Elections Européennes: la guerre du petit écran.

Publié le par PRG

Planet Campus le 2 Juin par Clément Job

http://www.planetecampus.com/elections-europeennes-la-guerre-du-petit-ecran-r110-a1287.html
Les Européennes, c'est dimanche 7 juin. Moins d'une semaine. Alors chez Planète Campus on vous offre différentes réflexions sur cette élection. Et pourquoi pas un petit comparatif des spots de campagnes ?

Difficile de leur échapper, on a le droit à trois séances par jour. Comme avant chaque élections, les spots vantant les mérites des différents partis, partent à l'assaut des chaînes du service public. Pour le téléspectateur, c'est toujours la même délectation couplée à un suspense insoutenable: « Alors qui est-ce que je vais avoir ce soir ?».

 

On s'en rend vite compte, le budget et la méthode de communication des spots ne sont pas les mêmes et aboutissent à des résultats bien différents. Certaines listes peuvent même s'estimer heureuses d'obtenir leur passage TV car nombreuses sont les listes européennes qui n'ont pu obtenir de créneau horaire, la faute à un trop petit nombre de listes. Ainsi, on regrettera Bonheur Intérieur Brut ou Cannabis Sans Frontières qui ne pourront pas faire d'entrée fracassante dans le petit monde de l'audiovisuel.

Des tentatives improbables
Les poids lourds de la politique par contre sont tous là, de l'UMP au Verts en passant par le MODEM, le  FN ou le PS, et on en passe, tout le monde est prêt à en découdre. Même le Parti Radical de Gauche, pourtant sans liste, y va de son petit clip (on se demande encore pourquoi). Tous ont redoublé de créativité pour attirer l'électeur interloqué et indécis dont la carte d'électeur tremblote dans sa main. Interloqué parce que certains osent. Et on se demande pourquoi ? Comment ? Qui ? Mais où vont-il chercher tout ça ?

C'est le cas de la liste Libertas, rassemblant le MPF de Philippe de Villiers et Chasse Pêche Nature et Tradition (en option il y a aussi l'Irlandais Delan Ganley, fondateur de Libertas). Un clip martelant et abrutissant, qui n'est pas loin de rappeler une publicité vantant un certain pansement des héros... Usant et abusant de cliché (camembert made in China, tétine dans la bouche du citoyen pour le faire taire etc.), on prend mal au crâne rapidement. Et le résultat est plutôt comique.

Un peu comme la petite liste d'Europe Démocratie et Espéranto qui rabâche que l'anglais ne vaut pas l'espéranto comme symbole d'union entre les européens. Mis à part un programme plutôt léger (du moins dans le clip), c'est le jeu des acteurs qui retiendra particulièrement l'attention, comme ce monsieur karaoké qui démarre le clip. Mention spéciale pour le côté sitcom d'Alternative Libérale, qui expose le programme de la liste dans une conversation mari-femme... On s'y croirait!

Simplicité
Tous, bien sûr, n'atteignent pas ce niveau de « génie » télévisuel (quoique le nouveau centre et la bise d'Hervé Morin à la comédienne du clip en toute fin de spot est quelque peu incompréhensible), mais surtout optent pour des discours différents et des mises en images différentes. Ainsi, le Front National, habitué de la métaphore qui cogne sur ses affiches, joue dans la sobriété la plus totale à l'écran. Jean-Marie Le Pen en vedette, logo FN en haut à droite, attaque en règle sur l'Europe d'aujourd'hui. 1 minute 21 secondes, au suivant. Le Modem suit la mouvance. Bayrou a beau ne pas être candidat, lui aussi prend la parole seul avec son logo mais en musique s'il vous plait, avant de finir en apothéose avec des images des différents candidats. Oui, Bayrou n'est pas candidat mais il prend les devant. Éclipsant au passage les candidats ou presque.

Et à gauche ?
Une initiative à double tranchant, que suit le Parti Socialiste d'ailleurs. D'un côté, on identifie directement le parti à la vue de son « leader », de l'autre, arrivé dans l'isoloir on se demande pour qui l'on vote et que l'on connait bien peu le candidat choisi. Toutefois, le PS se montre plus innovant dans son spot avec un joli enchainement de citoyens parlant Europe et qui, par un montage millimétré, créent un discours cohérent. Le tout rend plutôt bien si ce n'est un speech de Martine Aubry qui conclut le tout de façon assez hésitante...
Autre catégorie, les « cogneurs », ceux qui envoient leurs revendications à la figure. Le spot du NPA avec un Olivier Besancenot remonté à bloc et un spot entrecoupé d'images de manifestations. Du classique. Côté Front de Gauche, on a joué la carte des deux versions. La longue et la courte. Les trois leaders donc expliquant ardemment ce qui cloche en Europe, chacun leur tour, image de sérénité et d'entente cordiale, chacun s'exprime sous les yeux des autres, pas d'accroc, spot réussi. La version courte (un résumé sans les discours) est nettement plus kitsch avec ses animations un peu d'un autre temps (pas autant que le spot années 70 de Newropeans, mais on en est pas loin).

Nous avons des gagnants ?
Tentant de se détacher un peu du lot, deux partis ont pris les devants. La Majorité Présidentielle (non non pas l'UMP, même si l'on peine à voir la différence). Surfant sur la vague du lipdub (ces clips en playback souvent moyen d'auto promotion pour une école ou une entreprise qui fleurissent sur le web), la majorité présidentielle fait faire du playback à des « militants » sur un discours de Michel Barnier (version longue) ou de Xavier Bertrand (version courte). Ca groove moins qu'un lipdub sur du Katy Perry,  mais ça à le mérite d'être un peu innovant.
Enfin les Verts, ou plutôt l'alliance Europe et Ecologie, gagnent haut la main, le prix du spot le plus esthétique. Un dessin animé esprit  « Max Havelaar », impression crayon de couleur, tout le monde s'exprime clairement sur fond de musique tribale, les principaux points sont envoyés à l'écran mais sans être martelés. Cerise sur le gâteau, c'est le clip le plus court de tous (1:14). De quoi donner à réfléchir pour de prochaines élections...

 

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