendu l'été précédent. Désormais, la voie est vraiment libre pour Nanard le conquérant.

26 avril
La première proie de Bernard Tapie a un nom : Club Med. Dans le
Journal du Dimanche, il fait part de son intérêt pour l'entreprise dirigée par Louis Giscard d'Estaing, qui "fait partie des boîtes qu'[il] aime beaucoup". Puis, ailleurs dans la presse, il dément mollement, évoque "trois ou quatre sociétés de très haut niveau" et parle de ses projets de rouvrir des écoles de commerce, de lancer un site web pour faire de "bonnes affaires", et de son envie de reprendre un club de foot comme l'AS Cannes ou l'OGC Nice. Sous pression, le Club Med procède quand même à une augmentation de capital de 102 millions d'euros, soutenue par la Caisse des Dépôts. Le bras de fer, encore feutré, est engagé. Bernard Tapie dénonce "une combine" pour l'empêcher d'accéder au capital de l'entreprise.

11 mai
Bernard Tapie réaffirme dans
Les Echos son intérêt pour le Club Med. Mais il assure aussi qu'il ne veut pas d'une "relation conflictuelle". Et indique qu'il décidera, ou non, de monter au capital d'ici début juin. 

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