Grève des pilotes cet été : le gouvernement capitule

Publié le par PRG

NOUVELOBS.COM


Le ministre Bussereau rassure : "nous trouverons le moyen de faire en sorte" de satisfaire à la demande des pilotes des compagnies aériennes françaises, qui menacent de faire grève pendant les week-ends estivaux. 

 


(c) Reuters

 

Sitôt annoncée, la grève des pilotes des compagnies aériennes françaises serait-elle déjà enterrée ? En tout cas, le gouvernement a vite rassuré les pilotes, qui réclament un vote du Parlement leur garantissant de garder une représentation syndicale spécifique.
Le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL), largement majoritaire, a déposé un préavis de grève pour tous les week-ends du 10 juillet au 3 août, a indiqué vendredi 22 mai le secrétariat d'Etat aux transports.
Le syndicat exige le vote par le Parlement d'une disposition aménageant pour le personnel navigant technique (c'est-à-dire les pilotes) la réforme de la représentativité syndicale entrée en vigueur cette année.
Selon la réforme, un syndicat ne peut être reconnu représentatif dans une entreprise, et donc habilité à négocier des accords, que s'il a obtenu 10% des voix parmi l'ensemble des salariés. Le SNPL demande que, pour les pilotes, ce seuil de 10% se calcule par rapport au seul personnel navigant technique.


"Pas de raison d'avoir lieu"


Une spécificité du même ordre est déjà possible pour les cadres (dont bénéficie la CFE-CGC) et pour les journalistes.
Interrogé par l'AFP, le président du syndicat, Jocelyn Smykowski, a jugé "un peu prématuré" de parler de grève, mais a reconnu que "c'était une possibilité".
"A Air France, on compte 4.000 pilotes (sur quelque 75.000 salariés, ndlr). Même si un seul syndicat les représentait tous, il ne pourrait franchir le seuil des 10%. La catégorie sur laquelle repose, dans une compagnie aérienne, les plus lourdes responsabilités en termes de sécurité, n'aurait ainsi plus de représentation syndicale" a-t-il expliqué.
Cette grève "n'aura pas de raison d'avoir lieu" a répondu vendredi sur BFM le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau. "Nous trouverons le moyen de faire en sorte" de satisfaire à la demande du SNPL.
Le gouvernement soutient en effet "la proposition de la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, de créer, dans le code de l'aviation civile, un collège spécifique au personnel navigant", a précisé à l'AFP le secrétariat d'Etat.

"Du bon sens"


Cette disposition devrait s'inscrire dans le projet de loi relatif à l'organisation et la régulation du transport ferroviaire, qui doit être examiné avant l'été à l'Assemblée nationale, selon la même source.
"Accorder une représentativité particulière aux pilotes, ça me paraît du bon sens en termes de sécurité", a justifié Dominique Bussereau.
Dominique Bussereau a rappelé que le gouvernement avait déjà donné un avis favorable lorsqu'un amendement allant dans le sens des revendications des pilotes avait été présenté au Sénat en mars, mais finalement rejeté.
L'amendement avait été en effet présenté par un membre des Radicaux de gauche, entraînant, selon Dominique Bussereau, une "incompréhension politique" de la part de sénateurs de la majorité.
Tandis que la CGT s'abstient officiellement de commentaire pour le moment, la CFDT est plus critique : si les pilotes ont gain de cause, "cela voudrait dire qu'on revient en arrière et que chaque corporation pourrait se faire représenter", selon Gilles Nicoli (CFDT Air-France).
Les syndicats d'hôtesses et stewards CFTC, SNPNC-FO, Unac-CGC et Unsa aérien, ont d'ailleurs exigé vendredi dans un communiqué que ceux-ci aient également une représentation syndicale spécifique.
Pour assurer sa représentativité, le Syndicat national des personnels navigants commerciaux (SNPNC) avait annoncé en février son adhésion à FO.
(Nouvelobs.com avec AFP)

Publié dans article sur le PRG

Commenter cet article