La promesse faite par Nicolas Sarkozy à Jean-Michel Baylet (PRG) a été honorée

Publié le par PRG

Le Monde le 16 Mai 2009

Parmi ces engagements, l'abaissement du seuil de constitution d'un groupe à l'Assemblée nationale de 20 à 15 membres, répondant ainsi à la demande, notamment, des radicaux de gauche. Mercredi 13 mai, cette disposition a été inscrite dans la réforme du règlement de l'Assemblée, grâce à un amendement... du PCF. Voté à l'unanimité !

En réalité, ni l'UMP ni le PS n'y étaient favorables. "Ces deux partis hégémoniques considèrent qu'entre l'un et l'autre il ne doit rien y avoir, tonne Jean-Michel Baylet, président du PRG. J'ai donc rappelé urbi et orbi - pardonnez-moi cette expression pour un radical - que des engagements avaient été pris." Ce qu'a également rappelé Sylvia Pinel, députée (PRG) du Tarn-et-Garonne, mardi soir en séance lors de la discussion du règlement. Provoquant les foudres du président du groupe socialiste, Jean-Marc Ayrault.

A l'heure actuelle, en effet, les 11 députés radicaux de gauche siègent au sein du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) qu'il dirige. Pour le PS, en facilitant les possibilités de former un groupe autonome, le chef de l'Etat cherche avant tout à introduire un coin dans l'opposition et à l'affaiblir. Cependant, quand l'amendement présenté par Patrick Braouezec (PCF, Seine-Saint-Denis) vient en discussion, il recueille successivement l'assentiment des radicaux et des centristes, puis du groupe UMP, à l'inverse de la position que ce dernier avait adoptée en commission. "Ils avaient dû se souvenir entre-temps des propos du président de la République", ironise M. Baylet. Du coup, le PS, ne voulant pas s'exposer seul à la critique de la "tentation hégémonique", décide de le voter.

Pour autant, les radicaux ne vont pas, du jour au lendemain, prendre leur autonomie. "Il y a deux solutions, admet M. Baylet. Ou nous essayons tout de suite de constituer un groupe. Ce qui n'est pas gagné, puisque nous ne sommes que onze, mais c'est ce que je souhaite. Ou nous constatons que nous n'y arrivons pas, que nous sommes partis pour une législature avec le groupe socialiste et qu'il vaut mieux la finir avec lui. Ce n'est pas ce que je souhaite, mais c'est le sentiment de certains." C'est en tout cas le sentiment du chef de file des députés radicaux, Gérard Charasse. "Nous allons en discuter, convient M. Baylet. Ce qui est sûr, c'est que, aujourd'hui, demain ou après-demain, nous créerons un groupe radical à l'Assemblée, comme nous en avons un au Sénat."

Au Sénat, où, compte tenu de la fragile majorité actuelle, les radicaux mesurent tout l'avantage de jouer un rôle charnière. "La prochaine majorité sénatoriale dépendra beaucoup de la position que nous prendrons. Ce qui est loin de nous contrarier", savoure M. Baylet, qui est aussi sénateur du Tarn-et-Garonne. Cela non plus n'a pas échappé à M. Sarkozy.

Patrick Roger

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