Nicolas Sarkozy veut fixer un nouveau cap et remanier

Publié le par PRG

Les Echos le 7 Juin 

Le président de la République entend tirer profit des résultats d'hier soir et fixer ses priorités pour les prochains mois, avec l'emploi, la lutte contre la crise et la ruralité en tête.  

Nicolas Sarkozy estime avoir pris suffisamment de risques dans la campagne européenne (en se mettant en première ligne) pour se permettre de tirer politiquement profit des résultats. Le président de la République pourrait intervenir sur la scène médiatique pour " redonner un cap " à l'action gouvernementale avant le remaniement annoncé de l'équipe Fillon pour remplacer Michel Barnier et Rachida Dati, élus députés européens hier soir. Le tout ne devrait pas intervenir cette semaine, le chef de l'Etat s'étant toujours refusé à agir dans l'urgence. Mais pourrait avoir lieu bien avant le 13 juillet, date de l'installation du nouveau Parlement de Strasbourg.

Dix mois après la plongée de la France dans la crise financière et économique, et au terme d'une campagne européenne qui n'a pas passionné les Français, Nicolas Sarkozy entend " fixer une nouvelle feuille de route c...s ouvrir une nouvelle séquence ", selon les termes employés à l'Elysée, et mettre sur la table ses priorités pour les prochains mois, avec l'emploi et la lutte contre la crise au premier rang. En attendant, il reçoit aujourd'hui les organisations syndicales pour discuter de ces thématiques et préparer un discours qu'il doit prononcer le 15 juin à l'OIT (Organisation internationale du travail).

Avec le même Premier ministre

Un autre thème figure en bonne place des préoccupations présidentielles, la ruralité, alors qu'agriculteurs et producteurs témoignent d'un malaise persistant. C'est la raison pour laquelle il envisagerait de remplacer Michel Barnier au ministère de l'Agriculture par Luc Chatel, l'actuel porte-parole du gouvernement, au profil plus politique que celui de Michel Mercier un temps pressenti. Le sénateur centriste et trésorier du Modem ne serait pas pour autant absent du nouveau casting gouvernemental (au Logement ?), alors que Nicolas Sarkozy semble toujours décidé à poursuivre sa politique d'ouverture à gauche et au centre. Le nom de Paul Giacobbi, radical de gauche, est fréquemment cité. Qu'en sera-t-il de Claude Allègre, qui se prépare activement à rejoindre l'équipe Fillon ? La question reste ouverte, et a en tout cas sévèrement secoué la majorité ces derniers jours, qui juge " incontrôlable " l'ami de Lionel Jospin.

Autre débat : le rattachement ou non du ministère de l'Emploi (Laurent Wauquiez) au pole social de Brice Hortefeux. Le chef de l'Etat ne semble pas l'avoir exclu, lui qui souhaite passer à la vitesse supérieure dans la lutte engagée contre le chômage, mais hésite à dépouiller Christine Lagarde à Bercy, dont le travail ces derniers mois a été largement apprécié. Au total, le remaniement ne devrait pas toucher le Premier ministre, qui s'est beaucoup impliqué dans la campagne, ni concerner plus d'une dizaine de personnes.

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