ÉLECTIONS. Retour sur les faits marquants du scrutin dans le département

Publié le par PRG

Sud Ouest Mardi 09 Juin 2009

Objectif Régionales

Selon Dominique Bussereau, « Ségolène Royal peut être battue en 2010 ». (Photo Denise Roze)
Abstention majeure (58,27 %), scrutin atypique encombré de listes fantaisistes (20 au total), enjeux « hors-sol » ou ressentis comme tels : alors que la poussière du scrutin retombe doucement entre Aunis et Saintonge, toute synthèse locale reste un exercice singulièrement hâtif. Procédons donc avec les pincettes d'usage...


Majorité confortée. Ce que l'on sait ? Comme ailleurs, l'UMP (28,3 %) pavoise en Charente-Maritime avec 12 points de mieux par rapport à 2004. Si l'on cousine les 12,37 % de voix obtenues par l'attelage Villiers & CPNT, le matelas est suffisamment confortable pour ajuster le tir sur les régionales. Signe de la confiance revigorée, Jean-Pierre Raffarin laissait d'ailleurs entendre dès hier matin qu'il faudrait compter sur lui en 2010, tandis que Dominique Bussereau prenait sans doute quelque plaisir à décrypter, fataliste : « le bon vieux PS départemental, à l'ancienne, a vécu... ».

L'arbitrage du PRG. Prononcée sous forme de boutade, la sentence est plus sérieusement reprise en choeur dans les rangs des radicaux de gauche, dont on connaît l'empreinte en Charente-Maritime : snobé par le PS à l'heure de la composition des listes, le PRG départemental a pour la première fois boycotté les « amis » socialistes, appelant dans un premier temps à voter blanc, et se résignant enfin, du bout des lèvres, à inciter à voter « à gauche ». Pour le coup radicale, la posture n'est sans doute pas neutre dans la débâcle encore accentuée du PS au plan départemental : il plafonne à 16,43 % de votes exprimés, pour 17,28 % dans l'ensemble de la circonscription ouest. Mésentente passagère ? Fracture plus profonde susceptible de modifier les équilibres au sein du conseil général ? « Nous ne sommes pas une succursale de parti, prévient Yann Juin, président du Parti radical de Gauche. Nous sommes indépendants. Notre souhait reste de travailler avec nos amis de gauche, mais nous ne sommes pas des vassaux : on parle de parti à parti. Notre position vis-à-vis du PS, nous l'assumons : on les alerte depuis des mois, on leur demande d'ouvrir le débat. En vain. Maintenant, après cet électrochoc, ils appellent au rassemblement : mais cette fois, qu'ils le fassent ! ». Voilà qui est posé.

Modem, coûte que coûte.

Avec 6,94 % des voix, pour 8,48 % au niveau de la circonscription, le Modem départemental est au plus bas de l'étiage, indique en forme d'euphémisme la Rochelaise Élizabeth Delorme-Blaizeau. Les efforts de reconstruction menés depuis plusieurs mois en Charente-Maritime n'ont manifestement pas porté leurs fruits. Fort d'un conseiller général (Jean-Marie Boisnier à Aulnay), d'une petite poignée de maires (celui de l'île d'Aix, de Saint-Sauveur d'Aunis...) et d'une cinquantaine d'élus municipaux sur le département, la formation démocrate n'entend pas poser sa croix : selon toute vraisemblance, elle présentera une liste autonome aux régionales de 2010, pilotée par Élizabeth Delorme, conseillère sortante, la seule des quatre élus régionaux de l'ex-UDF à porter aujourd'hui les couleurs de François Bayrou.

Tous Verts. Qu'ils soient de Paris (14,8 %), du grand ouest (16,64 %), de Charente-Maritime (15,25 %) et bien sûr de La Rochelle (22,06 %), les Verts ont désormais un an, jusqu'aux Régionales, pour savourer le spectacle de la danse du ventre. Nécessairement courtisés, pivot des prochaines échéances, les Verts restent malgré leur performance en retrait relatif de la scène politique maritime : un seul Conseiller général et maire (Bernard Ferrier à Marans), deux vice-présidents au sein de la communauté d'agglomération rochelaise, et des élus siégeant çà et là au sein de conseils municipaux.

Ce succès annonce-t-il d'autres bouleversements ? Pas un pour le croire : unanime, le personnel politique local se réjouit de cette victoire de l'écologie, « formidable booster pour la jeunesse et la société », salue la performance d'Europe-écologie « qui a su se saisir des fortes préoccupations pour la planète », mais considère que l'aspiration écolo dépasse très largement les clivages. Soit. Décidés à poursuivre ce travail de « décongestion » entamé avec succès, les Verts ont plus que jamais conscience de leur poids. Ils veulent l'utiliser à bon escient, oublier leurs pratiques désuètes. « Nous sommes enfin sortis de nos querelles de clochers », confirme Jean-Paul Russier, porte-parole 17. Dès mercredi, ils se réuniront en conclave sur la question des Régionales, avant de tenir, cette fin de semaine, un « conseil national interrégional des Verts ». Sans se disputer. C'est promis.

Auteur : Christophe Galichon

 

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