Le grand marché aux listes électorales

Publié le par PRG

Nord Eclair le 4 Juin

Le dimanche 28 juin prochain, les électeurs d'Hénin-Beaumont se rendront aux urnes pour désigner un successeur à leur maire défait. Mais combien de bulletins différents trouveront-ils sur les tables des bureaux de vote ? Pour l'instant c'est le flou artistique.

La population héninoise est maintenant à moins d'un mois du premier tour de la nouvelle élection municipale anticipée. Les candidats potentiels, eux, sont surtout à une semaine seulement du dépôt des listes en préfecture. Et malgré ce délai ric-rac, la règle du jeu des alliances n'a jamais été aussi compliquée et ses participants jamais aussi circonspects, pour ne pas dire déboussolés. Quelle carpe avec quel lapin ? Les paris sont ouverts.
Assis à cette table de poker, le FN mise sur sa paire Steeve Briois - Marine Le Pen, à la tête d'une liste baptisée « Hénin-Beaumont Renouveau ».


« La liste est bouclée et sera déposée dès lundi. Nos chances n'ont jamais été aussi grandes », affirme un porte-parole frontiste, qui regarde, plutôt serein, ses adversaires tripoter les cartes de leurs mains moites.
Le MoDem
va-t-il faire bande à part ?
Quel joker le PS va-t-il choisir pour tenter d'effacer les traces de Gérard Dalongeville ? Si Marie-Noëlle Lienemann, l'ancienne première adjointe, est toujours pressentie pour conduire une liste de rassemblement à gauche et au-delà, sa candidature n'est pas complètement acquise. En coulisses, il semble en effet que son nom ne fasse pas l'unanimité. Celui du radical de gauche Éric Mouton en revanche commence à circuler. Mais ce dernier dément se disputer une place de numéro 1 avec l'ancienne ministre. « Je n'ai aucun souci avec Marie-Noëlle Lienemann. Mais c'est vrai nous avons des discussions politiques sur la stratégie à mener pour contrer un FN plus fort encore qu'en 2008. De toute façon, la décision sera entérinée par les instances nationales du PS », indique l'ancien adjoint de Gérard Dalongeville, démissionnaire en 2005.
Représentante du MoDem à Hénin, Christine Coget est tout aussi équivoque sur ses intentions. « Nous sommes en capacité de partir seuls. Notre liste est quasi bouclée et notre programme rédigé, mais le rassemblement est encore possible », convient-elle. Qu'est-ce qui l'empêche alors ?
« Si le rassemblement est la meilleure façon de ne pas disperser les électeurs à la faveur du FN, pourquoi ne se ferait-il pas autour du MoDem ? » , s'aventure Christine Coget. « C'est la confusion la plus totale », reconnaît l'ancien chevènementiste Georges Bouquillon, qui forme avec l'ancien socialiste Daniel Duquenne la charnière centrale de l'Alliance républicaine. Partira-t-elle en solo ou avec le PS ? La position de cette association politique, déjà présente au second tour de l'élection municipale de 2008, est attendue. « Ce sont nos adhérents qui vont décider lors d'un vote », précise Georges Bouquillon, personnellement réfractaire à l'union.
L'UMP dans la partie Le temps presse et décidément le front républicain a autant de mal à se constituer que sous l'ère dalongeville. D'autant que l'émergence d'une liste socialiste dissidente n'est pas exclue non plus. La rumeur - car en l'absence de décision officielle, c'est bien la rumeur qui agite la scène politique héninoise - voudrait qu'Annick Genty, ancienne candidate aux cantonales et ancienne adjointe de l'équipe Dalongeville en prenne les rênes.
Enfin, à droite, l'UMP, malgré sa très faible implantation locale, pourrait présenter une liste emmenée par Nesredine Ramdani, candidat aux législatives de 2007 dans la 14e circonscription. Mais là aussi c'est loin d'être entériné. « J'essaie de monter une liste qui rassemblera des gens de sensibilités diverses, y compris des socialistes écoeurés par la passivité du PS face à Gérard Dalongeville. Mais c'est difficile. Le timing est serré pour trouver 35 noms », explique l'enseignant, qui semble avoir hérité de la plus mauvaise main autour du tapis vert héninois...

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